Crash AirAsia QZ8501 : reprise des recherches lundi

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Une météo un peu plus clémente a accueilli lundi matin la reprise des recherches pour tenter de localiser l’épave du vol QZ8501 de la compagnie aérienne low cost Indonesia AirAsia, disparu le 28 décembre 2014 entre Surabaya et Singapour avec 162 personnes à bord. La théorie du givre comme « élément déclenchant » de l’accident a déclenché une nouvelle polémique.

Neuf jours après la disparition de l’Airbus A320 de la filiale indonésienne d’AirAsia, qui transportait 155 passagers et sept membres d’équipages dont le copilote français entre l’aéroport de Surabaya-Juanda et Singapour-Changi, les plongeurs ont repris le chemin des fonds de la mer de Java ce 5 janvier 2015, 160 km au sud-ouest de l’île de Bornéo. Cinq éléments de grande taille ont été repérés à ce jour par les sonars, dont un mesurant près de 18 mètres de long, mais les fonds vaseux étaient trop perturbés hier pour permettre une identification visuelle. La force des courants a d’ailleurs conduit les autorités à étendre la zone de recherche d’une centaine de kilomètres vers l’est. Quelques 27 navires ont été déployés par l’Indonésie, la Malaisie, Singapour, le Japon ou les Etats-Unis, et sont assistés par une vingtaine d’avions et d’hélicoptères ainsi que des professionnels venus d’un peu partout (22 plongeurs de Russie par exemple, ou les enquêteurs du BEA français). Outre deux robots sous-marins, des hydrophones sont utilisés pour tenter de repérer les signaux émis par les enregistreurs de vol. Mais aucun ping n’avait été entendu lundi matin.

Si retrouver les boîtes noires reste essentiel pour tenter de comprendre ce qui est arrivé au vol QZ8501, la recherche des corps reste la priorité : 34 des 162 victimes avaient été récupérées hier soir, selon l’Agence indonésienne de recherches et de secours Basarnas (Badan Sar Nasional), dont certains encore attachés à leur siège. Deux autres corps ont été repérés lundi matin par le KD KAsturi, un navire de la marine indonésienne.

La déclaration hier par l’Agence météorologique nationale indonésienne que le givre aurait pu être « l’élément déclenchant » de la catastrophe a suscité une polémique sur la préparation des vols par les pilotes d’AirAsia. Ces derniers sont en effet en charge de planifier leur trajet en fonction de la météo, alors que l’examen de cette dernière est généralement effectué par du personnel spécialisé dans les compagnies aériennes en Europe ou aux Etats-Unis. La pratique est légale en Indonésie, a souligné le ministère des transports, même si « d’autres transporteurs » non précisés auraient adopté la méthode occidentale.

On rappellera qu’Indonesia AirAsia a suspendu tous ses vols entre Surabaya et Singapour (mais s’est tenue à ses déclarations de ne pas communiquer pendant l’enquête), après avoir été accusée par les autorités indonésienne de ne pas disposer des autorisations nécessaires pour opérer cette route en particulier le dimanche. Selon le directeur par intérim de l’aviation au ministère des transports Djoko Murjatmodjo, Indonesia AirAsia proposait un vol quotidien entre les deux villes jusqu’au 26 octobre 2014, quand ses fréquences avaient été réduites à quatre par semaine pour la saison hivernale (jusqu’au 28 mars prochain) car « l’Indonésie approchait le quota attribué de passagers vers Singapour ». Les jours autorisés étaient selon lui lundi, mardi, jeudi et samedi, alors qu’Indonesia AirAsia proposait des vols lundi, mercredi, vendredi et dimanche. Djoko Murjatmodjo a reconnu qu’il était « un peu tard pour s’apercevoir du problème » mais affirmé que la low cost n’avait pas demandé de modification ; il a promis d’enquêter à partir de ce matin sur le respect effectif des créneaux de vol par toutes les compagnies aériennes du pays, mais aussi sur les opérations à l’aéroport Juanda, tout en expliquant que cela n’avait a priori aucune conséquence sur la sécurité des vols. Les sanctions menaçant la low cost vont de la suspension des droits sur cette route à un arrêt complet des opérations. Singapour a de son côté confirmé qu’Indonesia AirAsia disposait de toutes les autorisations nécessaires pour voler le dimanche et ses autres jours d’opérations.

La compagnie a connu un incident samedi à Surabaya : un A320 avec 161 passagers à bord s’apprêtait à décoller à destination de Bandung quand un « bruit fort » ressenti par certains comme une explosion a été entendu sur un des moteurs. L’avion est retourné à son point de départ, les passagers débarquant pendant que des contrôles étaient effectués. Le vol a pu repartir avec environ une heure de retard, mais une soixantaine de voyageurs auraient refusé de réembarquer. Indonesia AirAsia, qui les a remboursés, explique l’incident par la fermeture inopinée d’une unité de courant auxiliaire.

http://www.air-journal.fr/2015-01-05-crash-airasia-qz8501-la-meteo-meilleure-lundi-5132607.html

Commentaire(s)

  1. easy sleeping pilot - 5 janvier 2015 à 11 h 21 min
    easy sleeping pilot
    Publié le 5 janvier 2015

    Une unité de courant auxiliaire ? C’est quoi ca ? Je vais retourner passer ma QT 320 !

  2. Si ça continue, Air Asia va couler! Comme quoi il en faut peu pour qu’une compagnie solide se plante!^^

    • Vincent
      Publié le 5 janvier 2015

      Des incidents, toutes les compagnies en connaissent chaque jour.

      Quant aux causes du crash, les météorologues indonésiens n’ayant aucune compétence en la matière, elles restent inexpliqués tant que les experts n’auront pas récupéré les « boîtes noires » et communiqué un premier rapport.

      Tout le reste n’est qu’élucubrations et supputations.

      • Il est vrai que pour l’instant on ne peut rien déduire et je ne dit pas le contraire mais regarder comment 2 accidents ont pulvérisé la Malaysia alors que même si elle avait quelques difficultés c’était une compagnie en bonne santé et solide. Une série d’accidents ou d’incidents médiatisés à tort peuvent détruire la réputation d’une compagnie et même la faire couler si celle-ci est fragile!

  3. Encore une fois, on entend tout et n’importe quoi, comme pour les vols de MH. Je plains les familles des victimes qui subissent tous ces « on-dit ». Qui est chargé de communiquer des informations solides et vérifiées?
    Ou bien est ce la seule faute des journalistes qui répètent ce qu’ils entendent sans réfléchir ni vérifier? Comment ce vol aurait il pu décoller sans avoir de droit de trafic le dimanche? L’aviation civile serait donc responsable autant que la compagnie.

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