Rossiya Airlines cloue au sol ses Antonov-148

Air-journal_Rossiya_ Antonov 148

La compagnie aérienne nationale de Russie Rossiya Airlines a décidé de suspendre ses opérations pour ses 6 Antonov An-148.

La décision a été prise uniquement sur des considérations commerciales, la rentabilité de l’An-148 « étant inférieure à celle d’autres types d’avions actuellement au sein de sa flotte », indique la compagnie sur le site Ch-aviation. Les avions loués auprès de Ilyushin Finance Co. par la filiale d’Aeroflot opéraient vers Berlin Schönefeld et Hambourg en Allemagne, Minsk en Biélorussie et Vienne en Autriche ainsi que vers Arkhangelsk, Kaliningrad, Krasnodar, Murmansk, Perm, Samara Kurumoch et  Surgut en Russie.

La flotte de Rossiya Airlines qui opère des vols réguliers, charter mais aussi pour le gouvernement russe, se compose, outre les Antonov An-148 de 16 Airbus A319, 12 A320 et 3 Boeing 767-300ER.

L’Antonov An-148 est un avion de fabrication ukrainienne, le siège de la compagnie d’Etat Antonov StC étant situé à proximité de Kiev. Conçu dans les années 1990, l’Antonov An-148 a réalisé son premier vol le 17 novembre 2004, sa mise en service commerciale datant de juin 2009 par la compagnie ukrainienne aujourd’hui disparue Aerosvit Airlines. Capable de transporter de 68 à 85 passagers sur un rayon d’action de 4 400 km, il possède une version de plus grande capacité, l’An-158 (jusqu’à 99 passagers en classe unique).

Les rares compagnies aériennes exploitant ces appareils sont Air Koryo, compagnie nationale de Corée du nord (2 exemplaires), ou en Russie Angara Airlines (5 exemplaires), ou encore Cubana de Aviación, compagnie nationale de Cuba (5 Antonov An-158 exploités, un dernier en attente de livraison). Il a été commandé à 46 exemplaires, mais les contrats de vente proviennent en large majorité du gouvernement russe, comme son ministère de la Défense qui en a acquis 15 exemplaires (5 livrés), 5 autres étant aussi réservés à l’Administration présidentielle russe, 5 autres à ses services aux frontières…

Air-journal-Antonov An-148

http://www.air-journal.fr/2015-04-12-rossiya-airlines-cloue-au-sol-ses-antonov-148-5142620.html

Commentaire(s)

  1. Probablement une autre victime collatérale du conflit Ukraine-Russie (pièces de rechange, maintenance…?) Ce petit « Jumbolino » a deux moteurs était un concept intéressant mais trop tardif face à Embrear et Bombardier. Suffit de voir la liste de commandes pour voir qu’il était « en cage », politiquement et économiquement.

  2. Ouf! Heureusement qu’il n’y a aucun sous entendu politique !!
    Qd on voit le ramassis de vieilles guimbardes qui sillonnent encore le ciel russe, on comprend immédiatement que cette compagnie, qui trimbale aussi les dignitaires du pays n’a d’autre objet que l’équilibre financier. Qu’à terme, cette décision étouffe Antonov n’est que fortuit.

    • Publié le 13 avril 2015

      On l’a très bien vu dans le cargo, la nouvelle version de l’Il-76 entièrement modernisé a justement pour but de limiter l’utilisation d’An-126. De toute façon, les petits constructeurs n’ayant pas de base technique de part le monde auront toujours du mal à exporter leurs appareils, malgré leur qualités.

  3. déjà en temps normal les avions russes de nouvelles générations ne s’exportent très peu, à parier que le tu-204 est peut être un excellent appareil mais c’est russe et ça reste dans les esprits

    • Publié le 13 avril 2015

      Le Tu-204 n’aurait jamais pu être exporté. Même moderne, il était avant tout destiné au renouvellement des flottes russes avec un équipage à trois, afin de permettre une transition progressive vers un équipage à deux. C’est la même chose pour l’Il-96. Equipement moderne mais équipage à 3.
      Aujourd’hui, seul le Tu-204SM propose un équipage à 2, mais on a toujours le problème de maintenance, à savoir l’absence de centres d’entretien dans le reste du monde. Un A320 peut faire ses grandes visites un peu partout. Un Tu-204, SSJ-100, Il-96, doit retourner en Russie pour les grandes visites, à moins de créer son propre centre de maintenance, mais ça coute très cher. C’est entre autres pour cette raison que le SSJ-100 a du mal à se vendre.
      Et puis cette croyance inébranlable et injustifiée du Tupolev/Antonov/Iliouchine = crash, avion poubelle etc… ne joue pas en leur faveur malheureusement.
      Espérons que le futur MS-21 réussira à vaincre tous ces problèmes.

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