LOT Polish Airlines: de grandes ambitions pour 2020

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La compagnie aérienne LOT Polish Airlines veut doubler de taille d’ici cinq ans pour atteindre un trafic annuel de 10 millions de passagers. Pour la seule année prochaine, cinq nouvelles routes long-courrier et une douzaine de liaisons régionales verront le jour, avec l’objectif de devenir « le plus grand opérateur de la nouvelle Europe ».

Outre les routes détaillées la semaine dernière dont celle vers Tokyo-Narita, la compagnie nationale polonaise entend ajouter l’année prochaine depuis l’aéroport de Varsovie quatre nouvelles liaisons long-courrier, y compris vers Séoul et Bangkok, et ouvrir au total une douzaine de destinations en Europe. Les capitales de Corée du Sud et de Thaïlande devraient être desservies deux ou trois fois par semaine en Boeing 787-8 Dreamliner à partir d’octobre 2016, Bangkok bénéficiant de fréquences additionnelles en haute saison ; les deux autres lignes intercontinentales seront dévoilées à l’automne. Ces vols long-courriers sont le premier des cinq objectifs stratégiques de LOT Polish Airlines : « ils seront une force motrice de notre croissance, ce qui entraînera le reste du réseau », explique le CEO Sebastian Mikosz, car « dans ce domaine nous avons la concurrence la plus faible dans la région, l’une des flottes les plus jeunes en Europe – et nous sommes la seule compagnie aérienne à exploiter toutes ses connexions long-courriers avec l’avion le plus avancé au monde, le Dreamliner ». Ces vols sont déjà les « plus rentables » de la compagnie.

La compagnie de Star Alliance veut donc connecter la « nouvelle Europe » avec le monde, et « au lieu de défendre la position d’un transporteur ethnique dans son marché » commencer à gagner des parts de marché en Europe. « Nous avons tous les atouts pour devenir un leader régional, nous avons déjà une position forte par rapport aux autres transporteurs de la région, et un accès au plus grand marché régional qui va croître de manière intensive », assure le dirigeant de LOT Polish Airlines, le hub de Varsovie étant « parfaitement situé, efficace et est le plus grand dans cette partie de l’Europe ». Il souligne que le moment est « parfait » pour profiter d’une zone de 175 millions d’habitants où la croissance économique « est quatre fois plus élevé que dans la zone euro » : et même s’il reste cinq fois moins élevé, le nombre de passagers par habitant « progresse beaucoup plus vite que dans la vieille Europe ».

Deuxième élément de la stratégie de LOT Polish Airlines, sa plaque tournante à l’aéroport de Varsovie-Chopin où elle compte développer constamment son offre de connexions « rapides et pratiques ». Le CEO explique y avoir déjà « augmenté nos capacités de transfert de 40% », et y voit « un potentiel pour consolider les marchés fragmentés de la Nouvelle Europe, et leur fournir un hub de premier ordre pour les correspondances intercontinentales ». Outre sa position géographique, les autres avantages de cet aéroport sont selon lui « le temps minimal de connexion – 35 à 45 minutes, un des plus courts en Europe », « un terminal moderne et spacieux », et la proximité des grands centres commerciaux et d’affaires de la capitale ; Varsovie et du centre-ville. Sans oublier une capacité potentielle de 20 millions de passagers par an, contre 10 qui l’utilisent aujourd’hui.

air-journal_LOT Polish Airlines_E170Troisième objectif, la croissance : LOT veut transporter en 2020 plus de 10 millions de passagers par an, soit plus de deux fois plus qu’aujourd’hui, effectuer plus d’une centaine de milliers d’opérations par an (actuellement plus de 68 000) et voler vers 75 à 80 destinations (actuellement 49). La compagnie compte aussi regagner les parts de marché perdues en Pologne à environ 30%, et obtenir près de 10% de parts de marché dans la « nouvelle Europe ». Il devrait en résulter une augmentation des revenus à environ 9 milliards de PLN (actuellement moins de 3,5 milliards de PLN) avec une amélioration constante des marges, qui met déjà LOT dessus de la moyenne parmi les transporteurs du réseau européen. « Nous devons nous concentrer sur les effets d’échelle, leur insuffisance étant notre plus grand problème », détaille le CEO, « il n’y a absolument aucune raison pour que dans un délai de cinq ans, nous n’ayons pas une taille comparable à Austrian Airlines, Finnair, TAP Portugal ou Aer Lingus ». Les performances de l’entreprise et son rôle dans l’industrie sont également au cœur du problème : le développement « est également crucial » dans le contexte de la privatisation potentielle, pour lesquels LOT se prépare », ajoute Sebastian Mikosz. Les quatrième et cinquième éléments de la stratégie 2016-2020 sont la chaine de valeur, qui inclut « l’aéroport et les services concernés » et que LOT veut « surveiller de plus près », la coopération avec les fournisseurs et sous-traitants étant indispensable pour élever le niveau de qualité de service ; et l’engagement des équipes, LOT devant « continuer à changer en tant qu’organisation et dans la culture d’entreprise » et « construire un système cohérent de développement du personnel pour veiller à ce qu’elle devienne une compagnie aérienne moderne et de plus en plus dynamique ».

En ce qui concerne le réseau européen, trois nouvelles destinations figurent déjà dans les systèmes de réservation: Venise, Cluj-Napoca et Ljubljana. LOT Polish Airlines va également relancer des routes suspendues pendant la restructuration, comme Athènes, Barcelone, Nice (le 30 mars 2016), Zurich et Beyrouth. Et à partir de janvier 2016, ce sont les vols vers Belgrade, Düsseldorf, Erevan, Chisinau, Zagreb et Gdansk qui reprendront.

Si la première phase du développement du réseau est gérable avec sa flotte actuelle, de nouveaux avions seront nécessaires pour atteindre en 2020 une flotte de 70 à 80 appareils – ce qui est désormais possible après les premiers bénéfices dégagés en sept ans. D’ici la fin de l’année, LOT Polish Airlines prévoit de « rafraîchir » les cabines des Boeing 737, puis d’introduire dans tous les avions y compris les Dreamliner « des éléments de nouveau design et de nouvelles couleurs pour chaque classe de voyage ». De nouvelles couleurs et des marquages permettront d’améliorer l’expérience de voyage, aider les passagers à trouver leur chemin à l’aéroport et le parcourir jusqu’à l’installation dans l’avion.

air-journal_LOT Polish uniformes

http://www.air-journal.fr/2015-06-25-lot-polish-airlines-de-grandes-ambitions-pour-2016-5146183.html

Commentaire(s)

  1. easy sleeping pilot - 25 juin 2015 à 8 h 44 min
    easy sleeping pilot
    Publié le 25 juin 2015

    Si LOT vieux faire un HUB à Varsovie il faudrait deja qu’elle puisse s’y poser 365 jours par an ! Ce qui n’est pas le cas actuellement , car le système ILS est seulement de catégorie 2 donc 300 m de visibilité au lieu du meilleur standard catégorie 3 avec 75 mètres , et en Pologne l’hiver ( est long) il y a beaucoup de brouillard tres dense ….

    Et je ne parle même pas des aeroports de province polonais dont aucun n’est équipé mieux qu’un ILS catégorie 1 avec 550m . L’hiver c’est déroutement vers Berlin ,Prague ou Ostrava cause brouillard a gogo !!
    Meme les aeroport de province roumain sont equipes ILS cat 3 !

  2. Publié le 25 juin 2015

    D’ici 2020 il y aura le temps pour la CAT III 🙂
    Par contre l’aéroport de Varsovie n’est pas le plus grand et aura peut-être besoin de s’étendre, et ça c’est plus complexe.
    Bon courage à la LOT 🙂

  3. Airbid
    Publié le 25 juin 2015

    Avoir de l’ambition ne coûte rien, la réaliser est autre chose, mais dans une « nouvelle Europe », car l’ancienne n’est pas du gôut de la Pologne qui se tourne plutôt vers l’outre atlantique, une seconde GB en somme. C’est vrai qu’elle a donné un Pape au monde et que l’Europe n’a pas voulu de sa religion . Petite Cie qui sera mangée comme les autres.

  4. Aulongcourt
    Publié le 25 juin 2015

    A croire que quelqu’un chez LOT a lu mon post du 15/06 dernier,suite à un autre article sur LOT!!!! ( je plaisante…)
    mais c’est vrai que si « avoir de l’ambition ne coute rien, la réaliser est autre chose ».., c’est tout aussi vrai que ne pas avoir d’ambition peut s’avérer mortel également…
    Pour les entreprises en général (et le monde aérien à cet égard est plein d’exemples flagrants!) ,le danger d’une expansion ambitieuse réside dans sa non maitrise financière selon un processus classique: on veut grossir vite,on emprunte pour assurer les investissements techniques et humains nécessaires, on entend payer les remboursements grâce à l’argent gagné par cette expansion….et tout va bien..sauf si les nouvelles routes ne s’avèrent pas aussi (rapidement) rentables qu’espéré..alors c’est « on puise dans les emprunts pour rembourser des emprunt » et un cercle infernal s’installe…

    Donc pour LOT, avoir de l’ambition: oui..avoir des atouts qui rendent cette ambition plausible : oui…s’engager dans l’expansion : oui…mais surtout,surtout : ne pas confondre vitesse et précipitation et n’avancer d’un pas qu’après avoir bien solidement sécurisé le pas antérieur…..

  5. Publié le 25 juin 2015

    Si LOT veut doubler son traffic alors qu’elle utilise ses dreamliners au lieu de les louer à air europa en autre

  6. Vivement de les voir de nouveau se poser à LYS…

  7. superyoda86
    Publié le 25 juin 2015

    C’est bien je trouve de vouloir développer la compagnie nationale car dans pas mal de pays de l’Est, elles ont disparu comme en Hongrie ou Slovaquie. C’est dommage car c’est un frein au développement du pays et ces pays restent tributaires des compagnies étrangères.

    • Père Denis
      Publié le 25 juin 2015

      Pour la Hongrie, vous avez raison : MALEV a disparu corps et âme…

      Pour la Slovaquie en revanche,il n’y a JAMAIS eu de ompagnies d’Etat Slovaque…Du temps de laTCHECOSLOVAQUIE il y avait une compagnie d’Etat tchécoslovaque basée à Prague ( et non à Bratislava enSlovaquie) , la CSA…laquelle est restée..tchèque Apres la séparation en deux pays…
      Il yeut bien une compagnie low cost qui s’est montée à Bratislava ( sur l’initiative de deux Francais d’ailleurs..), et qui a perduré quelques temps avant faillite , mais elle etait à capitaux privés et donc pas une compagnie  » d’Etat ».

      • superyoda86
        Publié le 25 juin 2015

        oui vous parlez de SkyEurope? j’aimais bien cette compagnie qui proposait des vols pas cher pour l’Europe de l’Est. Je ne sais pas pourquoi elle a coulé alors que c’était que le début des low-cost. Trop de pression de Wizz Air peu être. En tout je trouve que ça fait défaut de ne pas avoir de compagnie nationale, ne serait ce que pour les liaisons intérieures.

  8. Pépère
    Publié le 25 juin 2015

    Bon vent à LO, et surtout un solide appui de son banquier.

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