AESA : des mesures après le crash de Germanwings

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La Commission européenne a publié le rapport du groupe de travail dirigé par l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA), sur le crash du vol 4U9525 de la compagnie aérienne low cost Germanwings. Parmi les six recommandations figurent une évaluation psychologique pour les pilotes avant leur engagement, et la création d’un référentiel européen de « données aéromédicales ».

Constitué en mai 2015 à la demande de la commissaire européenne pour les transports Violeta Bulc, le groupe de travail a analysé les conclusions préliminaires de l’enquête sur l’accident afin de vérifier le caractère adéquat des règles européennes en matière de sécurité et de sûreté aériennes. Six recommandations visent principalement à améliorer le contrôle des membres d’équipage, qui vont être « examinées attentivement » par la Commission ; elle jugera ensuite s’il y a lieu de prendre des mesures supplémentaires. Patrick Ky, directeur général de l’AESA, a expliqué : « des experts en aviation et en science médicale ont travaillé en étroite coopération au sein du groupe de travail. Leur rapport est le fruit d’une analyse approfondie, qui a donné lieu à des recommandations pratiques afin qu’une telle tragédie ne se reproduise plus. L’AESA est prête à prendre les mesures qui s’imposent, en appliquant les enseignements tirés de cet événement ». Mme Bulc a de son côté déclaré que « s’il s’avère qu’il y a lieu d’améliorer les règles européennes en matière de sécurité et de sûreté aériennes ou leur mise en œuvre afin de prévenir d’autres accidents ou incidents, nous prendrons les mesures qui s’imposent au niveau de l’UE ».

Le groupe de travail a formulé les recommandations suivantes:

  1. Le principe selon lequel deux personnes doivent se trouver, en permanence, dans le poste de pilotage devrait être maintenu.
  2. Les pilotes devraient faire l’objet d’une évaluation psychologique avant d’être engagés par une compagnie aérienne.
  3. Les compagnies aériennes devraient mener un programme de lutte contre la drogue ou l’alcool qui s’appuie sur des contrôles aléatoires.
  4. Un programme strict pour le contrôle des examinateurs aéromédicaux devrait être élaboré.
  5. Un référentiel européen de données aéromédicales devrait être créé.
  6. Des systèmes de soutien aux pilotes devraient être mis en place au sein des compagnies aériennes.

Dès le début de son évaluation, précise la Commission dans son communiqué, le groupe de travail « est arrivé à la conclusion qu’un contrôle médical plus approfondi des membres d’équipage pourrait représenter une contribution importante à la sécurité aérienne ». L’évaluation a porté essentiellement sur les examens médicaux et psychologiques des pilotes, y compris les tests de consommation d’alcool et de drogues, pour lesquels des tests de dépistage sont déjà disponibles. Le groupe de travail a également souligné la nécessité de renforcer le cadre de contrôle des examinateurs aéromédicaux. Le rapport s’efforce de « trouver un juste équilibre entre le secret médical et la sécurité, et de ne pas alourdir les charges administratives pour les compagnies aériennes ».

La Commission européenne va examiner ces recommandations, en tenant compte des avis reçus d’autres sources, telles que le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses français (BEA) français, qui a mené une enquête indépendante sur l’accident (voir son rapport préliminaire ici). Si des mesures législatives s’imposent, l’AESA sera invitée à élaborer des propositions concrètes, qui seront ensuite prises en considération dans les règlements de l’UE en matière de sécurité aérienne. Il sera également demandé à l’AESA de fournir « des éléments non législatifs tels que des documents d’orientation et des outils pratiques de partage de l’information, et d’assurer le suivi des actions prises par les États membres et le secteur ».

Rappelons que le crash du 24 mars 2015 de l’Airbus A320 de Germanwings dans les Alpes françaises avait entrainé la mort des 150 personnes à bord lors d’un vol entre Barcelone et Düsseldorf. Parmi les victimes, le copilote Andreas Lubitz, accusé d’avoir volontairement écrasé l’avion au sol après avoir bloqué le commandant de bord hors du cockpit. La Commissaire européenne pour les transports a également demandé à l’AESA de constituer un groupe de travail pour analyser les conclusions du rapport du BEA. Parmi les domaines analysés figurent le système de verrouillage de la porte d’accès au poste de pilotage et les procédures d’accès et de sortie du poste de pilotage, ainsi donc que les critères et procédures de suivi médical des pilotes.

Le rapport final du groupe de travail est disponible ici (en anglais ).

http://www.air-journal.fr/2015-07-20-aesa-des-mesures-apres-le-crash-de-germanwings-5147476.html

Commentaire(s)

  1. Des mesurettes faisant effet de chaises musicales pour un resultat zero.

  2. Yves

    Ces propositions sont des recommandations donc dans un second temps il va falloir surveiller les modalites d’application car pour l’instant ceux ne sont que des recommandations donc pas obligatoires !!!

  3. Il est logique que des mesures soient prises, et les mesures de bon sens (2 personnes dans le cockpit) sont heureusement déjà appliquées. Quant aux contrôles aléatoires de stupéfiants et le soutien aux pilotes, cela devrait être la règle depuis longtemps.

  4. Vincent

    Le copilote d’4U9525, nous a-t’on dit, avait été victime d’un burn-out durant sa formation : en l’état actuel de la réglementation, ce seul fait suffisait à l’écarter à vie des cockpits.

    Que l’EASA fasse déjà appliquer la réglementation existante, avant de pondre de nouvelles préconisations inutiles.

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