Etihad dans Alitalia: pas une menace, une bouée de sauvetage

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Le PDG de la compagnie aérienne Etihad Airways a joué sur le patriotisme italien pour assurer que sa prise de participation dans Alitalia n’est pas une menace mais une bouée de sauvetage, qui l’a mise sur la nouvelle voie de la rentabilité durable.

Lors de son passage à Rimini le 24 août 2015, James Hogan a qualifié la compagnie nationale italienne d’entreprise « avec un grand héritage et une reconnaissance de marque mondiale », et affirmé qu’une « Alitalia forte est essentielle pour l’Italie. Sans Alitalia, les connexions vers, au départ et en Italie seraient très diminuées et laissées à d’autres qui n’auraient pas le même engagement vis à vis de l’Italie ou des Italiens ». Mais il rappelle aussi que « depuis quelques années, Alitalia a pris une autre voie et est devenue une entreprise contestée », dans laquelle « personne ne voulait investir » alors qu’Etihad Airways lui voit « un grand avenir ». Le transporteur national des Emirats Arabes Unis s’est donc engagé « à travailler avec d’autres actionnaires et Alitalia pour aider à la reconstruire en marque premium et en une entreprise rentable ».

Dans les faits, Etihad Airways a investi 560 millions d’euros dans un accord multiple incluant 49% de prise de participation dans Alitalia, 75% dans son programme de fidélité MilleMiglia, l’achat et la location à Alitalia de cinq paires de créneaux à l’aéroport de Londres- Heathrow, ainsi que des prêts pour réduire les dettes immédiates d’Alitalia. L’investissement d’Etihad Airways était le plus important dans l’investissement global de 860 millions d’euros avec d’autres actionnaires. James Hogan en a profité pour souligner que l’investissement global « n’est pas une menace mais plutôt une bouée de sauvetage et un dynamiseur, qui ne peut être que bon pour l’aviation européenne, les marchés européens ainsi que pour les emplois européens ». Cette industrie est globale et non locale, a-t-il ajouté dans un communiqué, et comme beaucoup d’autres industries, « l’aviation devrait avoir accès à des fonds d’investissements mondiaux afin de fournir le capital nécessaire pour se développer efficacement et rester compétitifs ». Le conflit entre les compagnies du Golfe et certains transporteurs occidentaux n’a pas été mentionné…

air-journal_Etihad Airways 787-9 new lookPour le PDG, l’investissement d’Etihad Airways dans Alitalia était une façon « rentable pour les deux compagnies » de progresser tout en offrant « plus de choix et une meilleure qualité pour les consommateurs ». Mais en tant qu’actionnaire stratégique, Etihad Airways a aussi besoin de voir son retour sur investissement, et a fixé en collaboration avec la direction d’Alitalia un délai de trois ans pour réaliser des profits durables. Pour la première année, l’objectif est de réduire les pertes, puis d’atteindre l’équilibre en 2016, et enfin la rentabilité en 2017. « Nous ne sommes pas une banque », a ajouté James Hogan, « nous avions besoin de stabiliser l’entreprise financièrement en injectant des capitaux frais. Nous avons également eu besoin de travailler avec Alitalia, ses syndicats et ses partenaires pour identifier les opportunités immédiates pour réduire les coûts. Ces gains d’efficacité incluaient notamment la restructuration du réseau et des horaires, et la réduction de la flotte court-courrier afin de maximiser l’utilisation des appareils ». Et selon lui, les résultats ont été immédiats : Etihad Airways a « contribué à élargir la portée mondiale » d’Alitalia en reliant les réseaux des deux compagnies via l’aéroport d’Abou Dhabi grâce à des accords de partage de codes. Etihad Airways a également aidé Alitalia à se procurer de nouveaux avions gros porteurs pour augmenter les services long-courriers.

Le PDG a conclu sa présentation en expliquant avoir « non seulement veillé à ce qu’Alitalia reste dans l’air », mais aussi investi dans la protection et la création d’emplois en Italie. « Nous avons investi dans la reconstruction de la marque Alitalia. Et nous avons investi dans Alitalia avec l’engagement clair que nous allions l’aider à devenir une marque mondiale de premier choix, ainsi qu’une compagnie aérienne et une entreprise qui contribue à l’Italie ».

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http://www.air-journal.fr/2015-08-25-etihad-dans-alitalia-pas-une-menace-une-bouee-de-sauvetage-5148980.html

Commentaire(s)

  1. Airbid
    Publié le 25 août 2015

    Hogan peut compter ses sous, il ne va pas nous émouvoir, il n’y a pas de plaisir qu’il n’en coûte, et il est récompensé par celui d’avoir soustrait Alitalia d’une solution Européenne.

  2. A se demander quel est le job de James Hogan. CEO de cie aérienne? Consultant dans une banque d’investissement? Politicien?

  3. un plus de 3000 h de vol - 25 août 2015 à 9 h 10 min
    un plus de 3000 h de vol
    Publié le 25 août 2015

    Et oui Etihad est dirigé par un véritanle Manager qui s’occupe de la gestion , de la Stratégie de développenent avec son volet politique …., et qui laisse la technique aux techniciens et le pilotage des avions aux pilotes ….. Cela est à comparer avec une compagnie que tout le monde reconnaîtra , où la stratégie et les oukases sont le fait des pilotes , entre 2 vols !au lieu de se contenter de piloter ….leur avion..

  4. un plus de 3000 h de vol - 25 août 2015 à 9 h 11 min
    un plus de 3000 h de vol
    Publié le 25 août 2015

    pardon « Véritable » manager

  5. Tout l’art de passer de la pommade dans le dos !
    Un « peu » de flagornerie pour flatter l’égo latin…

  6. Arrêter ! Qui a l’époque a sauver Alitalia de faillite en investissant dedant ? AF !!!! Ont n’a tendance a l’oublier!

  7. Publié le 25 août 2015

    Etihad, en tant qu’investisseur, ne se contente pas que d’injecter de l’argent en regardant un certain nombre de nababs le dilapider comme certains autres l’ont fait par le passé, non, elle restructure la flotte et le réseau Alitalia, améliore sa productivité, au travers d’une stratégie clairement déterminée, se basant sur des réalités économiques, et surtout, adaptée à l’environnement concurrentiel de 2015, n’en déplaise aux éternel pleurnicheurs  » Vous, les MEB3, vous êtes vraiment… Trop trop méchants ».

    Et pour le moment, il semble que les compagnies ayant bénéficié du soutien économique d’une des MEB3 ainsi que des synergies engendrées par celui-ci se portent plutôt bien, ou en tout cas, moins mal qu’avant.

    Personnellement, je n’ai pas de sympathie particulière pour les MEB3, mais il faut de temps en temps reconnaître leur utilité et le dynamisme économique qui en émane.

    Sans elles, les commandes chez Airbus seraient beaucoup moins prolifiques, les aéroports de Lyon et de Nice ne seraient pas forcément reliés quotidiennement en long-courrier vers l’Orient.

    Elles obligent aussi les vieux dinosaures européens à se remettre en question, à revoir leur modèles économiques, ce qui est bénéfique à la clientèle, et donc, à tout le monde, puisqu’au final, c’est le consommateur qui paie les salaires au travers de ses achats.

    En Europe, il y’a un pays qui subit plus durement que nimporte quelle autre la concurrence, sa capitale et ses aéroports de province étant envahis par non seulement les MEB3, mais également les low-cost, et pourtant, sa compagnie nationale se porte comme un charme, sans avoir subi le moindre mouvement social d’envergue, pour la simplement et bonne raison qu’au lieu de crier au loup, elle a anticipé et développé ses propres armes pour lutter contre cette concurrence que beaucoup jugent déloyale.

    Ce pays compte pourtant à peu près la même population que la France, et tout comme dans l’hexagone, sa compagnie nationale se concentre quasi uniquement sur la capitale.

    Aaaahhhhh, Si Birmingham était Lyon, si Manchester était Nice, si Newcastle était Nantes, si Edinburgh était Bordeaux, si Glasgow était Toulouse, il y’en aurait des vols LC au départ de la province, il y’en aurait de ce trafic stimulé, et personne ne se planquerait derrière des revendications d’un autre temps, parce qu’il s’agit bel et bien du présent, et que plus on dénonce les pratiques de ces transporteurs, plus on leur fait de la pub en les exposant médiatiquement.

    Allo Paris, ici Londres…

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