Grève à Air Austral : dialogue de sourds

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Le ton est encore monté un peu plus entre la direction et les pilotes de la compagnie aérienne Air Austral, ces derniers maintenant leur préavis de grève de quatre jours à partir de demain.

Alors que le Syndicat National des Pilotes de Ligne (SNPL) s’est donné jusqu’à ce jeudi soir pour prendre sa décision, la compagnie basée à l’aéroport de Saint-Denis de La Réunion accuse le syndicat, dans un long communiqué daté du 27 janvier 2016, de jouer un double jeu « malgré tous les efforts de la compagnie et ses essais d’ouverture depuis le dépôt du préavis de grève ». Les négociations « engagées à l’initiative de la direction » ont échoué et Air Austral ne peut que « constater avec indignation la volonté d’un syndicat jusqu’au-boutiste de maintenir à tout prix son préavis de grève et ce en dépit de toutes avancées proposées ». Elle s’interroge de nouveau sur les réelles motivations d’un syndicat « qui ne fait que surenchérir de façon systématique et dont le double jeu et les attitudes contradictoires semblent empêcher toute issue à cette crise injustifiée ». La direction précise qu’alors qu’il n’y a encore que quelques semaines « aucun mécontentement ne pouvait laisser présager un mouvement aussi extrême », force est de constater, compte tenu des propositions qui ont été faites démontrant la volonté de la Direction de prendre en considération les attentes de ses pilotes, que le « refus de retirer l’avertissement adressé à son salarié en outre DS du SNPL, en raison des menaces qu’il a proféré à l’encontre d’un Dirigeant », est le point de départ et le motif réel de cette crise. Face à cette situation incompréhensible et consciente des inquiétudes que ce mouvement provoque et soucieuse de sa clientèle, la compagnie se prépare au mouvement et anticipe sur les solutions qu’elle aura à mettre en œuvre afin de garantir le transport de toute sa clientèle. Des options d’affrètement sont ainsi d’ores et déjà posées.

Lors d’une conférence de presse hier à Saint-Denis, le SNPL se déclarait toujours ouvert aux négociations ; il représente environ 60% des pilotes et a demandé à ses adhérents de se conformer à la Loi Diard en se déclarant grévistes dès hier soir. Vivien Rousseau, président du bureau d’Air Austral du SNPL (c’est lui qui serait visé par l’avertissement), rappelait hier soir dans linfo.re le « problème relationnel interne à l’entreprise », qui à ses yeux est le plus important point de friction entre direction et pilotes, et met en danger la sécurité des vols.

Marie-Joseph Malé, PDG d’Air Austral, estime à 3 millions d’euros les pertes que pourraient entrainer cette grève. Il « déplore le maintien de ce préavis » et parle d’un « constat d’échec regrettable. Air Austral doit aujourd’hui faire face à l’intransigeance d’un syndicat. Je regrette qu’un simple avertissement que nous avons refusé de retirer en soit l’origine. Je crois cependant encore qu’une issue puisse être trouvée tant ce mouvement n’a pas de sens. Je reste avec l’équipe dirigeante totalement ouvert à la prise en compte des attentes ou inquiétudes de nos pilotes, lorsque celles-ci se justifient. Je poursuivrai en ce sens. Air Austral est dans une dynamique de développement et de modernisation depuis maintenant trois ans et se bat avec l’ensemble de son personnel, malgré les difficultés qu’elle a pu rencontrer. Notre préoccupation aujourd’hui est la satisfaction de notre clientèle et la sécurité des vols, que notre personnel également dans l’incompréhension, aura à cœur de protéger. Je mettrai tout en œuvre afin d’assurer le transport de nos passagers et ce dans les meilleures conditions si le mouvement devait se confirmer ».

Air Austral présente aussi sa version de la genèse du conflit : « le SNPL avait déposé dans la nuit du 22 au 23 janvier dernier un préavis pour un mouvement de grève annoncé du 29 janvier (00h01, heure locale Saint-Denis de la Réunion) au 1er février 2016 (23h59, heure locale Saint-Denis de la Réunion). Cet appel à la grève, lancé depuis Paris par le SNPL France Alpa aux pilotes d’Air Austral, pointait 8 revendications inscrites au préavis. A l’initiative de la Direction générale, une première réunion de négociation avec le délégué syndical du SNPL s’est tenue ce lundi 25 janvier 2016. L’objectif était de trouver une issue à ce mouvement non justifié, ce qui était envisageable. Les revendications techniques faisaient en effet l’objet de discussions depuis plusieurs semaines et pouvaient être finalisées, avec de la bonne volonté de part et d’autre. Après plusieurs heures de discussions plutôt constructives jusque tard dans la soirée, la Direction et le SNPL Alpa semblaient être sur le point de converger vers une sortie de crise. Les parties avaient en effet convenu de finaliser et de signer le lendemain matin un protocole d’accord. Le lendemain, suite à de nouvelles demandes, les discussions se sont poursuivies pour une nouvelle fois aboutir à un projet d’accord remis au SNPL que celui-ci avait souhaité pouvoir soumettre à sa base avant de se prononcer. Deux heures seulement après la fin de cette rencontre, le Syndicat et son Délégué retournent leur veste et adoptent une attitude contraire : ils dénoncent dans un message adressé à leurs adhérents un accord qu’ils jugent maintenant inacceptable ». Que cherche le SNPL, demande donc la direction d’Air Austral, « sauf à exercer une pression et faire une simple démonstration de pouvoir ? Pour masquer son refus de l’avertissement adressé à son délégué syndical, le SNPL se réfugie derrière une surenchère  systématique et inacceptable. Face à cela, la Direction d’Air Austral ne peut que déplorer les méthodes d’un syndicat qui s’arc-boute sur des positions de combat syndical corporatiste, au détriment du contexte particulier d’Air Austral et de tout son personnel ».

http://www.air-journal.fr/2016-01-28-greve-a-air-austral-dialogue-de-sourds-5157204.html

Commentaire(s)

  1. Qu’ils fassent grève , et surtout qu’UU ne leurs paye pas les jours de grève , ils verront bien .

  2. Rien de nouveau sue la planète.... - 28 janvier 2016 à 8 h 00 min
    Rien de nouveau sue la planète....

    Le SNPL toujours égal à lui meme….sectaire et verbeux….

  3. Ben76500

    Un bon dialogue de sourd comme je les aime. Mais le pire reste le snpl qui invente un motif bidon par ce que mr le chef du snpl locale a pris un avertissement (et encore ils pouvait le foutre dehor, sisi le code du travail le permet) pour menace et UU abrefusé de le supprimé. Bref on devrait obliger les syndic à rembourser les cout des grèves ou inscrire au code du travail le droit de ne pas payer les salariés en grève (je croi que sa y est déja)

    • Ben non, le code du travail ne permet pas de virer un DS, il faut passer devant l’inspection du travail qui est particulièrement pointilleuse sur le sujet et qui ne validera pas un avertissement pour un courrier à un cadre sachant que le boulot d’un DS est d’envoyer des courriers et dire des choses que les nom syndicalistes ne peuvent pas dire.

  4. Trop de syndicas en France, faut les démembrer et interdire les grèves !!

  5. @MATT devrait pouvoir vous indiquer le salaire et les conditions d’un CDB d’un triple 7 d’Air Austral..
    Il maîtrise particulièrement bien le sujet et…le SNPL.
    Il m’à lui même demandé, hier, de m’adresser à lui pour tous renseignements utiles..

  6. Vincent

    Pathétique : où comment la France plongé inéluctablement dans le néant, avec la complicité plus qu’active des syndicats.

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