Crash de Flydubai: les boîtes noires examinées

air-journal_crash Flydubai boite noire@ASN

Les enquêteurs ont commencé à travailler sur les enregistreurs de vol du Boeing 737-800 de la compagnie aérienne low cost Flydubai, qui s’est écrasé samedi à Rostov tuant les 62 personnes à bord.

Les deux boîtes noires ont été endommagées lors du crash du vol FZ981 reliant Dubaï à l’aéroport de Rostov-sur-le-Don peu avant 2h00 le 20 mars 2016, a annoncé hier le MAK russe (Interstate Aviation Committee, équivalent du BEA français). Mais les données de l’enregistreur des données de vol (FDR) ont pu être lues et « contiennent des informations de bonne qualité jusqu’à l’impact » ; l’analyse de ces données a déjà commencé. En revanche l’enregistreur des voix du cockpit (CVR) a été abîmé et devra être réparé avant que son contenu ne puisse être lu. Boeing et le NTSB américain ont confirmé leur participation à l’enquête et envoyé des équipes sur place. Les débris de l’avion, éparpillés sur plus d’un kilomètre, ont été dégagés de la piste de l’aéroport et le trafic a pu reprendre hier, seules des compagnies russes l’utilisant – au premier rang desquelles Aeroflot et S7 Airlines.

air-journal_Flydubai taxiingFlydubai a mis en place une cellule de crise à Dubaï et une autre à Rostov pour accueillir les familles des 55 passagers et sept membres d’équipage tués dans l’accident du vol FZ981, dont le numéro a été retiré (remplacé à partir de demain par FZ935/936). Et elle a annoncé un premier paiement de 20.000 dollars par passager « dans le but de répondre aux besoins financiers immédiat » ; il y avait à bord 44 Russes, 8 Ukrainiens, 2 Indiens et un Ouzbek. La low cost a confirmé que le commandant de bord chypriote avait 5965 heures de vol à son actif, et le copilote espagnol 5769. Selon plusieurs médias, l’appareil avait tourné en rond pendant deux heures après une première tentative d’atterrissage par très mauvais temps (« mais pas critique » selon Yuri Varakin du centre russe de l’hydrométéorologie cité par RT), alors que d’autres vols avaient été déroutés vers Krasnodar où la météo était meilleure. Il restait encore assez de carburant dans l’avion pour voler plus de deux heures, ce qui expliquerait l’importance de l’explosion et de l’incendie qui ont suivi l’impact. Les données de Flightradar indiquent par ailleurs une chute brutale de l’appareil ayant atteint 6400 mètres par minutes. Le 737-800 était âgé de cinq ans.

air-journal_crash Flydubai debris@SputnikRappelons que selon le ministère russe des Situations d’urgence, l’avion de Flydubai s’est écrasé « alors qu’il était en train d’effectuer une deuxième tentative d’atterrissage en raison de mauvaises conditions météorologiques. Il a frôlé la piste avec l’une de ses ailes et a commencé à se désintégrer ». La théorie d’un acte terroriste est écartée par le PDG Gaith al-Ghaith, le gouvernement russe penchant plutôt pour les possibilités d’erreur de pilotage, de défaillance technique, de la météo « et d’autres facteurs ».

L’accident de samedi est le premier à causer des morts non seulement pour Flydubai, mais aussi pour toutes les compagnies du Golfe. Lancée en 2009, la low cost est propriété du gouvernement de Dubaï, tout comme Emirates Airlines, et son réseau est généralement complémentaire de celui de sa grande sœur. Elle opère une flotte de 49 737-800, aménagés en une ou deux classes, et en a commandé onze autres ainsi que 75 737 MAX 8.

http://www.air-journal.fr/2016-03-21-crash-de-flydubai-les-boites-noires-examinees-5159918.html

Commentaire(s)

  1. Raton-laveur
    Publié le 21 mars 2016

    Les experts de BFM tv sont sur la piste. !!!

  2. Vincent
    Publié le 21 mars 2016

    2 points intriguent :

    1. L’appareil a attendu très longtemps (2 h 20) avant de faire une seconde tentative d’approche. Si la météo était à ce point catastrophique, pourquoi ne s’être pas dérouté aussitôt, d’autant que le pilote chypriote (38 ans, 5 900 h) et le copilote espagnol (37 ans) ne semblaient pas être des débutants.

    2. Juste avant le crash, on observe une reprise de vitesse et d’altitude, laissant supposer une remise de gaz. Décrochage, cisaillement ?

    • Publié le 21 mars 2016

      Concernant le second point, il y a bien une remise de gaz. Ou du moins elle fut annoncée calmement par l’OPL quelques secondes avant l’impact.

      Pour le premier point ce qui tout autant intrigant est que le zinc aurait quitté Dubaï gorgé de carburant avec de quoi tenir 8H30 en l’air, pour un vol d’un peu moins de 4H. Meme avec réserve finale, c’est une sacré quantité pour une telle liaison. Ca laisse entrevoir pourquoi ils ont pu rester si longtemps en attente mais pas le choix de se maintenir au-dessus de Rostov quand les autres vols se déroutaient.

      • jc. Heritier
        Publié le 21 mars 2016

        Pour le point 2, la réponse est simple: le carburant est bien moins cher à Dubai, et il est par conséquent économiquement intéressant (quoique pas écologique!) de faire un emport maximum compatible avec la rotation. Le surcroît de conso est évidemment pris en compte dans le calcul. Toutes les compagnies le font.
        De ce fait, la consigne d’attendre de meilleures conditions a pu être donnée à l’équipage par la compagnie.

  3. fred06
    Publié le 21 mars 2016

    On peut penser à un givrage, affectant brutalement la finesse menant au décrochage, c’était la maladie récurente des ATR durant les premières années..

  4. On sera certainement surpris du résultat des enregistreurs . supputer quoi que ce soit maintenant n’est que réflexion . Dans l’immédiat, ce dramatique accident doit nous rappeler l’extrême prudence et attention en conditions MTO marginales sans sous-entendre qu’ils ne furent pas.
    A noter que le nombre d’heures de vol ne veut rien dire sauf témoigner d’une certaine expérience, or ici, rien ne précise que c’est sur cet avion . Cette notion est très relative . ( en ref. aux pilotes expérimentés de l’A320 du mont st Odile, expérimentés oui, mais pas sur ce type; tout deux n’avaient que qques centaines d’hdv sur 320 ) .
    En attendant, Condoléances sincères à toutes les familles affectées .

    • Vincent
      Publié le 21 mars 2016

      Il est vrai qu’il faut rester extrêmement prudent, d’autant qu’un crash aérien est rarement le résultat d’une seule seule erreur, mais une succession de facteurs s’enchaînant jusqu’au drame. Néanmoins, il est important d’insister sur l’expérience des pilotes, que la seule météo n’a pas pu perturber : nous ne sommes pas en présence de « pilotes » n’ayant que quelques centaines d’heures de simulateur pour toute expérience, comme cela se rencontre trop souvent à AIR FRANCE sur AIRBUS (confer l’incident grave du 3 avril 2012 Paris – Tel Aviv, dont le pilote en fonction n’avait que 500 heures de vol, dont l’essentiel sur simulateur ! ).

      L’on ne peut comparer non plus avec le Mont Saint Odile, la philosophie de pilotage d’un 737-800 n’ayant rien à voir avec celui d’un A320. Par ailleurs, la responsabilité de ce crash fut largement partagée avec le contrôle militaire de Strasbourg et l’ergonomie problématique de l’avionique, immédiatement corrigée par AIRBUS.

  5. Ce qui m’intrigue, c’est que les images de la vidéo diffusée avec l’article précédent sur le sujet ne correspondent pas du tout à la description de l’accident faite par le ministère russe des situations d’urgence… Ce dernier parle d’une aile qui aurait frôlé la piste, provoquant la désagrégation de l’avion. Or, ce qu’on voit sur la vidéo, c’est un objet lumineux chutant à grande vitesse avec un angle de descente de plus de 45 degrés, et explosant immédiatement à l’impact. Êtes vous sûr qu’il s’agisse du même évènement ?

    Quoi qu’il en soit, l’insistance des pilotes à vouloir absolument se poser sur cette piste dans des conditions météorologiques suffisamment hostiles pour avoir fait avorter la première tentative deux heures plus tôt et avoir incité d’autres équipages à se dérouter sur un autre aéroport pose problème…

    • Vincent
      Publié le 21 mars 2016

      De ce que j’observe, mais l’oeil peut être trompé, surtout sur une vidéo d’aussi mauvaise qualité, c’est en effet une chute très rapide, ce que confirme d’ailleurs l’état de l’épave.

      Evoquer une aile frôlant ou touchant la piste ne pourrait provenir que d’un autre témoignage visuel, voire de l’exploitation du FDR, qui n’avait pas été encore exploité à l’heure où s’époumonait le ministère russe. Mais il est courant (confer le crash de GERMANWINGS) que les autorités parlent à tort et à travers sans rien savoir, en l’occurrence le PDG de la compagnie jurant que ses 2 pilotes étaient en parfaite condition physique et notre inénarrable président de la République qui prétendait avoir en main une boîte noire qui ne sera retrouvée que quelques jours plus tard.

  6. ceux qui ont fait le choix de dérouter ne risquent pas de culpabiliser, et les pax doivent être contents .

Les commentaires sont fermés. Continuez la discussion sur le forum