Norvège : Ryanair quitte Moss-Rygge

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La compagnie aérienne low cost Ryanair a confirmé hier sa décision de quitter à l’automne l’aéroport de Moss-Rygge, à 60 kilomètres d’Oslo, supprimant 16 routes et réduisant de 50% sa présence en Norvège – tout en s’installant à Oslo-Gardemoen.

Dans son communiqué du 1er juin 2016, la spécialiste irlandaise du vol pas cher confirme que la fermeture de sa base est une réponse à la décision du gouvernement norvégien d’instaurer au 1er juillet une nouvelle taxe passager de 80 couronnes (environ 8,6 euros), qualifiée « d’inamicale pour l’environnement, le tourisme et l’emploi ». La base sera fermée le 29 octobre prochain, les quatre Boeing 737-800 étant déplacés vers d’autres bases en dehors de Norvège et quelque 1000 emplois sur site n’étant plus « soutenus ».  Ryanair va en outre fermer définitivement seize routes qui accueillaient environ 900.000 passagers par an vers et depuis Béziers, Bruxelles, Chania (La Canée), Dublin, Edimbourg, Malaga, Palma de Majorque, Poznan, Pula, Riga, Rzeszów, Szczecin,  Tallinn, Thessalonique, Wroclaw et Zadar.

Deux lignes vont être transférées de Rygge vers Oslo-Gardemoen, le principal aéroport de la capitale devant accueillir à partir du 30 octobre trois rotations quotidiennes depuis Londres-Stansted (une de plus qu’à Rygge) et une depuis Vilnius. Enfin « puisque Rygge ne peut pas fonctionner avec des opérations réduites », Ryanair va transférer le même jour les huit dernières routes de Rygge vers Sandefjord-Thorp, environ 100 km au sud d’Oslo : Alicante, Bergame, Cracovie, Gdansk, Gran Canaria, Manchester, Ténériffe-Sud et Varsovie-Modlin, pour un total de 23 vols par semaine.

La low cost rappelle que toutes les compagnies aériennes du pays ont demandé au gouvernement d’abolir cette nouvelle taxe passager, incorporée dans le budget 2016 par le très vert Parti Libéral qui y voit un moyen de freiner la demande pour un transport aérien jugé trop polluant, et qui devrait rapporter quelques 227 millions de dollars à l’état. SAS Scandinavian Airlines a en effet menacé de diminuer sa desserte des petits aéroports dans le nord de la Norvège, suivie sur ce terrain par Norwegian Air Shuttle. Et selon ch-aviation, Wizz Air et Wideroe menacent également de réduire la voilure à Torp… « Tristement, le gouvernement a détruit la compétitivité de Rygge, un aéroport indépendant et rentable, au profit du monopole d’état Avinor », ajoute Ryanair. Selon son directeur commercial David O’Brien, cette taxe « fait particulièrement mal au tourisme et aux petits aéroports », rappelant l’exemple de l’Italie qui avait augmenté ses taxes en janvier mais vient d’annoncer un réexamen de cette décision. Tout en laissant entendre qu’un changement de cap de la Norvège pourrait faire changer d’avis Ryanair.

L’aéroport de Moss-Rygge a annoncé la semaine dernière qu’il fermera le 1er novembre en cas de départ de Ryanair, la seule autre compagnie présente étant Norwegian avec ses trois routes vers l’Espagne. La Première ministre norvégienne Erna Solberg a réagi, expliquant selon thelocal.no qu’on ne peut « se faire dicter ses décisions par une entreprise qui a déjà mis sous pression de nombreux pays en termes de taxes et de coûts ».

http://www.air-journal.fr/2016-06-02-norvege-ryanair-quitte-moss-rygge-5163909.html

Commentaire(s)

  1. Lucarbiter
    Publié le 2 juin 2016

    Oui, bien sur, le gouvernement montre sa force en contrant Ryanair, mais oublie totalement les employés sur le site, qui vont se retrouver sans emploi et qui peuvent déjà commencer a chercher.. Alors que la structure était rentable.

    • pet
      Publié le 2 juin 2016

      Ryanair déplace ses routes vers un autre apt, un peu plus distant d’Oslo, et craint que la clientèle ne suive pas, ce qui sera le cas. d’où une plus grande concurrence avec les autres LC et majors de la place.
      Rejoindre Gardermoen, contrairement au tableau qu’en fait Ryanair, est en droite ligne avec leur politique de montée en gamme et desserte des gds aéroports.

      vrai que le staff va se trouver sans emploi. L’omnipotent et richissime système social Norvégien y palliera.
      – jamais vu un Norvégien bosser trop dur..-

    • D’un autre coté ce genre de pressions sur l’emploi sur un pays en plein emploi ou presque (4,1% de taux de chômage) ca ne doit pas inquiéter les pouvoirs publics qui sont surs d’eux et de leur analyse

  2. RealVision
    Publié le 2 juin 2016

    De un, c’est le comble que cette taxe soit imposée par un gouvernement de droite.
    De deux, le parti liberal n’a de vert que son logo, pour le reste, c’est un parti libéral et à droite.
    De trois, le seul député vert de la Storting (le parlement norvégien) est dans l’opposition et n’a pas proposé cette taxe.
    Comme quoi les stéréotypes sont trompeurs…

    Faut pas oublier que le gouvernement norvégien est actionnaire de SAS et a tout intérêt à limiter ses concurrents alors que Norwegian occupe déjà beaucoup de place en Norvège (mais au moins ils ont le méritent d’être une cie norvégienne). Les emplois perdus de Rygge pèsent peu dans la balance. Vu le système de protection norvégien, ils seront vite être recasés ou réorientés pour le bien du pays.

  3. Honnêtement, bon débarras !!!!

    Ryan Air passe sont temps a faire du chantage a tout va et vers tout le monde entre les aéroports, les autorités et les passagers. Le marche existait avant euxet existera toujours apres eux, ils n’ont pas invente l’eau chaude, ils ont des pratiques commerciales et fiscales des plus douteuses en ponctionnant l’argent public. En bref, qu’ils partent et on les remplacera par d’autres compagnies (legacy ou low cost)

  4. Ryanair avait fait un chantage similaire à Marseille il y a quelques années suite à sa condamnation pour travail dissimulé… Les pouvoirs publics ont résisté (pas trop le choix, il s’agissait d’une décision de justice), et elle est revenue malgré tout.
    Je pense que dans la mesure où Ryanair monte en gamme et se dirige vers des aéroports plus centraux (et aux taxes plus élevézs), cette nouvelle taxe n’était qu’un prétexte qui a enchaîné la marche… Elle l’aurait fait tôt ou tard, peut-être avec plus de « tact ».
    Je suis navré pour les emplois, mais je pense que la décision de fermer l’aéroport n’est pas mauvaise… Il aurait été idiot de financer un aéroport qui n’est plus rentable, et qui n’a pas vocation à recevoir des lignes « OSP » (obligation de servicep ublic) qui désenclavent les territoires.

  5. flyrelax
    Publié le 2 juin 2016

    David Bonderman, patron propriétaire de FR et son executeur des basses oeuvres,MOL, ne peuvent gagner à tous les coups : comme dit un autre contributeur, bon débarras

    Ryanair, revenu sans y etre tout en y étant à Marseille – base or not base, this is the question – est sous le coup d’une deuxième procédure pour fraude sociale qui, tot ou tard, amènera la même  »punition  » (10 millions d’euros, à la grosse) que la première : un peu de patience !

  6. Au moins cet aéroport fermera, et ne continuera pas à tourner inutilement avec des subventions financées par l’argent du contribuable.

    Nous ne sommes pas en France, et ça se voit.

  7. Publié le 2 juin 2016

    Surtout que cette taxe concerne toutes les compagnies, est-ce que Ryanair aurait vraiment fait face à une chute drastique des ventes en augmentant chaque billet de 8€… J’en doute fortement!

  8. Lucarbiter
    Publié le 3 juin 2016

    Je pense que vu le nombre de passagers annuels de Rygge, que la rentabilité était largement assurée. On parle pas d’un Dole-Jura, d’un Deauville ou d’un Brive Souillac.

  9. swissCoom
    Publié le 3 juin 2016

    dommage pour l emploi, oui
    mais l’hysterie des vols a bas couts,comme les autres, sont quand meme une menace ecologique,le rappeler ça fait du bien

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