Selon un plan élaboré par son futur actionnaire Alitalia, la compagnie aérienne Air Malta abandonnerait des routes européennes non rentables au profit d’un réseau plus tourné vers le Moyen-Orient et l’Afrique du nord. Tunis, Casablanca, Tripoli ou Djeddah figureraient parmi ses futures destinations. Selon le Times of Malta du 26 aout 2016, qui s’est procuré une copie du futur business plan 2017-2020 de la compagnie nationale maltaise basée à l’aéroport de La Valette-Luqa va opérer un changement radical de stratégie, abandonnant son rôle d’apporteur de touristes au profit de celui de « feeder » du probable futur actionnaire Alitalia et du quasi-propriétaire de celle-ci, Etihad Airways. Environ un tiers des liaisons européennes seraient abandonnées, celles déficitaires mais apportant des touristes dans l’île; en revanche les routes rentables telles que celles vers Bruxelles, Londres-Heathrow ou Rome verront leurs fréquences renforcées. Cette rationalisation des vols serait accompagnée de mesures « agressives » de réduction des coûts y compris via des suppressions de postes, et d’un virage vers le sud. Aucune date n’est annoncée pour le lancement des nouvelles routes ou le renforcement de celles existantes vers la Tunisie, le Maroc, la Libye, Chypre voire l’Arabie Saoudite ; le quotidien juge toutefois que la décision est logique car attaquant un marché sans concurrence, et n’aura qu’un impact limité sur le tourisme. L’expansion du réseau devrait en outre s’accompagner d’un renforcement de la flotte, qui compterait onze avions à la fin de la décennie (contre six Airbus A320 et deux A319 aujourd’hui). Il semble désormais certains qu’Alitalia ne mettra pas la main à la poche pour combler les 66 millions de dollars de dette d’Air Malta ; c’est le gouvernement de l’île qui devrait s’en charger, tout comme du reclassement des employés « en sureffectif » dans une structure qui fournira les mêmes services en sous-traitance (ingénierie, services au sol), ou d’autres taches non précisées mais dans le service public. Aucun poste de pilote ne serait menacé ; les syndicats de PNC n’ont quant à eux toujours pas reçu de précision sur l’avenir des hôtesses de l’air et stewards d’Air Malta. Le Times of Malta souligne que les aspects financiers du deal entre Air Malta et Alitalia, censé être finalisé d’ici septembre ou octobre, ne sont toujours pas arrêté : le rachat doit en effet être approuvé par la Commission européenne, dont on connait la rigidité en ce qui concerne l’impact des aides d’état sur la concurrence. Mais si le gouvernement affirme selon le quotidien que l’accord avec Alitalia n’est pas encore conclu, il ajoute qu’en son absence Air Malta pourrait fermer ses portes dès octobre.