All Nippon Airways : trois ans pour réparer les Dreamliner ?

aj_all nippon airways premier 787

La compagnie aérienne ANA (All Nippon Airways), qui a déjà annulé 18 vols suites à des problèmes de réacteur sur ses Boeing 787 Dreamliner, estime que la réparation de tous les avions affectés pourrait prendre jusqu’à 3 ans.

La compagnie privée japonaise a expliqué le 30 aout 2016 que l’annulation en quelques jours de 18 vols lui avait déjà coûté 800.000 dollars, les Dreamliner étant cloué au sol le temps d’inspecter – et éventuellement de réparer les moteurs Rolls Royce Trent 1000. ANA avait annoncé des premières immobilisations au sol la semaine dernière, après avoir découvert qu’un problème de corrosion affectait les ailettes de compresseur des Trent 1000, sur lesquelles des fissures avaient été décelées. Remplacer ces ailettes pourrait prendre jusqu’à trois ans si le travail est étalé dans le temps pour affecter le moins possible le programme de vol, a précisé ANA mardi. Elle avait déjà évoqué la possible annulation de 300 vols d’ici fin septembre.

Hier à Berlin, le CEO de Rolls Royce Warren East expliquait qu’il y a « un problème, mais que c’est un problème gérable ». Le motoriste britannique affirme que le problème est limité uniquement aux Dreamliner d’ANA, dont une spécificité est l’utilisation régulière sur des vols intérieurs – et donc la multiplication des décollages ; seule une petite partie de la lotte de la compagnie de Star Alliance serait affectée

Le problème des Trent 1000 d’ANA avait d’abord été détecté lors de l’enquête sur un incident en février dernier, quand un problème de surchauffe avait été signalé en plein vol forçant le 787-8 à revenir à Kuala Lumpur sur un seul moteur ; le dernier incident en date remonte au 20 aout, quand un autre 787-8 a dû interrompre son décollage de Tokyo-Narita après une spectaculaire détonation dans son moteur gauche (des pales avaient apparemment été récupérées sur la piste). Ces annulations représentent le plus gros problème rencontré par ANA avec ses Dreamliner depuis 2013, quand des incendies déclenchés par les batteries au lithium-ion avaient entrainé une immobilisation au sol de tous les 787 pendant plusieurs semaines. La compagnie japonaise avait déjà fait face à des problèmes (différents) de corrosion dans les Trent 1000 en 2012.

Environ 38% des 446 Dreamliner en service dans le monde sont équipés de Trent 1000 (par exemple chez British Airways, Ethiopian Airlines, Air New Zealand ou la société de leasing ILFC), les autres étant équipés de moteurs General Electric GEnx. ANA était compagnie de lancement du Dreamliner, et opère 50 des 83 exemplaires attendus.

http://www.air-journal.fr/2016-08-31-all-nippon-airways-trois-ans-pour-reparer-les-dreamliner-5168752.html

Commentaire(s)

  1. L’usage des 787 en vols intérieurs donne une idée de la fiabilite de ses moteurs car il démultiplie des décollages et atterrissages par rapport aux LC ….. et c’est pas rassurant du tout pour cet avion. Bel avion mais conçue a la va vite du fait de la pression stupides des financiers et bâcle dans sa conception et sa réalisation. C’est pas rassurant du tout !!!!

  2. juju
    Publié le 31 août 2016

    c’est « gérable » qu’il dit le Monsieur de chez RR … je ne suis pas certain que son « humour » soit apprécié de tous ?
    je ne suis absolument pas convaincu par ces explications …

  3. Clairement ces la faute à qui

  4. Publié le 31 août 2016

    Comme les 787 d’ANA ont des configurations bien différentes entre les vols intérieurs et le long courrier, que les incidents concernent un 787 à Kuala Lumpur et un autre à Narita où ANA a peu de vols intérieurs, on peut se demander si RR n’est pas un peu optimiste en déclarant que le problème est circonscrit à ANA et à une partie de sa flotte…

  5. Clairement c’est la faute à la pression des marchés. Pour présenter de bons chiffres aux actionnaires et aux investisseurs potentiels, Boeing devait être le premier à proposer un avion de nouvelle génération aux compagnies pour prendre l’avantage sur Airbus en termes de commandes et de livraisons d’avions. Du côté des équipementiers (motoristes entre autres), il fallait absolument être les premiers sur les appels d’offre à proposer un produit conforme au cahier des charges, pour être embarqués dans le projet et se garantir des années d’activités industrielles en remplissant considérablement les carnets de commandes. Donc effectivement, travail bâclé à tous les niveaux, pour tenir les calendriers de livraisons et éviter les pénalités commerciales infligées par les clients. C’est tout le système qui est pourri. Et en bout de chaîne, on se retrouve avec un avion bourré de défauts plus ou moins graves mais expédié « rapidement » au client! Une sorte de mauvais brouillon pour lequel on mettra au point quelques retrofits, quelques patches, au gré des accidents et incidents qui ne manqueront pas de se produire…

  6. kimi
    Publié le 31 août 2016

    Il faut s’attendre que des problèmes pareils apparaissent sur les a350

  7. Ok l’avion a des cycles cours, mais il en a pas fait assez pour justifier d’une mauvaise utilisation de l’avion qui impliquerai une corrosion.
    Le problème est le même sur les A330, certains les utilisent pour des cycles moyen de 10H d’autre de 3h et on rencontre des soucis avec les inverseurs qui sont sollicités aux atterrissages.
    L’utilisation que fait ANA de ses 787 ne justifie en rien le problème que rencontre ce moteur et il a fort a parier que les autres cies auront le meme probleme tot ou tard si c’est pas deja le cas !

  8. juju
    Publié le 31 août 2016

    « Frenchpilot83 » je suis du même avis .

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