Norwegian : un hub à Buenos Aires pour desservir Paris ?

air-journal_Norwegian 787-8 pilote PNC

La compagnie aérienne low cost Norwegian Air Shuttle veut créer une base à Buenos Aires pour y lancer entre autres des liaisons long-courrier vers l’Europe, y compris vers Paris.

Selon le fondateur et CEO de la spécialiste norvégienne du vol pas cher Bjorn Kjos, interrogé par Bloomberg lors de son passage en Argentine la semaine dernière, les premiers vols au départ de la capitale pourraient être lancés dans douze mois si les autorisations nécessaires sont accordées par les autorités locales. Deux Boeing 787 Dreamliner seraient initialement basés à Buenos Aires (le nom de l’aéroport n’est pas précisé) et 200 emplois créés, les liaisons transatlantiques de la filiale Norwegian Long Haul visant des villes comme « Oslo, Londres, Paris, Madrid et Barcelone ». Le dirigeant voit en l’Argentine un « joyau caché » avec le potentiel touristique « le plus grand jamais rencontré » mais des prix trop élevés pour attirer les touristes : « il faut des vols moins chers », affirme-t-il, estimant qu’un aller-retour depuis l’Europe pourrait être proposé à partir de 300 dollars, « un quart de ce que proposent actuellement les compagnies aériennes ». Et sur les vols intérieurs, un Buenos Aires – Cordoba devrait être proposé à environ 50 dollars.

L’aéroport de Buenos Aires-Ezeiza Ministro Pistarini dispose déjà de liaisons vers l’Europe, la compagnie nationale Aerolineas Argentinas desservant Barcelone, Madrid et Rome ; dans l’autre sens, il accueille les avions d’Air France depuis Paris, Air Europa depuis Madrid, Alitalia depuis Rome, British Airways depuis Londres-Heathrow, Iberia depuis Madrid, KLM depuis Amsterdam, Lufthansa depuis Francfort et Turkish Airlines depuis Istanbul. En Europe, Norwegian a des bases long-courrier à Londres-Gatwick, Paris-CDG depuis juillet dernier et Barcelone-El Prat (à partir de juin 2017), en plus de celles à Copenhague, Oslo, Stockholm et Bangkok. Et aux Etats-Unis, Bjorn Kjos veut malgré les tracas administratifs en cours ouvrir une base à Fort Lauderdale en Floride, qui emploierait « jusqu’à cent pilotes américains ».

En Argentine même, le patron de Norwegian estime que Cordoba où il se trouvait pourrait aussi accueillir une base pour les vols intérieurs, des discussions étant également en cours pour débarquer à Santiago du Chili ; en revanche, le Brésil l’intéresse moins.

Rappelons que Norwegian a commandé huit 787-8 (tous en service) et 30 787-9 (plus dix options, deux en service), chez Boeing et auprès de sociétés de leasing. Ils sont tous configurés en deux classes, avec 32 sièges en classe Premium et 259 en Economie pour les 787-8 et 35+309 pour les 787-9 ; sa flotte devrait compter 42 Dreamliner en 2020. Elle attend aussi 30 Airbus A321LR qui pourraient être utilisés sur des liaisons transatlantiques (livraisons à partir de 2019), tout comme selon Bjorn Kjos les 108 737 MAX 8 attendus à partir de l’année prochaine. En septembre, elle fêtait le 3-millionième passager transporté sur ses routes long-courriers depuis le lancement de cette activité en 2013.

http://www.air-journal.fr/2016-10-11-norwegian-un-hub-a-buenos-aires-pour-desservir-paris-5170833.html

Commentaire(s)

  1. Le lancement de Boston, Oakland (San Francisco), et le JFK CDG en quotidien seront annoncés quand puisque ces mêmes destinations sont disponibles à la vente depuis Londres, Barcelone et la Scandinavie pour l’été 2017, sauf Paris. Soit Norwegian devrait annoncer le positionnement de dreamliner supplémentaires de et vers Paris CDG, soit les lignes lancées cet été ne fonctionnent pas tant que cela mais ce serait étonnant compte tenu des précédents scandinave et britannique.

  2. Faut bien reconnaître... - 11 octobre 2016 à 8 h 14 min
    Faut bien reconnaître...

    Que des entrepreneurs du type de Mr. Los ont le savoir-flairer les opportunites:
    Aerolineas est ( de nouveau) en déconfiture après moult es péripéties commerciale-financières tant comme entreprise d’Etat, puis privee, puis de nouveau d’Etat…et le nouveau Président argentin lui supprime toute subvention pour 2017… Aerolineas a fermé de nombreuses escales en Europe et Amérique Nord depuis plus ou moins longtemps….Vu du côté argentin, à ce jour Aerolineas représente plus un gros probleme qu’une solution …et encore moins un espoir…
    Dans ces conditions, compte tenu de l’accord de service aerien franco-argentin, il y a une place vacante COTE ARGENTIN pour désigner une nouvelle compagnie ARGENTINE exploitant les droits argentins ( côte Francais, la donne est différente et à ce jour AF exploite l’ensemble des droits francais.)… Il y a donc fort à parier qu’en offrant de creer une filiale locale de droit argentin, de proposer des prix plus bas qu’aujourd’hui…et de ne pas demander d’aide financière au gouvernement argentin, Norvegian soit en bonne position pour négocier et obtenir ce qu’elle veut…Compte tenu du retrait de l’aide d’Etat a Aerolineas à compter de 2017, il y a de bonnes probabilités pour que cette dernière ferme de nouvelles escales en Europe…laissant la place libre à Norvegian…

  3. Tony

    Un « joyau caché », faut relativiser…Par contre plus de concurrence dans cette partie du monde au départ de l’Europe va pas faire de mal au porte monnaie !

    • +1
      La situation argentine est encore aujourd’hui plus que précaire. Et la visibilité économique n’y est qu’un vœux pieu!
      Les errements de la compagnie nationale sont réels, mais de là à lui mettre ostensiblement des bâtons dans les roues, il y a un risque politique important.
      Mais Norwegian et son PDG ont prouvé depuis quelques années leur ambition et leur opiniâtreté dans des situations largement plus compliquées…

  4. FlySSC

    « L’aeroport n’est pas précisé » dit l’article…. Lol ! Le mystère n’est pas bien grand : il n’y a que deux aeroports à Buenos Aires : Aeroparque en centre ville (AEP) pour les vols domestiques et locaux et Ezeiza (EZE) l’Aeroport internationnal… Devinez où ils vont s’installer ?
    Cela dit, des vols vers Paris, c’est plus un effet d’annonce mais c’est pas demain la veille : les droits de trafic entre la France et l’Argentine sont régis par un accord bilatéral (et non un accord de ciel ouvert) et pour l’instant, tous les droits pour les fréquences prévues par cet accord sont détenus par AF et AR, donc à moins que le gouvernement argentin retire les droits d’AR pour les donner à Norwegian, il faudra avant tout une renégociation de l’accord avant l’ouverture de toute nouvelle fréquence.

    • AR pourrait aussi « louer » ses droits à DY, lui assurant un revenu régulier sur une route qui ne l’intéresse visiblement pas, et ce sans le moindre coût.

      A 10 euros par passager sur un volume estimé à environ 50’000, ça fait tout de suite 1/2 million dans l’escarcelle, presque tombés du ciel.

      Ca se fait pas mal dans les pays où les droits sont très restrictifs, notamment en Afrique.

  5. A330-200

    Très bonne nouvelle Af va perdre le monopole et peut être revenir a des tarifs plus raisonnable Et des cabines non COI sur l Amérique latine.

  6. La ligne doit être renforcée peut-être mais Norwegian pourrait s’y casser les dents au départ de Paris en tous cas, ce n’est pas une destination Low Cost, c’est un vol très long sur lequel peu d’économies sont possibles (en dehors des éventuelles subventions et de l’emploi de pnc au rabais), avec une bonne part de clientèle affaire qui ne se satisferait pas de la « premium » en carton de Norwegian et qui poursuit souvent au delà du BUE. Je pense que seuls les vols au départ de l’Espagne peuvent drainer du monde sur ce modèle mais de là à parler de rentabilité…

Les commentaires sont fermés. Continuez la discussion sur le forum