Israël a proposé à Emirates d’assurer des vols directs entre Tel-Aviv et New York, ainsi que vers d’autres destinations internationales comme Bangkok. Cette initiative, encore à l’état de projet, pourrait rebattre les cartes du marché aérien régional et renforcer les liens issus des accords d’Abraham.
Selon la chaîne israélienne Channel 12, le ministère israélien des Transports a engagé des discussions avec des responsables d’Emirates pour offrir à la compagnie aérienne de Dubaï la possibilité d’opérer des vols directs Tel Aviv–New York et Tel Aviv–Bangkok. Il s’agirait de droits dits de septième liberté, permettant à Emirates d’acheminer des passagers entre Israël et des pays tiers sans passer par son hub de Dubaï.
Ce schéma va plus loin que les traditionnels droits de cinquième liberté, déjà utilisés par Emirates sur certaines liaisons internationales comme New York–Milan ou Newark–Athènes. « Cette formule permettrait à la compagnie émiratie d’opérer sans obligation de prolonger les vols vers Dubaï », souligne le média i24NEWS à propos de la proposition israélienne. Pour Israël, cette coopération s’inscrit dans la continuité des accords d’Abraham, qui ont déjà permis d’ouvrir des liaisons directes entre Tel-Aviv et les Émirats arabes unis (Dubaï et Abu Dhabi).
Contexte : offre réduite et tarifs élevés
Le projet intervient alors que plusieurs compagnies aériennes américaines ont suspendu leurs liaisons vers Tel Aviv depuis le début de la guerre ave le Hamas, puis avec l’Iran, ce qui a réduit l’offre transatlantique et fait grimper les prix entre Israël et les Etats-Unis. La connectivité transatlantique est aujourd’hui principalement assurée par des transporteurs israéliens comme El Al et Arkia, qui profitent d’un environnement concurrentiel limité pour vendre des billets d’avion à des tarifs élevés.
Avant l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, Emirates exploitait un programme dense entre Dubaï et Tel Aviv, à la faveur du rapprochement diplomatique entre les Emirats arabes unis et Israël, issu des accords d’Abraham en 2020. La compagnie de Dubaï a cependant suspendu ses vols vers Israël depuis plus de deux ans, alors que les compagnies émiraties Flydubai et Etihad ont maintenu leurs opérations.
De nombreux obstacles réglementaires
La mise en œuvre de ces vols reste toutefois très incertaine. D’une part, Israël devrait modifier sa législation aérienne pour autoriser des droits de septième liberté à une compagnie étrangère basée en dehors du pays. D’autre part, l’accord nécessiterait l’aval des autorités américaines, Washington n’ayant encore jamais accordé de droits de septième liberté passagers à un transporteur étranger.
Les compagnies aériennes israéliennes, déjà confrontées à une concurrence accrue sur certaines lignes, devraient par ailleurs tenter de peser sur le débat pour limiter l’entrée d’un acteur aussi puissant qu’Emirates sur le segment stratégique Tel Aviv–New York.
Cependant, si le projet aboutissait, Emirates pourrait baser avions et équipages à Tel Aviv-Ben Gourion et exploiter des vols long-courriers vers New York ou Bangkok, indépendamment de Dubaï. Cette nouvelle offre ouvrirait aux passagers israéliens et étrangers l’accès au produit long-courrier de la compagnie de Dubaï, réputé pour ses superjumbo Airbus A380 et ses services à bord.
Pour Emirates, l’initiative s’inscrirait dans une stratégie de diversification, alors que la demande de transit via les hubs du Golfe a été affectée par la conjoncture géopolitique et la hausse des coûts. Mais la compagnie de Dubaï ne s’est pas officiellement prononcée sur la proposition israélienne, et plusieurs analystes jugent qu’il s’agit davantage, à ce stade, d’un signal politique que d’un projet opérationnel imminent.

@AJ/DR
Nico9 a commenté :
24 mai 2026 - 8 h 14 min
J’espère que Emirates va refuser.
Il est temps que le monde mette Israël au banc de la civilisation !