Icelandair a finalisé, le 19 octobre 2026, l’acquisition de 49% de Fly Play Europe Holdco, dont la filiale détient un certificat de transporteur aérien maltais. D’un montant de 686 000 dollars, cette participation dans une structure issue de son ancienne concurrente PLAY doit lui apporter davantage de souplesse opérationnelle et ouvrir de nouvelles perspectives à l’international.

Une participation de 49%, pas un rachat de PLAY

Un peu plus d’un an après la disparition de PLAY, Icelandair reprend une partie de son héritage. Le groupe islandais a annoncé que « toutes les conditions suspensives de la transaction sont désormais remplies et l’opération a été finalisée », selon son communiqué du 19 octobre. L’accord d’acquisition avait été annoncé le 20 août, après une lettre d’intention signée le 1er avril 2026.

Les titres ont été acquis auprès de FPE hs., un fonds géré par Isafold Capital Partners. Les autres investisseurs conservent 51% du capital. Un pacte d’actionnaires et des accords de financement accompagnent l’opération, tandis qu’Icelandair bénéficie d’options pour augmenter ultérieurement sa participation. Leurs modalités détaillées ne sont pas publiques : les 49% acquis ne permettent donc pas, à eux seuls, de conclure à une prise de contrôle.

Le certificat maltais, véritable intérêt de l’opération

L’enjeu est avant tout opérationnel. Icelandair entre au capital de la holding Fly Play Europe Holdco ehf., et non directement dans celui du titulaire du certificat. Celui-ci demeure Fly Play Europe Limited, sa filiale maltaise, détentrice du certificat de transporteur aérien — CTA, ou AOC en anglais — sous la surveillance de Transport Malta. Il ne s’agit donc ni du rachat de la compagnie PLAY disparue ni d’un transfert de son certificat à Icelandair.

L’accès à cette structure doit permettre au groupe de diversifier ses revenus et de développer ses activités internationales. Dès avril, Icelandair évoquait notamment les vols charter, en faisant valoir l’étendue des accords de services aériens et des conventions de double imposition dont bénéficie Malte. Le schéma envisagé distinguait les avions affectés durablement au réseau régulier islandais des autres appareils susceptibles d’être exploités depuis Malte. Il ne constituait pas l’annonce d’un transfert général du réseau. « L’acquisition d’une participation dans une structure détenant un certificat de transporteur aérien maltais vise principalement à accroître la flexibilité opérationnelle, à renforcer la compétitivité d’Icelandair et à créer de nouvelles possibilités », expliquait son directeur général, Bogi Nils Bogason, dans le communiqué du 20 août, en réaffirmant l’objectif de soutenir le développement du hub de Keflavík.

Comment l’activité maltaise a survécu à PLAY

Concurrente d’Icelandair entre l’Europe et l’Amérique du Nord via l’Islande, PLAY avait créé son entité maltaise dans le cadre de sa restructuration. Celle-ci avait obtenu son CTA en mars 2025 ; quatre Airbus A321neo avaient été transférés sous ce certificat en juillet. La structure réalisait des vols pour sa maison mère et proposait des prestations charter et de location avec équipage, maintenance et assurance, dites ACMI.

PLAY a cessé ses opérations le 29 septembre 2025 et déposé le bilan. L’entité maltaise a toutefois survécu à sa maison mère et conservé son certificat, avant de passer sous le contrôle des créanciers. C’est cette continuité juridique et opérationnelle qui donne aujourd’hui son intérêt à l’investissement d’Icelandair. Le groupe prévoit un effet non significatif sur ses résultats et son bilan en 2026, mais y voit une occasion stratégique de long terme.

Icelandair s’offre un point d’appui à Malte dans les décombres de PLAY 1 Air Journal

©PLAY