Royal Air Maroc (RAM) prévoit de clôturer l’année 2026 avec 9,3 millions de passagers transportés et un chiffre d’affaires supérieur à 25 milliards de dirhams (environ 2,27 milliards d’euros), selon les prévisions de clôture présentées dans le projet de loi de finances marocain pour 2027. Ces prévisions s’inscrivent dans un programme d’expansion qui doit porter sa flotte à 200 avions à l’horizon 2037.
Cette perspective de croissance intervient toutefois dans un environnement qui reste sensible aux tensions internationales. Selon le même document, le chiffre d’affaires de RAM a progressé de 17%, à plus de 11 milliards de dirhams, soit environ 1 milliard d’euros, au terme des quatre premiers mois de 2026. Sur cette période, la compagnie nationale marocaine a néanmoins enregistré une perte nette de 71 millions de dirhams, soit environ 6,5 millions d’euros, attribuée notamment à l’impact des crises géopolitiques.
Une rentabilité déjà renforcée en 2025
Les prévisions pour 2026 font suite à une nette amélioration des résultats de la compagnie en 2025 : son chiffre d’affaires avait augmenté de 8%, à 21,53 milliards de dirhams (environ 1,96 milliard d’euros). Le résultat d’exploitation avait atteint 1,625 milliard de dirhams (environ 148 millions d’euros), en progression de 168%. Le bénéfice net s’était établi à 1,336 milliard de dirhams ( environ 122 millions d’euros), en hausse de 182%.
Ces performances ont été réalisées malgré une concurrence accrue et la montée en puissance des low cost au Maroc (easyJet, Ryanair, Transavia, etc.), souligne le rapport du projet de loi de finances. À l’échelle du groupe RAM, le résultat net consolidé avait atteint environ 2,1 milliards de dirhams (191 millions d’euros) en 2025, en hausse de 154% par rapport à 2024. Ce dernier montant couvre un périmètre plus large que celui de la seule compagnie aérienne.
Une offre estivale portée à 8,2 millions de sièges
Le développement de l’activité s’est traduit par un renforcement du programme de vols en 2026. En juillet, Royal Air Maroc avait annoncé près de 8,2 millions de sièges pour la saison estivale, soit 23% de plus qu’à l’été 2025. Ce dispositif devait desservir 86 destinations internationales, avec une flotte annoncée de 67 appareils.
« Le dispositif exceptionnel que nous déployons pour la saison estivale 2026 marque une étape majeure dans la trajectoire de développement de Royal Air Maroc », déclarait alors Hamid Addou, président-directeur général de RAM. Il mettait notamment en avant « des appareils plus récents, des correspondances optimisées et une attention constante portée au confort de nos passagers ».
L’Europe occupait une place centrale dans ce programme, avec 44 destinations et plus de 3 millions de sièges, en hausse de 22%. Le réseau africain devait bénéficier de plus de 1,8 million de sièges, soit une augmentation de 36%. RAM avait aussi prévu près de 1,2 million de sièges sur ses lignes intérieures, en progression de 18%.
Royal Air Maroc cherchait ainsi à répondre à plusieurs marchés : les déplacements des Marocains résidant à l’étranger, les voyages touristiques et les correspondances internationales via Casablanca. Elle avait notamment maintenu l’organisation de ses vols européens de nuit et africains de jour, instaurée à l’été 2025, afin de faciliter les connexions sur sa plateforme marocaine.
Un objectif de 200 avions et de 31,6 millions de passagers en 2037
La trajectoire de RAM repose sur le contrat-programme signé avec l’État marocain en 2023. Cet accord, qui couvre la période 2023-2037, prévoit de faire passer la flotte de 50 appareils au lancement du plan à 200 avions à son terme. Il comprend également l’ouverture de plus de 100 nouvelles destinations internationales et de 46 lignes domestiques.
À l’horizon 2037, la compagnie nationale marocaine vise 31,6 millions de passagers annuels et un chiffre d’affaires de 94 milliards de dirhams, soit environ 8,55 milliards d’euros au taux de conversion actuel. Le taux de remplissage cible est fixé à 82%. Ces ambitions doivent renforcer sa position sur le marché africain et accompagner le développement touristique du Maroc ainsi que l’organisation de grands événements sportifs internationaux.
L’expansion de Royal Air Maroc doit aussi s’appuyer sur les infrastructures aéroportuaires. Le rapport accompagnant le projet de loi de finances prévoit à Casablanca une capacité additionnelle de 20 millions de passagers, pour un investissement estimé à 15 milliards de dirhams, soit environ 1,36 milliard d’euros. La mise en service est attendue en 2029. Ce projet doit soutenir le développement des correspondances et préparer les échéances de 2030, notamment la Coupe du monde de football.

@Royal Air Maroc
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