Des drones ont frappé à deux reprises l’aéroport international de Koweït, endommageant son radar sans faire de victimes humaines, mais révélant la vulnérabilité d’une plateforme majeure du trafic aérien régional dans un Golfe déjà placé sous haute tension.

Le 14 mars au soir, plusieurs drones ont visé l’aéroport international de Koweït et ont touché le système radar de la plateforme, a indiqué l’Autorité publique de l’aviation civile (DGCA). «L’aéroport international de Koweït a été visé ce soir par plusieurs drones, qui ont endommagé le système radar de la plateforme », a indiqué le porte-parole de la DGCA, Abdullah Al‑Rajhi, dans un communiqué diffusé par l’agence officielle KUNA et sur les réseaux sociaux, en précisant qu’aucun blessé n’était à déplorer. Cette attaque intervient alors que l’aéroport avait déjà été touché quelques jours plus tôt, le jeudi 12 mars, par plusieurs drones, causant des dégâts matériels mais sans victimes, selon la même agence KUNA.  Les autorités koweïtiennes insistent sur le fait que chaque incident a été géré conformément au plan d’urgence activé «depuis le début de la crise », en coordination avec l’ensemble des autorités concernées.

Un radar d’aéroport, maillon vital du contrôle aérien

Le radar de l’aéroport – en pratique un ensemble de radars primaires et secondaires, éventuellement complétés par des capteurs de surveillance dépendante automatique (ADS‑B) – est au cœur de la gestion du trafic dans l’espace terminal de Koweït. Sa mission est de fournir aux contrôleurs aériens une image en temps réel des arrivées, départs et survols, avec des informations d’identification, d’altitude et de vitesse, indispensables pour maintenir les séparations entre aéronefs et organiser les flux.

Lorsque ce système est dégradé ou mis hors service, les options sont limitées: réduction drastique des capacités, mise en œuvre de procédures de secours (radars redondants, données de capteurs distants, procédures non radar) ou, dans les cas extrêmes, suspension totale des mouvements commerciaux. Dans le Golfe, certaines structures de contrôle peuvent s’appuyer sur des radars militaires ou régionaux pour restaurer partiellement une image de la circulation, mais au prix de marges de sécurité accrues et d’une baisse de débit significative.

Impact opérationnel: continuité, dégradé et perception du risque

Les autorités koweïtiennes n’ont pas détaillé l’ampleur exacte des dommages au système radar ni la durée d’éventuelles perturbations, se bornant à indiquer que « la situation a été gérée selon le plan d’urgence en place ». Les attaques du 12 puis du 14 mars s’inscrivent dans un contexte où l’espace aérien du Golfe est déjà sous pression, plusieurs pays de la région ayant dû intercepter ou subir des salves de missiles et de drones liés à l’affrontement entre les États‑Unis, Israël et l’Iran.
Selon le ministère koweïtien de la Défense, les forces armées ont détecté au total 14 drones hostiles en 24 heures, huit ayant été détruits par la défense aérienne, d’autres s’étant écrasés hors zone de menace. Les autorités koweïtiennes promettent de prendre « toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder la sécurité et la sûreté de l’aviation civile », selon le porte‑parole Abdullah Al‑Rajhi.

À Koweït, des drones frappent le radar de l’aéroport international sans faire de victimes 1 Air Journal

©Kuwait Airways