S’il y a bien une région du monde dont la popularité ne cesse de croître chez les voyageurs, en particulier les jeunes Européens adeptes du « backpacking », c’est bien l’Asie du Sud-Est. Au milieu de deux poids lourds du tourisme asiatique que sont la Thaïlande et le Vietnam, un pays plus discret, au charme encore préservé, cherche lui aussi à profiter de cet essor : le Laos.
Petit démographiquement (environ 8 millions d’habitants en 2025-2026), mais presque aussi vaste que le Royaume-Uni (236 800 km² contre 243 610 km²), l’ancien protectorat de l’Indochine française tente de se faire une place parmi les destinations en Asie du du Sud-Est. Son histoire tumultueuse, marquée par la guerre du Vietnam qui l’a profondément touché, puis par l’exil forcé d’une partie importante de sa population (notamment chez les Hmong, avec un impact estimé à plus de 10 % de la population totale dans les années suivant 1975) lors de l’arrivée au pouvoir des communistes, a longtemps maintenu le Laos dans une forme d’isolement. Pendant des années, il est resté fermé et largement méconnu du reste du monde.
Une ouverture progressive au tourisme
Ce n’est qu’au début des années 1990 que le pays communiste commence à s’ouvrir au tourisme. Les réformes engagées par le régime permettent une ouverture progressive et, à partir des années 2000, le Laos accueille entre 1 et 2 millions de visiteurs par an, majoritairement venus des pays voisins.
En 2025, ils sont près de 4,58 millions (4 580 709 précisément, en hausse de 11 % et dépassant l’objectif gouvernemental de 4,3 millions). Le gouvernement ambitionne d’atteindre 22 millions de visiteurs internationaux à l’horizon 2030 (dans le cadre d’un plan global visant plus de 43 millions de touristes au total, internationaux et domestiques). Un objectif ambitieux, mais crédible, tant le pays s’est modernisé ces dernières années, notamment sur le plan des infrastructures.
Précautions et conseils pour un premier voyage
Pour un premier voyage, certaines précautions restent toutefois nécessaires. Le Laos n’est pas toujours la destination la plus simple pour débuter en Asie. La pauvreté peut être marquante dans certaines régions, et les infrastructures restent inégales. Il est notamment déconseillé de louer une moto pour explorer les zones montagneuses sans expérience préalable. Le recours à un séjour organisé, avec un guide local, peut alors s’avérer particulièrement utile pour profiter pleinement du séjour en toute sécurité.
Pour faciliter l’organisation et limiter ces contraintes, de nombreuses agences françaises proposent des voyages organisés de qualité. Par exemple, Comptoir des Voyages, spécialiste des séjours sur mesure, offre plusieurs circuits personnalisables au Laos, tels que « Des temples aux 4000 îles » (14 jours/12 nuits à partir de 3000 euros) ou « Éloge de la tranquillité » (15 jours/12 nuits à partir de 3300 euros), avec des options en liberté ou accompagnées, axées sur l’immersion culturelle et les grands sites du pays. Deux autres voyagistes français reconnus pour leur expertise du Laos sont Asia, qui conçoit des voyages organisés ou sur mesure, et Terres Lointaines, qui propose des circuits en petit groupe ou individuels en immersion culturelle.
Le Laos sort de l’enclavement
Une ligne de chemin de fer relie désormais Vientiane à Kunming, dans la province chinoise du Yunnan (Laos-Chine Railway, inaugurée en 2021 et pleinement opérationnelle). Entièrement financée par Pékin dans le cadre des Nouvelles Routes de la Soie, elle interroge certains observateurs quant à la dépendance croissante du Laos vis-à-vis de son puissant voisin.
Une autre ligne ferroviaire majeure reliant Bangkok à Nong Khai (puis potentiellement Vientiane) est en cours de développement côté thaïlandais ; la section Nong Khai-Vientiane devrait voir son achèvement autour de 2028, facilitant encore davantage les déplacements dans la région. Le Laos, longtemps enclavé, s’inscrit progressivement dans les grands flux transfrontaliers du continent.
Accès aérien et liaisons internationales
Le transport aérien suit la même dynamique. L’aéroport international Vientiane-Wattay est aujourd’hui relié à de nombreuses destinations en Asie, avec une forte présence de dessertes chinoises. Il est connecté aux principaux hubs régionaux : Bangkok (plusieurs vols quotidiens avec Thai Airways, Lao Airlines et Thai AirAsia), Singapour (liaisons avec Scoot), Hanoi et Ho Chi Minh-Ville (liaisons opérées par Vietnam Airlines et VietJet) ou encore Kuala Lumpur (vols avec AirAsia).
Pour un voyageur français au départ de Paris-CDG, l’itinéraire le plus simple reste souvent de passer par Bangkok avec Thai Airways, avec un trajet total d’environ 18 heures depuis Paris (vol direct Paris-Bangkok + correspondance pour Vientiane). Il est également possible de se rendre au Laos via Hanoi ou Ho Chi Minh-Ville avec Vietnam Airlines, qui propose des liaisons régulières depuis ces deux grandes villes vietnamiennes. De nombreux voyageurs choisissent d’ailleurs de combiner deux pays lors d’un même séjour, que ce soit Thaïlande + Laos ou Vietnam + Laos, grâce à ces connexions aériennes faciles et rapides.
Liens culturels persistants avec la France
Les liens culturels entre la France et le Laos restent par ailleurs bien présents. L’influence francophone demeure visible, que ce soit dans l’architecture coloniale de Vientiane et Luang Prabang, dans certaines habitudes culinaires ou dans la langue (le français est encore enseigné et utilisé dans certains contextes). On retrouve ainsi des produits hérités de l’époque de l’Indochine, réinterprétés localement : baguettes (khao jee), pâté, café, vin ou pâtisseries.
L’atmosphère unique du Laos : calme et authenticité
Mais ce qui attire surtout les visiteurs, c’est l’atmosphère unique du pays. Le Laos se distingue par son calme et son authenticité. Les rives du Mékong, les montagnes verdoyantes et les villages paisibles offrent un cadre propice à un tourisme lent, loin de l’agitation. Contrairement à d’autres destinations d’Asie du Sud-Est, le tourisme de masse y reste encore limité. Cette tranquillité séduit de plus en plus de voyageurs en quête d’expériences plus authentiques.
La dimension spirituelle joue également un rôle central. Le bouddhisme rythme la vie quotidienne et marque profondément les visiteurs. Dans les villages comme dans les villes, il est courant de croiser des moines en robe safran, participant à une atmosphère de sérénité rare. Observer leurs rituels, avec respect et discrétion, offre une véritable immersion culturelle.
Luang Prabang : le joyau touristique du Laos
À Luang Prabang, véritable cœur touristique du pays, cette expérience atteint son apogée. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, la ville séduit par son mélange d’architecture coloniale et de temples bouddhistes.
Le soir, son marché de nuit anime les rues et propose une cuisine locale à des prix très accessibles : une brochette de porc (ping moo) coûte généralement autour de 1-2 euros (selon la taille et le lieu), un riz gluant environ 0,5-1 euro, une salade de papaye (tam mak hung) autour de 1-2 euros, et un sandwich khao jee (baguette garnie) environ 1-2 euros. L’hébergement reste également très abordable, avec des chambres en guesthouse ou auberge autour de 6-15 euros la nuit (dortoirs encore moins chers). Les déplacements en tuk-tuk coûtent généralement autour de 1-3 euros pour un trajet court en ville (à négocier).

@AJ/DR
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