Israël a rouvert dans la nuit de mercredi à jeudi l’intégralité de son espace aérien et remettre en service normal l’aéroport international Ben Gourion, à Tel-Aviv, tournant ainsi la page de plus d’un mois de fortes restrictions instaurées lors de la confrontation directe avec l’Iran.

Cette reprise marque une étape clé pour le transport aérien israélien, même si le retour des compagnies étrangères s’annonce graduel et étroitement dépendant des évaluations sécuritaires nationales et des autorités de l’aviation civile des États d’origine.

Ben Gourion rouvre pleinement après le cessez-le-feu

Selon le ministère des Transports, Ben Gourion est revenu à des opérations « normales » à partir de minuit, dans la foulée du cessez-le-feu conclu entre les États‑Unis, Israël et l’Iran. L’Autorité des aéroports d’Israël et l’Autorité de l’aviation civile travaillent de concert pour rétablir la pleine capacité de la plate‑forme, y compris la réouverture des boutiques duty‑free et de l’ensemble des services de terminal.

Des notifications officielles ont été envoyées aux compagnies étrangères et aux principaux régulateurs internationaux pour les informer de la levée des restrictions et du retour à un régime de vols commerciaux réguliers sur Tel‑Aviv. Les autorités israéliennes insistent toutefois sur le fait que cette normalisation reste conditionnée aux « instructions des autorités de sécurité » et pourra être ajustée si la situation régionale se dégrade à nouveau.

Un réseau domestique remis sous tension

La reprise ne se limite pas à Ben Gourion : les aérodromes secondaires doivent également redémarrer, afin de reconstituer progressivement le maillage intérieur. Herzliya, au nord de Tel‑Aviv, devait rouvrir aux opérations dès ce jeudi matin, tandis que l’aéroport Ramon, près d’Eilat dans le sud du pays, accueillera à nouveau des vols à partir de dimanche.

Pour Haïfa, en revanche, le gouvernement temporise : la décision de réactiver la plate‑forme du nord ne sera prise qu’en fin de semaine, au vu d’une nouvelle évaluation sécuritaire, Israël rappelant que le cessez‑le‑feu avec l’Iran ne s’applique pas au Liban. Cette prudence traduit la volonté de redonner de la capacité au système aérien tout en tenant compte de la vulnérabilité particulière du front nord, déjà mise en évidence lors des fermetures d’espace aérien décidées fin février.

Du pont aérien au retour des vols commerciaux

L’espace aérien israélien est fermé à la plupart des transporteurs étrangers depuis le 28 février, date des frappes israéliennes et américaines contre l’Iran, ce qui a entraîné la suspension quasi totale des vols de compagnies non israéliennes vers Tel‑Aviv. Au début du mois de mars, Ben Gourion n’avait rouvert que partiellement, pour un nombre limité de vols entrants et sortants opérés par El Al, Arkia, Israir et Air Haifa, essentiellement dédiés au rapatriement des Israéliens bloqués à l’étranger et à l’évacuation des voyageurs coincés dans le pays.

Selon l’Autorité des aéroports, quelque 15 000 Israéliens ont ainsi pu rentrer sur environ 90 vols de rapatriement depuis cette réouverture partielle, assurant un véritable « pont aérien » en pleine crise. Cette phase d’urgence touche désormais à sa fin, le réseau passant progressivement d’un schéma de vols ad hoc à des programmes commerciaux réguliers, avec la remise en vente de sièges au public une fois les passagers lésés reprogrammés.

Les compagnies israéliennes en première ligne

Les transporteurs nationaux sont les premiers à profiter de l’allègement des restrictions, avec un redéploiement coordonné avec le ministère des Transports et les régulateurs. Arkia prévoit de relancer des vols vers Athènes, Larnaca, Rome, Vienne, Londres, Amsterdam, Paris, Bangkok, New York et Budapest, en donnant priorité aux clients dont les vols ont été annulés pendant le conflit, et vise un retour complet de ses opérations d’ici au 3 mai.

Israir annonce un faisceau de destinations régionales et européennes comprenant Athènes, Larnaca, Budapest, Tbilissi, Batoumi, Rome, Berlin et Rhodes, là encore dans le cadre d’une montée en puissance progressive. La capacité sera ajustée en fonction des lignes, avec un accroissement des fréquences et des coefficients de remplissage, sous réserve des limites opérationnelles dictées par les autorités.

El Al monte en puissance, avec prudence

Compagnie de référence du pays, El Al se prépare à un retour à un programme « régulier », en multipliant graduellement les fréquences et les dessertes. À partir de la semaine prochaine, la compagnie prévoit d’étendre son réseau depuis huit aéroports de départ à environ trente destinations, combinant routes européennes, méditerranéennes et long‑courriers.

La liste annoncée comprend Athènes, Amsterdam, Barcelone, Paris, Berlin, Budapest, Batoumi, Tbilissi, Rome, Francfort, Munich, Larnaca, Lisbonne, Madrid, Moscou, Milan, Bucarest, Prague, Vienne, Varsovie, Zurich et Londres. Sur le long‑courrier, El Al projette de desservir Bangkok, Phuket, Tokyo, New York, Los Angeles et Miami, poursuivant ainsi le repositionnement de sa flotte gros‑porteur sur les marchés à forte demande vers et depuis Israël.

« En raison de la complexité opérationnelle et de la réorganisation des programmes, le retour à une routine ne peut pas se faire d’un seul coup », prévient la compagnie, qui anticipe encore des modifications ou annulations ponctuelles dans les prochaines semaines. El Al indique qu’elle contactera en priorité les clients dont les vols ont été annulés pendant la période de guerre afin de vérifier la validité de leurs projets de voyage et de les replacer avant d’ouvrir les sièges restants à la vente.

Un retour des compagnies étrangères à géométrie variable

Si les autorités israéliennes ont adressé aux grandes agences de sécurité aérienne et aux transporteurs internationaux une notification formelle sur le retour à un régime normal à Ben Gourion, le calendrier de reprise des vols étrangers reste incertain. L’Autorité des aéroports estime que la reprise sera « graduelle », chaque compagnie devant obtenir l’aval de son propre régulateur avant de rouvrir ses lignes et de redéployer avions et équipages vers Tel‑Aviv.

Israël : l’aéroport de Ben Gourion rouvre pleinement après le cessez‑le‑feu avec l’Iran  1 Air Journal

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