Le syndicat chrétien belge ACV Puls a déposé, mardi 1er septembre, un préavis de grève chez Brussels Airlines. En cause : le retour à une planification « standard » des équipages sur la liaison Bruxelles–Tel-Aviv, après une phase de reprise assurée avec du personnel volontaire.
La compagnie estime que les conditions de sûreté permettent de poursuivre l’exploitation ; le syndicat juge, lui, que les salariés doivent conserver la possibilité de refuser une affectation vers Israël.
Brussels Airlines et ACV Puls en désaccord sur les vols vers Tel-Aviv
La reprise des vols commerciaux vers Tel-Aviv ravive les tensions sociales chez Brussels Airlines. Le syndicat chrétien ACV Puls a annoncé avoir déposé un préavis de grève, effectif depuis mardi 1er septembre, après la décision de la compagnie belge d’affecter des personnels à cette desserte autrement que sur la seule base du volontariat. Selon l’organisation syndicale, Brussels Airlines s’écarterait ainsi d’engagements pris avec les représentants du personnel lors des précédentes interruptions de la ligne. « La compagnie aérienne rompt ainsi les accords passés avec les syndicats, qui stipulaient que seuls des volontaires seraient sollicités », affirme ACV Puls dans son communiqué.
Le conflit ne porte donc pas directement sur l’existence de la liaison Bruxelles–Tel-Aviv, mais sur les conditions d’affectation des équipages — pilotes et personnels navigants commerciaux — dans un contexte régional toujours exposé aux évolutions militaires et sécuritaires.
Une reprise d’abord opérée par des volontaires
Brussels Airlines avait repris progressivement ses opérations vers Tel-Aviv à partir du mois d’août, après une suspension intervenue fin février à la suite de l’escalade régionale impliquant Israël, l’Iran et les États-Unis. Dans un premier temps, la compagnie prévoyait un aller-retour hebdomadaire, le mercredi, entre Bruxelles-Zaventem et l’aéroport Ben Gourion. Le groupe Lufthansa, propriétaire de Brussels Airlines, avait alors suspendu les vols de l’ensemble de ses compagnies vers Israël pour des raisons de sécurité.
La direction de Brussels Airlines souligne que les premiers vols de reprise ont été réalisés avec des équipages volontaires. Elle considère désormais que cette phase initiale s’est déroulée sans incident et qu’un retour aux règles habituelles d’élaboration des tableaux de service est possible. « Maintenant que ces vols ont repris avec succès, nous pouvons revenir à la procédure standard pour l’élaboration des horaires de service », explique la compagnie, citée par la presse belge. Brussels Airlines ajoute suivre de près la situation locale et se réserve la possibilité d’adapter ses procédures si les circonstances l’exigent. « La sécurité reste toujours notre priorité absolue », assure-t-elle.
Le syndicat conteste l’évaluation du risque
ACV Puls estime au contraire qu’une desserte vers Tel-Aviv ne peut être considérée comme une destination ordinaire tant que le contexte sécuritaire demeure instable. Sa représentante, Jolinde Defieuw, évoque des inquiétudes parmi les salariés sur les plans physique, psychologique et éthique. « Le manque de volontaires ne justifie pas que l’on contraigne les travailleurs. Quiconque a de sérieuses objections d’ordre sécuritaire ou de conscience doit pouvoir refuser ces vols sans subir de conséquences financières, professionnelles ou disciplinaires », déclare-t-elle, selon le syndicat.
L’organisation rappelle également qu’un épisode antérieur avait vu un missile frapper l’enceinte de l’aéroport Ben Gourion peu avant l’horaire programmé d’un vol. ACV Puls estime en outre que les recommandations belges aux voyageurs — qui continuent de déconseiller les déplacements non essentiels vers Israël et Jérusalem, selon le syndicat — sont difficilement conciliables avec l’idée d’une affectation imposée pour les équipages. « Si les Affaires étrangères déconseillent les voyages non essentiels, Brussels Airlines ne peut pas faire comme si Tel-Aviv était une destination de travail ordinaire », estime Jolinde Defieuw.

Kyle a commenté :
3 septembre 2026 - 4 h 29 min
J’aimerai bien que le syndicat explicite un peu plus les notions de “ethique” et “objection de conscience” à travailler sur un vol vers Tel Aviv.
Il me semble que Brussels Airlines a beaucoup de destinations où ces notions pourraient être évoquées, comme la quasi totalité des compagnies aériennes d’ailleurs.
Quand à la situation sécuritaire, hors periode de crise aigue je ne vois pas le problème, les opérations se déroulent normalement.
Si pour Dubai on pourrait m’objecter le manque d’aéroports de déroutements “sûrs” à proximité justifiant une prudence, Chypre avec Larnaca LCA est un parfait point de deroutement / attente / point de décision très proche de TLV.
Quand aux dangers dans le ciel, de qui cela provient ? Des amis d’un célèbre passager d’Air France de 1979, qui a voyagé en vol privé par Boeing 747 payé par le contribuable français.
PS : on me dit dans l’oreillette que les amis de ce passagers ont une notion un peu différente des libertés syndicales et du droit de manifester des notres. Curieux de connaitre la position dudit syndicat.
HJDB a commenté :
6 septembre 2026 - 20 h 11 min
Non Monsieur ce n’est pas le contribuable Français qui a payé.
Le B747 d’Air France a été loué à l’entourage de l’ayatollah Khomeini (via son comité d’organisation de la révolution), avec l’autorisation et l’appui logistique directs du gouvernement Français.
L’appareil a été mis à disposition à la suite d’un accord politique.
C’est le président Valéry Giscard d’Estaing et son gouvernement qui ont donné le feu vert politique indispensable à la compagnie nationale Air France pour bloquer un B 747 et organiser ce vol très risqué.
L’avion n’a pas été offert gratuitement par la France. Ce sont les partisans et les financiers de la révolution islamique (le futur « comité d’accueil de l’Imam ») qui ont officiellement payé la location de l’appareil.
Pour couvrir une grande partie des coûts financiers très élevés du vol et s’assurer une protection médiatique, l’entourage de Khomeini a commercialisé la moitié des places de l’avion à des médias et journalistes du monde entier, qui ont payé leur billet au prix fort.
Vos remarques prouvent que vous ne vous êtes jamais trouvé dans ce type de circonstances. Je me rappelle d’un décollage dans l’obscurité la plus totale afin de garder un semblant de sécurité et de ne pas se faire aligner comme des lapins, pas de feux à éclats, pas d’anticol, pas d’éclairage flag, pas de phares et pas d’éclairage cabine.
Enfin pour illustrer mon propos sur le fait qu’il soit normal de ne faire ce types de vol que sur volontariat et sur le fait que ce type de destination ne présente pas plus de danger qu’une autre je voudrai vous rappeler le vol BA 149 LONDRES/KOWET/MADRAS/KUALA le 02 aout 1990 l’équipage fut transféré comme bouclier humain sur des sites irakiens et n’est rentré que plus de trois mois plus tard avec de lourds traumatismes.
Là non plus rien de dangereux, il s’en trouve des terrains de déroutements.
Les professionnels du transport aériens savent ce que cela veut dire de se rendre sur certaines destinations dangereuses. A/R CDG/BEY/CDG avec deux équipages afin de ne pas découcher sur place.
Dans ce même contexte, les vols sur Jeddha et Ryad se faisaient déjà sur volontariat, on nous demandait pour les volontaires d’être présent 3 heures avant le départ du vol de subir une injection de gammaglobuline nous n’avions aucun équipement spécifique à bord du type NBC ou autre.
Alors oui il est du devoir de ce syndicat de protéger les PNC. Il est dans son rôle.
De plus ,je vous rappel les recommandations des autorités Belges qui déconseilles les déplacements non essentiels vers Israel et Jérusalem
D’ailleurs en France le Code des Transports interdit l’engagement d’équipages civil en zone de guerre.
Article L6523-9
VERSION EN VIGUEUR DEPUIS LE 01 DÉCEMBRE 2010
Création Ordonnance n° 2010-1307 du 28 octobre 2010 – art. Annexe
Sauf s’il s’agit d’assurer un service public, les navigants et le personnel complémentaire de bord ne peuvent être assignés à un travail aérien en zone d’hostilités civiles et militaires que s’ils sont volontaires. Un contrat particulier fixe alors les conditions spéciales de travail et couvre expressément, en dehors des risques habituels, les risques particuliers dus aux conditions d’emploi.
La desserte par AF n’est pas un service publique.
Leo a commenté :
3 septembre 2026 - 22 h 57 min
Perso, même en temps normal, je refuse Tel Aviv….. Certain(e)s dans l’aviation comprendront pourquoi 🙂