Lufthansa demande aux équipages de certains vols à destination de Francfort d’embarquer davantage de carburant avant leur départ, afin de limiter les ravitaillements dans son principal hub. Cette précaution répond à une réduction des capacités d’approvisionnement par pipeline. Aucune annulation n’est attendue à ce stade, tandis qu’à Zurich, les autorités suisses ont autorisé un recours aux réserves obligatoires de kérosène.
Francfort : Lufthansa anticipe, Fraport rassure
Faire le plein ailleurs pour soulager Francfort : Lufthansa a confirmé, jeudi 15 octobre, avoir renforcé l’emport de carburant sur certaines liaisons desservant le premier aéroport allemand. En cause, notamment, une capacité réduite du pipeline qui contribue à son approvisionnement en kérosène, en raison de travaux de maintenance. « Il s’agit d’une mesure purement préventive », a déclaré une porte-parole de Lufthansa, citée par Tagesschau. La compagnie n’attend pas d’annulations liées à cette situation. Selon la même source, les dispositions prises produisent déjà leurs effets et Lufthansa espère pouvoir les lever dans un avenir proche, sans avancer de date.
L’exploitant aéroportuaire Fraport se veut également rassurant. Il souligne que cette maintenance périodique était prévue et que les autres voies d’approvisionnement, associées à d’importantes capacités de stockage, doivent permettre d’éviter une rupture. « La capacité opérationnelle de l’aéroport n’est donc pas affectée », affirme Fraport.
Le « tankering » pour réduire les besoins à l’arrivée
Le dispositif repose sur le tankering : un avion emporte au départ davantage de carburant que nécessaire pour le seul trajet vers Francfort, afin de réduire, voire d’éviter, son ravitaillement avant le vol suivant. Selon les consignes internes rapportées par Bild et reprises par Reuters, la mesure concerne surtout les liaisons court-courriers, mais s’étend aussi à certains vols long-courriers.
Pour les appareils de la famille Airbus A320, Bild évoque un plafond de huit tonnes de carburant supplémentaire, destiné à préserver la possibilité de remorquer les avions au sol. Il s’agit bien d’une limite rapportée pour cette consigne opérationnelle, et non d’une capacité maximale des réservoirs. La préparation des vols doit également éviter que la masse supplémentaire ne réduise l’emport de passagers ou de fret, précise Tagesschau. À la maintenance du pipeline s’ajouterait un autre facteur de tension : le faible niveau du Rhin. Selon Bild cette fois, les contraintes de chargement des bateaux-citernes compliquent les livraisons fluviales. Fraport maintient toutefois que les solutions alternatives permettent de préserver l’exploitation.
À Zurich, jusqu’à 30 millions de litres débloqués
En Suisse, les difficultés d’approvisionnement ont conduit à une réponse distincte. Le 15 octobre, la Confédération a autorisé le prélèvement de jusqu’à 30 000 m³ de kérosène, soit 30 millions de litres, dans les réserves obligatoires. Cette autorisation court jusqu’au 1er novembre inclus et représente 6,5% des réserves obligatoires de kérosène alors disponibles dans le pays.
Le problème tient ici aux suppressions et aux retards importants du fret ferroviaire, notamment sur les lignes en provenance d’Allemagne. Le bas niveau du Rhin aggrave indirectement la situation : d’autres marchandises ont été reportées du fleuve vers un réseau ferré déjà très sollicité, empêchant de compenser à temps les livraisons manquantes. « Sans mesures supplémentaires, les stocks disponibles à l’aéroport de Zurich ne suffiront pas à combler les livraisons manquantes », explique la Confédération dans son communiqué. À Francfort comme à Zurich, l’enjeu est donc de sécuriser l’approvisionnement avant que les difficultés d’acheminement ne se répercutent sur les programmes de vols, avec deux réponses différentes : déplacer une partie des ravitaillements, ou mobiliser les stocks de réserve.

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