Wizz Air discute avec des aéroports européens pour récupérer des créneaux horaires qui pourraient être libérés par des compagnies aériennes menacées de faillite. La low cost hongroise veut renforcer ses marchés en Europe, notamment face à Ryanair. Elle ajuste toutefois son propre programme hivernal, avec des suspensions de lignes et des réductions de fréquences dans les Balkans, sur fond de hausse du carburant.
Des discussions pour anticiper d’éventuelles défaillances
Owain Jones, directeur des affaires institutionnelles de Wizz Air, a confirmé ces discussions le 13 octobre, en marge du World Aviation Festival à Lisbonne. « Nous négocions en permanence des accords avec les aéroports. Cela fait partie de notre activité », a-t-il déclaré à Reuters. Le prix élevé du kérosène et l’incertitude géopolitique pourraient entraîner des défaillances parmi les compagnies aériennes les plus fragiles, particulièrement pendant l’hiver. Des liaisons et des créneaux horaires deviendraient alors disponibles pour leurs concurrentes.
Les propos d’Owain Jones portent cependant sur des discussions et des possibilités de développement, pas sur des reprises de créneaux déjà conclues. Aucun aéroport ni accord précis n’a été annoncé par le dirigeant de Wizz Air.
Une rivalité avec Ryanair en Europe centrale et orientale
Cette démarche rejoint celle de Ryanair. Son directeur général, Michael O’Leary, avait indiqué fin septembre que la low cost irlandaise échangeait elle aussi avec des aéroports pour profiter d’éventuels retraits de compagnies concurrentes. « Michael O’Leary aime penser qu’ils sont les seuls à le faire », a commenté Owain Jones.
La concurrence entre les deux low cost reste particulièrement vive en Europe centrale et orientale. Cette région demeure le cœur de marché de Wizz Air, qui examine également des possibilités de croissance sur d’autres marchés européens jugés rentables. « Nous avons réduit nos opérations au Moyen-Orient et nous avons dit que nous voulions renforcer nos bastions », a expliqué Owain Jones. Le dirigeant a également évoqué une nouvelle expansion en Italie et l’ouverture de bases en Espagne dans les prochaines semaines, sans toutefois détailler les implantations concernées.
Un programme hivernal néanmoins revu à la baisse
Cette recherche de croissance ciblée s’accompagne d’une réduction des capacités initialement programmées pour l’hiver 2026-2027. Selon le site EX-YU Aviation News, Wizz Air a abaissé d’au moins 5% son offre précédemment prévue. Il s’agit d’un ajustement par rapport au programme annoncé, et non nécessairement d’une baisse équivalente par rapport à l’hiver précédent.
À Belgrade, la liaison vers Madrid doit être suspendue du 8 janvier au 29 mars 2027, après trois vols hebdomadaires en novembre et décembre. Des réductions de fréquences sont également prévues, principalement entre janvier et mars, vers Dortmund, Paris-Beauvais, Bergame et Barcelone. La ligne Belgrade–Friedrichshafen doit, pour sa part, être arrêtée à la fin de la saison estivale.
À Skopje, les vols vers Larnaca seront suspendus pendant l’hiver après une dernière rotation le 23 octobre. Leur reprise est programmée le 31 mars 2027. Plusieurs autres destinations doivent perdre une à deux fréquences hebdomadaires. Wizz Air ne desservira plus non plus Lyon depuis la capitale nord-macédonienne, cette liaison ayant été supprimée.
Des ouvertures maintenues, mais moins de fréquences
À Pristina, les nouvelles lignes annoncées pour décembre ne sont pas toutes abandonnées, mais leur programme est allégé. Hahn, Hambourg et Malmö doivent être desservis deux fois par semaine au lieu des quatre rotations initialement prévues. Berlin passe de trois à deux vols hebdomadaires. À Tuzla, la desserte de Larnaca est également suspendue pour l’hiver, avec une reprise annoncée le 30 mars.
Ces ajustements sont liés directement à la hausse des coûts d’exploitation, notamment du carburant, et aux incertitudes pesant sur le secteur. Wizz Air cherche ainsi à protéger ses recettes et à améliorer sa performance financière en réaffectant ses capacités.
La low cost hongroise poursuit donc deux objectifs en parallèle : limiter son exposition sur certaines lignes pendant les mois les plus creux et se tenir prête à renforcer ses positions là où des concurrents pourraient se retirer. Les discussions avec les aéroports ne signifient pas une expansion uniforme de son réseau, mais une recherche de croissance plus sélective.

@Aéroport Paris-Beauvais
Aucun commentaire !