La Grèce confirme son statut de destination phare des vacanciers européens, avec une fréquentation et des recettes touristiques en hausse en 2025, portée par des séjours plus longs et des dépenses élevées par voyageur. Malgré une pénurie de main-d’œuvre et les tensions liées au surtourisme, le pays tente de mieux réguler les flux de voyageurs.

« Les données dont nous disposons montrent que 2025 s’annonce comme une nouvelle année record pour le tourisme en Grèce », a déclaré la ministre du Tourisme Olga Kefalogianni, en rappelant le rôle central du secteur dans l’économie nationale. Le nombre de visiteurs étrangers sur la période janvier-octobre 2025 frôle les 35 millions, avec une progression de 4,4 % par rapport à la même période en 2024, confirmant la dynamique engagée depuis 2023. Selon la Banque de Grèce, les recettes touristiques associées ont atteint un record de 22,4 milliards d’euros sur la même période (en hausse de 8,9 %).

La première destination des Européens en été

Les données d’Eurostat placent la Grèce parmi les destinations les plus fréquentées des Européens, avec des séjours en moyenne plus longs que la moyenne de l’Union européenne. Les touristes qui choisissent la Grèce et la Roumanie y passent près de neuf nuits en moyenne, contre environ sept nuits pour l’ensemble des voyages intra‑UE.

Les visiteurs européens contribuent aussi à des niveaux de dépense élevés : pour les voyages en Grèce, la dépense moyenne dépasse 1 300 € par séjour, ce qui place le pays parmi les destinations les plus rémunératrices de l’UE aux côtés de Chypre, l’Irlande et l’Espagne. Les séjours restent concentrés sur les mois de juillet et août, qui représentent une part importante des voyages vers la Grèce et accentuent la pression sur les infrastructures balnéaires et insulaires, alors que la durée moyenne des vacances des Européens avoisine une semaine et atteint facilement neuf nuits dans le pays.

Vols entre la France et la Grèce : un vaste réseau

Les liaisons aériennes directes entre la France et la Grèce se sont densifiées ces dernières années, contribuant à la hausse de la fréquentation. Air France assure des vols directs quotidiens et à l’année entre Paris-Charles de Gaulle et Athènes, tandis qu’Aegean Airlines relie la capitale grecque à Paris-CDG et Nice, en complément des lignes saisonnières.

Les low cost jouent un rôle important : Transavia, easyJet, Ryanair, Volotea et Vueling opèrent de nombreux vols saisonniers vers Athènes, Héraklion, Rhodes, Corfou ou encore Kalamata depuis les grandes villes françaises comme Paris, Lyon, Marseille, Nantes, Bordeaux, Lille, Nice, Strasbourg ou Toulouse. Au pic de l’été, Volotea propose un maillage particulièrement étoffé vers Athènes et dessert également l’aéroport d’Araxos, au nord du Péloponnèse, depuis Lille, tandis que Transavia relie Paris-Orly à Kalamata jusqu’à plusieurs fois par semaine durant la haute saison.

Une offre « all inclusive » très développée

L’offre « all inclusive » constitue un pilier du tourisme grec, notamment dans les grandes îles comme la Crète, Rhodes, Kos ou Corfou, où de nombreux complexes balnéaires regroupent hébergement, restauration et activités. Ces formules, généralement proposées sur 7 à 10 nuits, ciblent les familles et les couples européens qui recherchent un budget maîtrisé et une logistique simplifiée.

De plus en plus de voyagistes misent sur les formules « tout compris » au départ de France, combinant vols, transferts et pension complète dans des clubs, avec des tarifs accessibles à tous les budgets. En basse saison, la Grèce s’impose même comme l’une des destinations les plus compétitives d’Europe : il est désormais possible d’y passer des vacances pour un budget inférieur à celui d’un séjour au Maroc ou en Tunisie. Pour exemple, l’agence en ligne Ôvoyages illustre cette tendance avec des offres « all inclusive » à prix cassés, à partir de 270 € pour des séjours de 4 jours et 3 nuits dans un hôtel 4 étoiles en Crète ou à Rhodes, en avril ou en mai prochain. Ces forfaits « tout compris » comprennent les vols, la pension complète ainsi qu’un programme d’activités encadrées. En parallèle, des agences réceptives enrichissent l’offre touristique grecque en proposant des circuits ou des autotours combinant visites culturelles et hébergements en hôtels ou maisons d’hôtes, notamment dans des régions encore préservées du tourisme de masse, comme le Péloponnèse.

La Grèce loin des foules estivales

Pour mieux répartir le flux touristique sur l’ensemble du pays et limiter la pression dans les îles les plus courues, les autorités mettent en avant des régions moins fréquentées. Le Péloponnèse devient ainsi une alternative pour les voyageurs qui souhaitent s’éloigner des Cyclades et du Dodécanèse, avec des sites majeurs comme Olympie, Mycènes, Épidaure ou Mistra, des plages et des villages côtiers encore relativement préservés, accessibles via Kalamata ou par la route depuis Athènes.

Au-delà du Péloponnèse, l’Épire, avec les villages de Zagori et les gorges de Vikos, attire une clientèle en quête de nature et de randonnées, tandis que la péninsule de Chalcidique en Macédoine centrale, moins connue du grand public européen, aligne plusieurs grands clubs balnéaires « tout compris » le long de ses trois presqu’îles, offrant un environnement plus calme tout en bénéficiant d’infrastructures complètes.

Surtourisme : pression sur l’emploi et les infrastructures

La ministre du Tourisme rappelle que cette croissance année après année intervient « dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre dans l’hôtellerie et la restauration », ce qui oblige les professionnels à revoir conditions de travail et rémunérations pour attirer des saisonniers. Le secteur tente de répondre à cette tension par la relance de formations hôtelières, le recours accru aux travailleurs étrangers et l’extension de la saison, afin de proposer des contrats plus longs.

La hausse des arrivées exerce aussi une pression sur les infrastructures aéroportuaires et portuaires, en particulier sur les plateformes insulaires qui voient passer un volume important de vols charters et de ferries en quelques mois, tandis que les autorités misent sur la connectivité aérienne, la montée en gamme des hébergements et la digitalisation des services pour absorber ces flux.

Le surtourisme reste un défi majeur, notamment à Athènes et sur des îles emblématiques comme Santorin et Mykonos, fortement exposées aux croisières et aux séjours courts. Pour protéger l’Acropole, un système de quotas limite désormais à 20 000 le nombre de visiteurs par jour, avec des entrées par créneaux horaires et réservation préalable obligatoire, tandis que sur les îles, la réduction du nombre de navires de croisière et la mise en place d’une redevance d’environ 20 € par passager doivent contribuer à financer les infrastructures locales et à contenir la fréquentation, en parallèle d’une volonté d’étaler la saison et de soutenir des destinations moins connues.

Vacances en Grèce : séjours plus longs, dépenses élevées et essor du « all inclusive », malgré le défi du surtourisme 1 Air Journal

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