Hier soir, un Boeing 777-300ER d’Air France reliant Fort-de-France à Paris a dû faire demi-tour peu après son décollage, après l’apparition de flammes spectaculaires sur l’un de ses moteurs.
Le vol AF895 a décollé de l’aéroport Aimé-Césaire du Lamentin vers 21h15, à destination de Paris-Charles de Gaulle. Alors que le Boeing survolait encore la Martinique, une avarie est survenue sur l’un des deux réacteurs. Des habitants de Ducos et du François ont filmé des flammes et de petites explosions visibles à l’arrière du moteur incriminé. Des vidéos diffusées sur les réseaux locaux montrent un panache lumineux intermittent, assimilé à des « flammes dans un réacteur » par plusieurs témoins au sol.
A bord, l’équipage a appliqué les procédures d’urgence prévues en cas de panne moteur, décidant un retour immédiat vers Fort-de-France par « souci de sécurité, conformément aux procédures aéronautiques en vigueur ». Selon le média local RCI, le long-courrier a « tourné plusieurs minutes face à la baie de Fort-de-France » afin de gérer la trajectoire et le poids avant l’atterrissage.
Le Boeing 777-300ER s’est finalement posé un peu après 21h30sur la piste de l’aéroport Aimé-Césaire, où les services de secours étaient pré-positionnés. Des camions de pompiers de l’aéroport ont été dépêchés à proximité de la piste par mesure de précaution.
Aucun blessé parmi les passagers
Aucun blessé n’a été signalé à bord à ce stade. Les passagers ont toutefois décrit une scène impressionnante, certains ayant vu les reflets des flammes sur l’aile ou aperçu des lueurs depuis les hublots. Ils ont été pris en charge à l’aéroport, avec hébergement et reprogrammation du voyage vers Paris. Le suivi de vol indique que le vol AF895 est finalement passé au statut « diverted » puis « cancelled ». Le vol retour vers Paris doit être reprogrammé, une inspection technique approfondie de l’appareil étant indispensable avant toute remise en ligne.
Témoignage du commandant de bord
Dans un entretien distinct accordé à la chaîne Martinique 1ere.franceinfo, le commandant de bord du vol AF895, Richard Reclus, détaille l’incident : « Nous avons décollé normalement. Au bout d’à peine une minute de vol, le moteur droit a commencé à pomper », explique le pilote. Le « pompage » (ou décrochage compresseur) correspond à une mauvaise circulation de l’air dans le moteur, entraînant des combustions irrégulières et des explosions visibles. « C’est très impressionnant, mais c’est l’un des phénomènes les moins dangereux pour le moteur. Moins qu’une panne grave », précise-t-il.
La priorité est toujours de « garder le contrôle de l’avion, puis de gérer la navigation et enfin la communication ». Et « dès les premiers signes d’anomalie moteur, nous appliquons la checklist d’urgence, réduisons la poussée du réacteur concerné et décidons rapidement d’un déroutement si la sécurité l’exige ».
Le pilote souligne que le long-courrier 777-300ER est certifié pour voler en sécurité avec un seul moteur en fonctionnement, ce qui permet de revenir se poser sans compromettre le contrôle de l’avion. Il insiste également sur la gestion à bord : « pendant que l’un des pilotes gère l’avion, l’autre s’occupe des procédures et des échanges avec le contrôle aérien ». Une fois la trajectoire vers l’aéroport le plus proche définie, l’équipage de cabine est informé pour préparer l’atterrissage d’urgence et rassurer les passagers.
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