Paris-Orly se prépare à fermer l’accès de ses dépose-minute aux voitures des particuliers au plus près des terminaux, dans le cadre d’un vaste projet de réaménagement visant à réduire la circulation routière et les émissions de CO2 autour de la plateforme. Les passagers devront à terme passer par des parkings plus éloignés, reliés aux halls d’embarquement par des navettes ou un transport collectif interne.
La mesure s’inscrit dans le programme d’aménagement « Paris-Orly 2035 », présenté comme le « précurseur du nouveau modèle d’aménagement aéroportuaire » du groupe Aéroports de Paris (ADP), le gestionnaire des aéroiports franciliens Paris-orly et Paris-CDG. L’objectif affiché est de réduire fortement le trafic automobile au contact des terminaux, dans un contexte d’arrivée de nouvelles lignes de transport en commun comme les lignes du métro 14 et 18 du Grand Paris Express. « La création de parcs de stationnement et d’un dépose-minute aux entrées de la plateforme, reliés au terminal par un transport collectif en site propre, doit permettre de décongestionner le réseau routier », explique le gestionnaire aéroportuaire, qui compte faire de cette transformation une pièce maîtresse de sa stratégie de décarbonation au sol à l’horizon 2030.
Aujourd’hui, les dépose-minute sont situés au plus près des entrées des terminaux Orly 1, 2, 3 et 4, avec un accès direct pour les voitures particulières. Demain, ces parkings au contact des terminaux seront « strictement réservés » aux taxis, VTC, navettes officielles et personnes à mobilité réduite, les automobilistes non professionnels n’auront plus le droit d’y déposer leurs proches.
Les raisons avancées par Aéroports de Paris
ADP met en avant trois grandes motivations pour justifier ce changement : la fluidité, la sécurité et l’environnement. Les abords des terminaux sont régulièrement saturés par les déposes-minute, avec des stationnements en double file et des manœuvres jugées dangereuses aux heures de pointe. Il s’agit de désengorger les accès, de mieux séparer les flux et de réduire les stationnements sauvages. Le projet vise aussi à limiter les nuisances sonores et la pollution au plus près des aérogares, dans une optique de « mobilités décarbonées » promue par la feuille de route environnementale du groupe.
ADP insiste par ailleurs sur la montée en puissance des transports collectifs, avec la ligne 14 qui dessert déjà directement l’aéroport, puis la ligne 18 et un bus à haut niveau de service Sénia–Orly. « L’aéroport va devenir l’un des principaux pôles d’interconnexion de transports du sud francilien », prévoit le gestionnaire, qui voit dans cette offre renforcée un moyen de moins dépendre de la voiture individuelle.
Ce qui changera pour les passagers
Pour les passagers qui continuent à venir en voiture particulière, le parcours sera plus long et moins direct : il faudra se garer dans un parking en entrée de plateforme, puis emprunter un système de navette ou de transport collectif interne pour rejoindre le terminal en une quinzaine de minutes environ. Le journal Le Parisien évoque notamment la création d’un parking de l’ordre de 800 places au sud, à Athis-Mons, au niveau du parc d’activités Orlyparc, relié par un bus à énergie propre.
Le temps de trajet global risque donc d’augmenter pour les accompagnants, avec la nécessité d’anticiper davantage l’heure d’arrivée à l’aéroport, surtout en période de pointe. Pour les voyageurs chargés ou les familles, la perspective de charger et décharger les bagages loin du terminal suscite déjà des critiques, certains élus locaux redoutant une « galère en vue pour les valises ».
À l’inverse, les taxis, VTC et navettes hôtelières ou de parkings privés devraient conserver un accès au plus près des halls de départ et d’arrivée, dans des voies dédiées et mieux hiérarchisées. « Les règles de circulation et d’accès suivront les orientations suivantes : accès garanti au contact du terminal pour les publics prioritaires et les passagers en longue durée de stationnement, travaux à venir avec les taxis et VTC », précise un communiqué d’ADP.
Un calendrier encore en concertation
Le projet, soumis à la concertation publique, prévoit un lancement des premiers travaux routiers à partir de fin 2026, pour une mise en service progressive des nouvelles installations entre 2029 et 2030. D’ici là, les dépose-minute existants restent ouverts aux particuliers, même si ADP invite déjà les usagers à privilégier les parkings officiels reliés aux terminaux par navettes et les transports en commun.
Plusieurs associations d’usagers et élus locaux ont demandé des garanties pour les personnes âgées, les familles et les passagers à mobilité réduite, s’inquiétant d’un accès plus compliqué à l’aéroport pour les habitants des communes voisines mal desservies par les transports publics. Le gestionnaire assure que « l’accès au contact des terminaux restera garanti pour les publics prioritaires », mais devra désormais convaincre que cette transformation ne se traduira pas par une perte de confort pour une majorité des passagers.

@Paris Aéroports
Jeanneot a commenté :
7 février 2026 - 11 h 14 min
J’ai remarqué la dernière fois quand j’y étais ça change d’il y’a qqs années, moins de bruits et l’air est un peu plus respirable en effet pas toutes ces odeurs de gazs de pot d’échappement.
Et pour CDG ADP prévoit quoi? Car la structure des terminaux n’est pas la même et parfois ça devient compliqué de circuler aux abords de CDG.
transports a commenté :
7 février 2026 - 11 h 32 min
Ils feraient mieux d’annoncer des tarifs abordables pour les transports en commun et des horaires qui permettent de s’y rendre ou rentrer à toute heure pour les passagers et les employers.
pauvrefrance a commenté :
7 février 2026 - 11 h 39 min
Encore un moyen de dégrader les conditions de voyage, compliquer la vie de ceux qui n’ont pas l’habitude de voyager, et le tout en aménageant une fois de plus des parkings éloignés pour lesquels l’accès sera très certainement payant…
Au nom de la “décarbonation”, on pénalise et vole l’usager!
Un sport national en France…