Près d’un vol sur trois a décollé en retard en France l’an dernier, plaçant l’Hexagone parmi les plus mauvais élèves européens en matière de ponctualité aérienne, selon les analyses croisées d’AirHelp et de Flightright.
Selon les données compilées par AirHelp, environ 30% des vols ayant décollé de la France en 2025 ont été retardés ou annulés, soit près d’un vol sur trois sur l’ensemble de l’année. Flightright parvient à un constat comparable, évoquant « 32% des vols en France » partis en retard, confirmant que « l’analyse de 2025 valide la dégradation de la ponctualité des vols ». Ces perturbations, alimentées par les grèves, les congestions et des aléas météo récurrents, ont affecté des millions de passagers et ouvert la voie à des centaines de milliers de demandes potentielles d’indemnisation.
La France, touchée, à commencer par les aéroports parisiens
Sur la seule période janvier‑juin 2025, AirHelp recense plus de 305 000 vols au départ de la France, dont 25% ont connu un retard ou une annulation, illustrant une tendance de fond à la perturbation du trafic. En 2024 déjà, près de 30% des 660 000 vols au départ des pistes françaises avaient été retardés ou n’avaient pas décollé, affectant plus de 30 millions de passagers.
Dans son dernier rapport, AirHelp classe la France parmi les pays européens les plus touchés par les retards, derrière la Grèce et le Portugal, mais devant l’Italie, le Royaume‑Uni et l’Allemagne en taux de vols perturbés. L’entreprise souligne que plusieurs pays européens concentrent désormais la majorité des retards et annulations dans le trafic mondial, l’Europe « dominant les statistiques de retards de vols ».
Les perturbations se concentrent sur un noyau d’aéroports très fréquentés, à commencer par Paris‑Charles‑de‑Gaulle et Paris‑Orly qui totalisent à eux seuls une part importante des retards, même si leurs taux de ponctualité restent légèrement supérieurs à ceux de certaines plates‑formes régionales. Des analyses européennes pointent aussi Nice‑Côte d’Azur comme l’un des « hotspots » des retards, plus de la moitié des passagers y ayant subi une perturbation à certaines périodes.
Des millions de passagers éligibles à indemnisation
Les perturbations ne se traduisent pas seulement par des heures perdues dans les terminaux : elles ont aussi un coût financier potentiel pour les compagnies, via les indemnités prévues par le règlement européen CE 261/2004. AirHelp estime qu’en 2025, plus d’1,4 million de passagers en France pourraient théoriquement prétendre à une indemnisation pour retard de plus de trois heures ou annulation, hors circonstances extraordinaires. Les différents acteurs aériens expliquent les retards par les grèves à répétition dans le ciel français et dans plusieurs pays voisins, les épisodes météo intenses, mais aussi les fragilités structurelles d’un système aérien européen très sollicité.
Les spécialistes du droit des passagers recommandent de conserver cartes d’embarquement, confirmations de réservation et preuves de dépenses pour faire valoir ses droits en cas de retard ou d’annulation. « Sans justificatifs précis, il devient beaucoup plus difficile de démontrer l’éligibilité à une indemnisation ou à un remboursement de frais supplémentaires », rappellent les plateformes d’aide aux passagers.
Il est également conseillé de vérifier systématiquement l’éligibilité à une compensation, soit directement auprès de la compagnie, soit via des intermédiaires spécialisés, notamment lorsque le retard à l’arrivée dépasse trois heures ou que le vol a été annulé la veille pour le lendemain sans solution de report satisfaisante. Dans un ciel français où trois vols sur dix arrivent en retard, comprendre le cadre juridique européen devient un enjeu clé pour les passagers fréquents.

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