L’Espagne a confirmé en 2025 son statut de quatrième marché aérien mondial, portée par un trafic record de plus de 320 millions de passagers et une forte dynamique des liaisons internationales. Ce niveau place le pays ibérique nettement devant la France en volume de passagers, même si les deux marchés partagent une même tendance : l’explosion de l’international et l’érosion du domestique.
Selon les données du gestionnaire aéroportuaire national Aena, les aéroports espagnols ont accueilli 321,6 millions de passagers en 2025, soit une hausse de 3,9 % par rapport à 2024 et un troisième record annuel consécutif. Le réseau d’Aena, qui regroupe 46 aéroports et deux héliports, a enregistré 2,7 millions de mouvements d’aéronefs, en progression de 4,1 %, ainsi que 1,37 million de tonnes de fret (+7,2 %).
En parallèle, le contrôleur aérien espagnol ENAIRE indique avoir géré près de 2,5 millions de vols en 2025, soit +4,7 % sur un an, avec un retard moyen imputable au contrôle de seulement 0,14 minute par vol, l’un des meilleurs scores européens. Cette montée en charge se traduit par une densification des liaisons aériennes, en particulier sur les axes internationaux, mais dans un cadre opérationnel globalement maîtrisé.
Une croissance tirée par l’international
L’Espagne figure désormais parmi les poids lourds du transport aérien, quatrième marché mondial derrière les États‑Unis, la Chine et l’Inde, portée par un trafic international très dynamique. Selon un article du média francophone Equinox, la croissance du marché espagnol a contribué à 5,3 % de la hausse du trafic européen en 2025, alors que les lignes intérieures reculent légèrement de 0,3 %.
Le taux de remplissage moyen atteint 84,8 % sur les vols au départ de Madrid ou Barcelone, un niveau inédit qui illustre la tension entre demande et capacité.
Comparaison avec les années précédentes
En trois ans, le trafic espagnol a consolidé un cycle de records successifs, dépassant durablement les niveaux d’avant‑Covid. En 2024, les aéroports du réseau Aena affichaient déjà plus de 309 millions de passagers (estimation basée sur la hausse de 3,9 % en 2025), preuve d’une reprise rapide tirée par le tourisme international et les liaisons avec l’Europe et l’Amérique.
Les 2,7 millions de mouvements recensés en 2025 représentent une montée en charge par rapport à 2024, où le nombre de vols restait légèrement inférieur, même si les chiffres détaillés de mouvements n’étaient pas encore au niveau record constaté l’an dernier. Le fret suit la même trajectoire, avec une croissance de 7,2 % en 2025, notamment grâce aux hubs de Madrid‑Barajas et Barcelone‑El Prat, qui ont traité respectivement plus de 840 000 tonnes et 200 000 tonnes de marchandises.
La France dans le rétroviseur
En 2025, la France a enregistré 183 millions de passagers aériens, soit une hausse de 2,8 % par rapport à 2024 et de 1,9 % par rapport au niveau de 2019, ce qui marque un retour au‑delà de l’avant‑Covid. La dynamique est donc positive, mais le marché français demeure significativement plus petit que le marché espagnol en volume de passagers, avec un écart de près de 140 millions de voyageurs en 2025.
Les données de la DGAC (Direction générale de l’aviation civile) montrent cependant une structure comparable : une forte poussée du trafic international, en particulier hors métropole (+7,3 % par rapport à 2019), et un recul marqué des lignes intérieures, en baisse d’environ 20,9 % sur six ans. La reprise française apparaît ainsi plus contrastée, avec un domestique affaibli et une dépendance accrue aux flux internationaux et au tourisme, à l’image de la trajectoire espagnole, mais sur une base de marché plus modeste.
Un marché sous tension
Si le volume place désormais l’Espagne au quatrième rang mondial, le secteur évolue dans un contexte de forte tension opérationnelle et financière. Les compagnies comme Iberia, Air Europa ou Vueling sont particulièrement exposées aux retards de livraisons d’appareils, aux contraintes techniques sur certains modèles et à l’augmentation des coûts liés aux politiques environnementales.
Les grands hubs espagnols, Madrid‑Barajas et Barcelone‑El Prat en tête, doivent absorber la montée en puissance du trafic, avec des avions très remplis, des créneaux saturés et une pression croissante sur les infrastructures au sol. Pour les passagers, cela se traduit par une offre souvent pleine, des tarifs orientés à la hausse et une sensibilité accrue aux retards et aux épisodes de congestion, alors même que le pays consolide son rôle de porte d’entrée aérienne majeure vers l’Europe et le reste du monde.

@AJ/DR
Filoustyle a commenté :
6 février 2026 - 15 h 18 min
C’est sur qu’en ce moment il vaut mieux prendre l’avion que le train en Espagne.
Le Français ira faire de la plomberie en Pologne, du ciment en Espagne et du carrelage au Portugal et peut être ramasser les olives en Italie et en Grèce vu qu’on passe sous tous ces pays là.
Ben Voyons a commenté :
6 février 2026 - 18 h 15 min
Le grand déclassement engagé il y a une quinzaine d’années, et brutalement accéléré par la politique hors-sol d’Emmanuel Macron, se poursuit inexorablement. La France dévisse désormais dans tous les secteurs sans exception. Après avoir méthodiquement saboté le nucléaire, affaibli l’automobile, laissé filer l’industrialisation et bradé nos fleurons aux intérêts étrangers, voilà que le transport aérien — et avec lui tout l’écosystème touristique — est à son tour frappé de plein fouet.
L’hyper-fiscalité délirante qui écrase à la fois entreprises et particuliers étouffe toute velléité de croissance, tue l’initiative, assèche la création de richesse et organise, année après année, l’appauvrissement du pays. À cela s’ajoute le désamour grandissant de nos visiteurs, qui ne reconnaissent plus nos grandes villes : dégradées, insécurisées, abandonnées, tandis que des trésors architecturaux séculaires sombrent dans l’indifférence et le délabrement.
Sous Macron, la France traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire récente — et le plus tragique est que nous continuons à enfoncer nous-mêmes les clous de notre cercueil, dans une forme de sidération collective. Quand on songe que la France fut le carrefour aérien naturel de l’Europe… et que son attractivité recule désormais d’année en année.
L’exemple d’ADP sur la place de Paris est, à cet égard, édifiant : tabler sur une croissance anémique de 1 à 1,5 % par an sur vingt ans et ne proposer que des rustines comme horizon de développement des plateformes en dit long sur l’absence totale d’ambition stratégique.
Et le plus inquiétant, sans doute, est que nous n’avons probablement pas encore touché le fond… Pauvre France — pauvres de nous.
DD-Bergeron a commenté :
7 février 2026 - 4 h 21 min
France, avec M. Sardou, le pays de la nostalgie.
Gsb a commenté :
7 février 2026 - 6 h 59 min
Ceci étant dit, sans nier l’évidence responsabilités des pouvoir publics chaque projet d’investissement d’un aéroport en France, pour le moderniser le rendre plus attractif et booster son attractivité se trouve empêché par les riverains. Et la France est engluée dans son centralisme au lieu de repartir intelligemment l’offre sur deux hubs majeurs comme Madrid et Barcelone ou Francfort et Munich. Pour le reste la perte d’attractivité vous avez raison on ne peut que regarder un œuf épouvanté l’état de nos villes, musées etc
fayçalair a commenté :
6 février 2026 - 18 h 56 min
pauvre France!!!!!!!!!!!!!