Un ATR 72-600 de Myanmar National Airlines a été légèrement endommagé par des drones kamikazes alors qu’il embarquait ses passagers à l’aéroport de Myitkyina, dans l’État de Kachin, le 20 février 2026 au soir. L’attaque, sans blessés parmi les passagers et les membres d’équipage, illustre la montée des menaces que fait peser le conflit birman sur l’aviation civile.
Un ATR 72-600 visé au sol à Myitkyina
Selon plusieurs médias locaux et spécialisés, l’appareil en cause est un ATR 72-600, immatriculé XY-AMI, exploité par Myanmar National Airlines (MNA), la compagnie nationale birmane. L’avion s’apprêtait à effectuer le vol régulier UB662 entre Myitkyina et Mandalay lorsque l’attaque est survenue vers 20 h 12, heure locale.
Des drones de type FPV (first person view), utilisés en mode « kamikaze », auraient été dirigés contre l’aéronef alors qu’il se trouvait au sol, portes ouvertes et passagers à bord. D’après les premiers éléments, au moins un ou deux drones ont atteint l’appareil, qui était en phase de préparation au départ depuis cet aéroport régional clé pour la desserte du nord du Myanmar.
Dégâts limités sur la cellule, pas de victimes
Les autorités birmanes indiquent que les impacts ont provoqué des dommages mineurs au niveau du nez, de la partie centrale du fuselage et de l’empennage. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent une trace d’impact et une zone noircie à l’arrière du fuselage, suggérant qu’un début d’incendie a pu se déclarer avant d’être rapidement maîtrisé.
Aucun passager ni membre d’équipage n’a été blessé. D’après un communiqué relayé par des médias d’État, « les forces de sécurité ont immédiatement évacué les personnes à bord et mis en œuvre les mesures de secours », avant de sécuriser la zone et de neutraliser les charges explosives restantes sur les drones. Les autorités précisent que des opérations de sécurisation se poursuivent aux abords de l’aéroport.
Les drones FPV, nouvelle menace pour l’aviation civile
Les autorités de Naypyidaw attribuent l’attaque à des éléments conjoints de la Kachin Independence Organisation/Army (KIO/KIA) et des People’s Defence Forces (PDF), deux acteurs clés de la rébellion armée opposée à la junte militaire birmane. Selon plusieurs sources, les drones utilisés seraient des plates-formes FPV équipées de charges de type RPG ou d’explosifs improvisés, guidées en temps réel par un opérateur, une technologie désormais largement diffusée sur les théâtres de guerre. Un porte-parole de la KIA a cependant nié toute implication dans cet incident dans certains médias internationaux.
Le recours à des drones suicides contre un avion de ligne au sol reste, à ce stade, un événement extrêmement rare à l’échelle mondiale, même si les infrastructures aéroportuaires civiles ont déjà été visées dans d’autres conflits, notamment au Moyen-Orient et en Ukraine. La vulnérabilité d’un turbopropulseur régional comme l’ATR 72, dont les systèmes critiques (réservoirs, commandes de vol, câblages) sont exposés sur une cellule relativement compacte, rend ce type d’attaque particulièrement préoccupant pour les autorités de l’aviation civile.
Dans un communiqué largement repris par la presse locale, le gouvernement birman affirme que « l’attaque délibérée contre une compagnie aérienne civile, qui facilite largement le transport de personnes et de marchandises non militaires, constitue un crime de guerre au regard des Conventions de Genève et du droit international ». Les autorités affirment que des systèmes de défense aérienne ont permis d’intercepter une partie des drones avant qu’ils n’atteignent des zones plus sensibles de la plateforme, ce qui aurait évité des explosions à proximité immédiate de l’aéronef et des installations. Les charges restantes auraient explosé ou se seraient écrasées sur la piste et dans des zones adjacentes, avant que les équipes de neutralisation n’interviennent pour désamorcer les dispositifs explosifs.
Myitkyina, un aéroport stratégique au cœur de la guerre civile
Situé dans l’État de Kachin, au nord du pays, l’aéroport de Myitkyina constitue un maillon essentiel de la desserte intérieure, assurant la liaison de cette région montagneuse avec Yangon et Mandalay. Le conflit entre l’armée birmane et les groupes ethniques armés, qui s’est durement intensifié depuis le coup d’État de 2021, y a déjà affecté routes, ponts et infrastructures civiles, notamment via des attaques par drones ou engins explosifs improvisés.
Même si les dégâts restent limités et qu’aucune victime n’est à déplorer, l’attaque de Myitkyina sera scrutée par l’ensemble de la communauté aéronautique comme un cas d’école des nouveaux risques liés aux drones FPV, souvent peu coûteux, faciles à modifier et difficiles à détecter.
Shocking ! An MNA ATR-72-600 passenger aircraft was damaged in an FPV suicide drone attack at Myitkyina Airport (MYT), Myanmar (Burma) while boarding passengers for Mandalay on 20 February.
— FL360aero (@fl360aero) February 21, 2026
The Kachin Independence Army (KIA) reportedly targeted the aircraft at Myitkyina Airport… pic.twitter.com/dm3X1Ijf0h
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