Une passagère américaine poursuit Lufthansa après une chute grave survenue lors du débarquement à Francfort. L’affaire, qui implique sa filiale Discover Airlines, met en lumière les obligations des transporteurs aériens en matière de sécurité des passagers, notamment au regard de la Convention de Montréal.
Une chute grave lors du débarquement à Francfort
Une passagère originaire de Pennsylvanie a engagé des poursuites contre Lufthansa après un accident survenu à l’aéroport de Francfort, à l’issue d’un vol transatlantique opéré par Discover Airlines, filiale loisirs du groupe allemand. Selon la plainte citée notamment par le site spécialisé Paddle Your Own Kanoo (PYOK), le vol entre Philadelphie et Francfort s’est déroulé sans incident. Mais à l’arrivée, l’appareil a été stationné sur un poste éloigné du terminal, nécessitant un débarquement via des escaliers mobiles, sous une pluie froide.
Dépourvus de protection contre les intempéries, ces escaliers étaient rendus glissants par la pluie. La passagère, âgée, aurait marqué une pause en haut de la passerelle pour discuter avec sa fille de la manière de descendre en toute sécurité.
Une assistance contestée de l’équipage
Toujours selon la plainte, un membre d’équipage aurait observé la scène sans proposer d’aide, avant de presser la passagère et sa fille de descendre afin de ne pas retarder les autres voyageurs. « L’équipage l’a incitée à se dépêcher alors que les conditions étaient manifestement dangereuses », indique le document judiciaire. Après seulement quelques marches, la passagère aurait glissé avant de chuter lourdement sur le tarmac. Les secours l’ont rapidement transportée à l’hôpital Varisano de Francfort.
Des blessures lourdes et un parcours médical complexe
Le diagnostic médical fait état de blessures graves : fracture de la clavicule et du sternum, contusion cardiaque et multiples lésions. Elle a été hospitalisée pendant deux semaines en Allemagne. Face à la gravité de son état, les médecins allemands ont recommandé un rapatriement vers les États-Unis pour une prise en charge chirurgicale.
Cependant, son retour s’est révélé compliqué. Une première tentative de rapatriement, sur civière médicale fournie par Lufthansa, a échoué après plusieurs heures d’attente à l’aéroport, faute d’autorisation médicale. Le lendemain, le 14 décembre 2025, elle a finalement embarqué. Mais environ une heure après le décollage, son état s’est brutalement dégradé.
L’équipage a alors déclaré une urgence médicale et dérouté l’appareil vers l’aéroport de Shannon, en Irlande. Hospitalisée à nouveau, la passagère a été diagnostiquée avec une infection grave et a dû rester quatre semaines supplémentaires en soins. La plainte attribue cette dégradation à « un stress physique et psychologique intense consécutif à l’accident ».
Une bataille juridique fondée sur la Convention de Montréal
La passagère réclame des dommages et intérêts au titre de l’article 17 de la Convention de Montréal, qui encadre la responsabilité des compagnies aériennes en cas de blessure survenue à bord ou lors des phases d’embarquement et de débarquement. Ce texte prévoit une responsabilité automatique du transporteur jusqu’à environ 128 821 droits de tirage spéciaux (DTS), soit près de 160 000 à 175 000 dollars selon les taux actuels du FMI.
Au-delà de ce seuil, la compagnie peut contester sa responsabilité en démontrant l’absence de négligence ou l’intervention d’un tiers. Dans ce cas précis, la plaignante affirme que l’accident résulte directement d’un manquement de Discover Airlines, ce qui pourrait ouvrir la voie à une indemnisation plus élevée.
Un enjeu récurrent pour les compagnies aériennes
Ce type d’incident rappelle la sensibilité des opérations au sol, en particulier lors des débarquements sur postes éloignés. L’utilisation d’escaliers mobiles, encore fréquente dans de nombreux grands hubs européens, expose les passagers aux conditions météorologiques et accroît les risques, notamment pour les personnes âgées ou à mobilité réduite.
Les compagnies sont tenues d’assurer une assistance adaptée, conformément aux réglementations internationales et européennes, notamment le règlement (CE) n°1107/2006 sur les droits des passagers à mobilité réduite.

Aucun commentaire !