Un nourrisson atteint d’une pathologie cardiaque lourde est décédé d’un arrêt respiratoire, lundi 23 février au matin, à bord d’un vol Air France reliant Nairobi à Paris, malgré la mobilisation de l’équipage, de la régulation du Samu de Paris et de plusieurs médecins présents parmi les passagers.

Un arrêt respiratoire à bord du vol AF815

Le drame s’est produit sur le vol AF815, parti la veille au soir de Nairobi, la capitale kényane, et attendu à l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle vers 6 h 10 lundi matin. Selon Air France, le nourrisson a été victime d’un arrêt respiratoire alors que l’appareil se trouvait en croisière, déclenchant immédiatement la procédure d’urgence médicale à bord. La compagnie précise que « ce nourrisson, atteint d’une pathologie cardiaque lourde, venait en France pour des soins », sans autre indication sur la nature exacte de l’affection ni sur l’établissement hospitalier dans lequel l’enfant devait être pris en charge. L’enfant voyageait accompagné d’un proche, dont l’identité et le lien de parenté n’ont pas été communiqués.

Appel au Samu de Paris et mobilisation de médecins volontaires

Conformément aux procédures en vigueur, l’équipage a rapidement établi une liaison par satellite avec la régulation du Samu de Paris, qui assiste médicalement les avions Air France où qu’ils se trouvent dans le monde. « Comme le requiert la procédure, l’équipage a contacté par satellite la régulation du Samu de Paris », a rappelé un porte-parole de la compagnie, cette régulation étant chargée d’émettre un avis sur les soins à prodiguer et d’orienter, si nécessaire, la décision de déroutement.

Un appel a ensuite été lancé en cabine afin d’identifier d’éventuels professionnels de santé parmi les passagers, une pratique courante en cas d’incident médical grave en vol. Plusieurs médecins se sont manifestés et ont tenté de réanimer le nourrisson, en coordination avec les instructions délivrées à distance par le Samu. Malgré ces efforts, l’enfant n’a pas pu être sauvé.

Une chaîne d’assistance médicale en vol désormais bien rodée

Depuis la fin des années 1980, Air France s’appuie sur une régulation médicale assurée par le Samu de Paris pour les incidents survenant en vol, ce qui permet à ses équipages de disposer d’un avis spécialisé en temps réel, notamment pour décider d’un déroutement ou organiser la prise en charge à l’atterrissage. Une étude portant sur plus de 1 500 dossiers de régulation a montré que ce dispositif contribue à limiter les déroutements inutiles tout en optimisant la prise en charge des passagers malades.

Voyager avec une pathologie grave : le rôle de l’accord médical

Pour les passagers souffrant de pathologies lourdes ou nécessitant des soins particuliers, Air France prévoit un dispositif d’« accord médical » basé sur l’évaluation du Service médical de la compagnie, qui examine les situations présentant un « risque vital », un besoin de matériel spécifique ou une dépendance à un accompagnement médical. Cet accord est requis notamment lorsque l’état de santé peut se dégrader en vol, ou lorsqu’un passager a besoin d’une prise en charge spéciale (fauteuil, oxygène, assistance permanente).

La compagnie n’a pas précisé dans ce cas précis si un accord médical avait été délivré pour le nourrisson, ni dans quelles conditions le voyage avait été autorisé. Elle insiste toutefois sur le fait que « tous les protocoles sanitaires avaient été respectés », ce qui inclut les procédures internes de gestion des situations médicales à bord.

Priorité à l’atterrissage en cas d’urgence vitale

Lorsque l’état d’un passager se dégrade au point de justifier une prise en charge immédiate, la question du déroutement ou de la priorité à l’atterrissage est examinée conjointement par l’équipage, la régulation médicale et le contrôle aérien. Les textes de l’Organisation de l’aviation civile internationale, repris par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), prévoient que le contrôle aérien accorde une priorité absolue à tout appareil transportant un passager malade dont l’état nécessite des soins d’urgence.

Les autorités recommandent de ne transmettre au contrôle que les informations strictement nécessaires – nature du problème, âge du passager, intentions de l’équipage – pour organiser au plus vite l’accueil au sol, qu’il s’agisse d’un déroutement ou d’une arrivée prévue. Dans le cas présent, le vol AF815 a poursuivi sa route jusqu’à Paris-Charles-de-Gaulle, où il a atterri vers 6 h 10, comme prévu initialement, ce qui laisse penser que le décès était constaté et que l’urgence ne justifiait plus un déroutement en cours de vol.

Mort d’un bébé sur un vol Nairobi-Paris : que se passe-t-il en cas d’urgence médicale en plein ciel ? 2 Air Journal

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