Israël affirme avoir détruit, lors d’un raid nocturne sur l’aéroport de Mehrabad à Téhéran, un Airbus A340-300 utilisé pour le transport des plus hauts dirigeants iraniens, présenté comme l’un des emblèmes de l’aviation d’État de la République islamique.

Dans un communiqué relayé le 16 mars 2026, l’armée israélienne a indiqué avoir « détruit un avion utilisé par le défunt Guide suprême Ali Khamenei » sur l’aéroport de Mehrabad, principal hub domestique de Téhéran. Reuters souligne que cette affirmation repose exclusivement sur la communication de l’armée israélienne et précise ne pas avoir pu vérifier de manière indépendante l’état de l’appareil. Selon plusieurs médias spécialisés, l’avion visé serait un Airbus A340‑300 du gouvernement iranien, immatriculé EP‑IGA, affecté au transport VIP des plus hauts responsables du régime pour des déplacements intérieurs et internationaux.

L’EP‑IGA, un A340‑313X (numéro de série 257) d’environ vingt-sept ans, a connu une carrière civile dense avant d’être intégré à la flotte gouvernementale iranienne en 2015, après un premier vol en 1999 et plusieurs passages chez Air Canada, Air Jamaica, Turkish Airlines ou encore Airblue, selon les bases de données de flotte. Repeint aux couleurs de l’État iranien et basé à Mehrabad, il est régulièrement photographié sur le tarmac de l’aéroport, où il est identifié comme appareil gouvernemental long-courrier. Des observateurs de l’aviation le présentent depuis plusieurs années comme l’une des pièces maîtresses du petit parc de transport officiel iranien, aux côtés d’un Airbus A321 et de quelques Avro RJ85 utilisés pour des missions plus régionales.

Un rôle clé dans la diplomatie aérienne iranienne

Faute de disposer d’un unique avion dédié, l’Iran répartit les missions de transport de ses dirigeants entre plusieurs appareils, l’A340‑300 étant jusqu’ici considéré comme le plus polyvalent pour les longues distances. Cet avion quadriréacteur, dérivé du programme A330/A340, offre rayon d’action intercontinental et cabine large, un atout pour les déplacements de délégations officielles importantes vers l’ONU ou vers des pays alliés. Des sources spécialisées rappellent que l’EP‑IGA a servi à transporter divers dirigeants iraniens, dont le président Masoud Pezeshkian lors d’un déplacement à New York, ainsi que des responsables civils et militaires en visite à l’étranger.

Mehrabad, un aéroport civil au cœur des opérations

L’attaque revendiquée s’inscrit dans une série de frappes ayant déjà visé l’aéroport de Mehrabad depuis le début des opérations israéliennes contre des infrastructures iraniennes. Situé à proximité du centre de Téhéran, Mehrabad joue un double rôle : plateforme domestique majeure pour le trafic commercial et base discrète de l’aviation d’État, du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et des unités de la force Al-Qods. Des frappes précédentes ont déjà été revendiquées contre des avions utilisés par la force Al‑Qods et des appareils de transport du CGRI, présentés par Israël comme des vecteurs de transfert d’armes et de fonds vers des groupes alliés au Moyen‑Orient, notamment le Hezbollah.

Pour l’Iran, la perte éventuelle de cet appareil interviendrait dans un contexte où la flotte aérienne civile et gouvernementale subit déjà le poids des sanctions, limitant fortement le renouvellement des avions et l’accès aux pièces de rechange. Un A340‑300 d’occasion reconfiguré pour des missions VIP représente, dans ce cadre, un actif difficilement remplaçable à court terme, d’autant que Téhéran se tourne depuis plusieurs années vers des appareils de seconde main pour contourner les restrictions. En cas de confirmation, la disparition de l’EP‑IGA obligerait les autorités iraniennes à réorganiser leur flotte VIP, en s’appuyant davantage sur des avions plus petits comme l’A321 ou les RJ85 pour des vols où la portée ou la capacité seraient réduites.