AirBaltic a confirmé la radiation d’un Airbus A220-300 gravement endommagé lors d’un incident au sol en 2025, à la suite d’un incendie survenu pendant un essai de groupe auxiliaire de puissance (APU) à Riga. Ce sinistre, lié au système de filtration d’ozone de l’appareil, constitue le premier cas de perte totale pour un A220-300 depuis l’entrée en service du type.

La compagnie lettone airBaltic a confirmé avoir classé comme perte totale un Airbus A220-300, immatriculé YL-AAO, à la suite d’un incendie survenu en 2025. Selon plusieurs sources spécialisées, il s’agit du premier « hull loss » (perte totale d’appareil) officiellement recensé pour un A220 de série -300, un modèle mis en service commercial en 2016 et réputé jusqu’ici pour son excellent historique de sécurité. L’appareil concerné, baptisé « Jelgava », a été l’un des premiers A220 livrés à la compagnie et faisait partie intégrante de la stratégie de renouvellement de flotte d’airBaltic, devenue un opérateur tout-A220. YL‑AAO était stocké depuis l’automne 2024 et avait été dirigé vers une visite de maintenance lourde en vue d’un retour prochain en service.

Un incendie lors d’un essai de l’APU à Riga

Les faits remontent au 14 juin 2025, sur la plateforme de l’aéroport de Riga, base principale d’airBaltic. À l’issue d’une visite de maintenance lourde, les équipes techniques procédaient à un essai au sol obligatoire du groupe auxiliaire de puissance (APU), une procédure standard avant remise en ligne de l’avion. C’est au cours de cet essai que le feu s’est déclaré dans la section centrale de l’appareil, provoquant d’importants dommages thermiques au niveau du fuselage et de la zone d’emplanture des ailes. L’incendie a été maîtrisé au sol, mais l’ampleur des dommages structurels s’est rapidement révélée considérable, au point de clouer définitivement l’avion au parking de Riga dans l’attente d’expertises approfondies.

Un filtre d’ozone mis en cause

Les différentes enquêtes techniques menées avec le concours d’Airbus ont identifié le système de filtre d’ozone comme origine du sinistre. Ce composant fait partie du système de conditionnement d’air de l’appareil : il est conçu pour convertir l’ozone présent dans l’air prélevé à haute altitude en oxygène avant son introduction dans la cabine, tout en réduisant certaines odeurs, notamment les émanations de kérosène.

Dans un commentaire transmis à des médias spécialisés, la compagnie explique qu’« en 2025, lors d’une maintenance technique programmée à Riga, alors qu’un test opérationnel au sol de l’APU était en cours, un Airbus A220-300 immatriculé YL‑AAO a subi des dommages thermiques significatifs au niveau du fuselage et de la zone d’attache des ailes, dans l’unité du filtre d’ozone ». AirBaltic insiste par ailleurs sur le fait que les opérations de maintenance ont été menées « conformément à la réglementation en vigueur » et que l’incident ne résulte pas d’une erreur humaine avérée de ses techniciens.

Après plusieurs mois d’expertises, Airbus a rendu en décembre 2025 une analyse d’ingénierie concluant que la remise en état de l’avion n’était pas économiquement viable. Autrement dit, le coût des réparations nécessaires pour restaurer l’intégrité structurelle et le niveau de sécurité requis excéderait la valeur résiduelle de l’appareil, pourtant relativement récent. À ce stade, aucun élément public ne fait état de consignes d’urgence ou de modifications immédiates imposées à l’ensemble de la flotte A220, mais l’événement devrait nourrir les retours d’expérience des autorités de certification et du constructeur autour de ce composant du système de contrôle environnemental.

Impact financier et opérationnel pour airBaltic

La perte de YL‑AAO intervient dans un contexte déjà tendu pour la compagnie, qui fait face comme d’autres opérateurs d’A220 à des contraintes de disponibilité liées aux moteurs Pratt & Whitney PW1500G. En 2025, airBaltic a réduit certaines fréquences et supprimé une partie de son programme estival en raison des immobilisations prolongées imposées par la maintenance des moteurs, tout en développant ses activités de wet lease pour optimiser l’utilisation des appareils disponibles.

Un Airbus A220 d’airBaltic irrémédiablement perdu après un incendie au sol  1 Air Journal

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