La privatisation d’Azores Airlines, compagnie long-courrier du groupe public SATA, entre dans une nouvelle phase après l’échec d’une première tentative en 2023. Selon les autorités régionales, plusieurs acteurs du secteur aérien – dont Binter Canarias et Icelandair – ont manifesté leur intérêt, illustrant l’importance stratégique de cet opérateur au cœur de l’Atlantique Nord.

Une relance sous contrainte européenne

Le gouvernement régional des Açores a relancé le processus de privatisation d’Azores Airlines, avec entre six et huit investisseurs potentiels ayant déjà exprimé leur intérêt. Ce nouveau calendrier s’inscrit dans le cadre des engagements pris auprès de la Commission européenne, qui avait validé en 2022 une aide d’État de 453 millions d’euros destinée à restructurer le groupe SATA.

En contrepartie, Bruxelles impose la cession majoritaire de la compagnie d’ici au 31 décembre 2026. « Nous allons recevoir prochainement les nouvelles conditions de privatisation », a indiqué Tiago Santos, secrétaire régional aux Finances, cité par la presse portugaise. Le processus abandonne désormais l’appel d’offres classique au profit de négociations directes avec les candidats. La vente portera sur au moins 51% du capital, avec la possibilité d’une participation plus importante afin de garantir à l’investisseur retenu un véritable contrôle stratégique.

L’échec d’une première tentative

Cette relance fait suite à un premier processus avorté. En 2023, le consortium Atlantic Connect Group avait proposé 17 millions d’euros pour acquérir 85% d’Azores Airlines, mais n’avait pas été en mesure de fournir les garanties financières exigées. Cet échec avait mis en lumière la fragilité financière de la compagnie, tout en soulignant la complexité d’un dossier mêlant enjeux économiques, politiques et territoriaux.

Binter, un partenaire naturel

Parmi les candidats les plus crédibles figure Binter Canarias. La compagnie espagnole, spécialiste des liaisons inter-îles aux Canaries, entretient déjà des liens étroits avec Azores Airlines via un accord de partage de codes. Les deux transporteurs coopèrent notamment sur certaines routes entre les Açores et les Canaries, ce qui confère à Binter une connaissance opérationnelle précieuse du marché régional atlantique. Selon plusieurs sources, Binter pourrait privilégier une prise de participation minoritaire, autour de 20%, dans une logique de partenariat renforcé plutôt que de contrôle total.

Une telle alliance permettrait de structurer un réseau régional cohérent entre archipels atlantiques, avec des synergies opérationnelles et commerciales.

Icelandair vise un hub transatlantique

Autre candidat de poids : Icelandair. La compagnie islandaise verrait dans l’aéroport de Ponta Delgada une extension naturelle de son modèle de hub à Keflavík, reliant l’Europe et l’Amérique du Nord. Dans cette perspective, les Açores pourraient devenir une plateforme complémentaire pour capter des flux transatlantiques, notamment sur des marchés de niche ou saisonniers. Cette stratégie s’inscrit dans la logique d’optimisation des routes long-courriers et de diversification des points d’entrée en Atlantique Nord.

Une flotte long-courrier attractive

L’un des principaux atouts d’Azores Airlines réside dans sa flotte moderne de 3Airbus A321LR, particulièrement adaptés aux liaisons transatlantiques à faible densité et 2 A321neo. Ces appareils permettent d’opérer efficacement des vols vers Boston, New York ou Toronto, marchés clés en raison de l’importance de la diaspora açorienne en Amérique du Nord. Leur rayon d’action et leur capacité offrent une flexibilité précieuse pour développer des routes point-à-point sans passer par des hubs congestionnés.

Le calendrier de privatisation devrait se dérouler en plusieurs phases : manifestations d’intérêt, offres non contraignantes, puis offres fermes. Une course contre la montre est engagée pour respecter l’échéance fixée par l’Union européenne.

Azores Airlines relance sa privatisation : Binter et Icelandair en lice 1 Air Journal

@Azores Airlines