Après onze jours de grève illimitée, le conflit social chez Airbus en Espagne pourrait connaître une issue. La direction de l’avionneur européen et quatre syndicats ont signé, vendredi 4 septembre, un préaccord sous l’égide du gouvernement espagnol. Sa validation reste toutefois suspendue au vote des salariés, appelés à se prononcer par référendum au cours du mois de septembre.

Réunis en urgence au ministère espagnol de l’Industrie et du Tourisme, à Madrid, les représentants d’Airbus et des syndicats ATP, CCOO, SIPA et UGT sont parvenus à un accord de principe destiné à désamorcer un mouvement social engagé durant l’été, puis durci fin août. Le ministre espagnol de l’Industrie, Jordi Hereu, a présidé cette médiation, à laquelle Guillaume Faury, le directeur général d’Airbus, a également participé.

Un texte soumis aux 15 000 salariés
Le préaccord n’équivaut pas encore à une sortie définitive de crise. Il doit désormais être soumis à un référendum contraignant auprès de l’ensemble des quelque 15 000 salariés d’Airbus en Espagne. La direction évoque une « solution équilibrée », incluant des améliorations finales et des précisions sur sa proposition précédente.

Les quatre syndicats signataires représentent ensemble 88% des élus du personnel, selon France 3 Occitanie. Mais l’issue du scrutin reste incertaine : fin juillet, un premier projet négocié avec une partie des organisations syndicales avait déjà été rejeté de peu par les salariés, ce qui avait contribué au durcissement du conflit.

Les revendications au cœur du conflit
Le mouvement a débuté en juillet avec une première série de débrayages. Les salariés dénoncent une dégradation de leurs conditions de travail et réclament notamment un rattrapage du pouvoir d’achat perdu depuis la pandémie, estimé à plus de 11%, ainsi que la possibilité d’effectuer jusqu’à 40% de leur temps de travail à distance.

La mobilisation s’est transformée en grève illimitée le 25 août, après que les propositions précédentes de l’avionneur ont été jugées insuffisantes par une partie des syndicats. Le 31 août, les salariés réunis en assemblées générales avaient refusé à 81% de suspendre temporairement le mouvement, une condition alors posée par Airbus pour reprendre les négociations. Environ 1 000 personnes avaient participé à ce vote.

Des sites industriels stratégiques touchés
La grève concerne l’ensemble des implantations espagnoles d’Airbus : Getafe, près de Madrid, Illescas dans la province de Tolède, Albacete, Cadix, ainsi que les sites de Tablada et San Pablo à Séville. Getafe est le principal site concerné, avec environ 9 000 salariés.

Ces usines fabriquent notamment des aérostructures et des éléments de fuselage destinés aux chaînes d’assemblage d’avions commerciaux et militaires. Airbus n’a, à ce stade, communiqué aucun impact chiffré sur ses livraisons. Mais ce conflit intervient dans un contexte de forte montée en cadence industrielle, alors que l’avionneur cherche à sécuriser ses capacités de production face à un carnet de commandes record.

Une sortie de crise encore fragile
Le compromis reste contesté par deux organisations à l’origine de la grève, la CGT espagnole et ÚTIL, qui n’ont pas participé à la négociation du 4 septembre. Le comité de grève accuse notamment Airbus d’avoir conduit des discussions parallèles avec des syndicats non grévistes et a évoqué la possibilité d’une action en justice.

Le résultat du référendum sera donc décisif. Une approbation permettrait de mettre fin au mouvement et de stabiliser l’activité des sites espagnols. À l’inverse, un rejet relancerait le bras de fer social à quelques mois de la clôture de l’exercice, avec un risque accru pour la chaîne industrielle européenne d’Airbus. Le conflit a aussi trouvé un écho en France : la CGT de Toulouse envisageait une mobilisation le 12 septembre, en soutien aux salariés espagnols et alors qu’une manifestation est prévue le même jour à Madrid.

Grève chez Airbus en Espagne : un accord de principe trouvé avec quatre syndicats 1 Air Journal

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