L’Iran affirme avoir adressé une protestation officielle à l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) contre les sanctions prises par Washington à l’encontre de ses compagnies aériennes. Depuis l’expiration, le 23 septembre, de certaines autorisations américaines, plusieurs liaisons internationales ont été interrompues, notamment vers les Émirats arabes unis. Les vols iraniens n’ont toutefois pas cessé partout.
L’Iran proteste auprès de l’OACI
Le chef de l’Organisation de l’aviation civile iranienne, Abouzar Shiroudi, a annoncé lundi 28 septembre l’envoi à l’OACI d’une protestation accompagnée, selon l’agence officielle IRNA, de documents décrivant les perturbations du trafic. « Pour défendre les droits légitimes du secteur aérien et contrer les restrictions illégales imposées par les États-Unis, l’Iran a rédigé et transmis une protestation officielle à l’OACI », a-t-il déclaré, cité par IRNA. Cette qualification d’« illégales » est celle des autorités iraniennes, non une conclusion de l’organisation internationale.
Téhéran dit également avoir engagé une démarche devant la Cour internationale de justice (CIJ). La portée exacte de cette annonce appelle néanmoins de la prudence : dans son compte rendu de l’entretien avec Abouzar Shiroudi, IRNA rattache la procédure évoquée à La Haye à des attaques contre des aéroports, des avions et des radars, plutôt qu’aux seules sanctions annoncées en septembre. Aucun jugement de la CIJ sur ces nouvelles mesures ne peut donc être déduit de cette déclaration.
Vingt-sept compagnies iraniennes sanctionnées
Le 8 septembre, le département américain du Trésor a annoncé des mesures visant 36 cibles liées à l’aviation iranienne, dont 27 compagnies aériennes. Iran Airtour, Iran Aseman Airlines, Qeshm Air, Kish Airlines et Zagros Airlines figurent parmi les transporteurs nouvellement inscrits sur la liste américaine ; Mahan Air faisait déjà l’objet de sanctions. Washington accuse notamment des acteurs du secteur d’avoir facilité le transport de matériel et de personnel au profit du régime iranien, ainsi que l’acquisition d’avions et de technologies d’origine américaine. Il s’agit des motifs avancés par le Trésor américain, contestés par Téhéran.
Dubaï fermé, Istanbul encore desservie
Sur le réseau international, la rupture la plus visible concerne les Émirats arabes unis, qui ont suspendu les vols des compagnies iraniennes à destination et au départ de leur territoire. La disparition de Dubaï du programme de ces transporteurs prive leurs passagers d’une importante escale vers l’Europe, l’Asie et l’Afrique.
La Turquie conserve un rôle de point de passage, mais la situation varie selon les compagnies : Mahan Air a interrompu ses vols vers ce pays à la demande des autorités turques, tandis qu’Iran Air maintenait des vols quotidiens vers Istanbul. Des dessertes subsistaient également vers la Chine, la Russie et le Pakistan. Du côté irakien, Bagdad cherchait une exemption pour préserver notamment les déplacements de pèlerins, d’étudiants et de patients.
L’ampleur de la baisse du trafic fait elle aussi l’objet de chiffres divergents. D’après un décompte de Flightradar24, 41 vols ont décollé ou atterri à l’aéroport international Imam-Khomeini de Téhéran le dimanche 27 septembre, contre environ 80 à 90 vols quotidiens les deux jours précédant l’expiration des autorisations américaines. La direction de l’aéroport avançait, elle, 60 vols ce dimanche-là et affirmait que plus de 30 destinations internationales restaient desservies.

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