L’Arabie saoudite a prolongé, lundi 12 octobre, la suspension des opérations à l’aéroport international King Khalid de Riyadh, après les attaques meurtrières du week-end attribuées aux Houthis du Yémen. La quasi-totalité des vols prévus dimanche ont été annulés, tandis que les perturbations s’étendent à d’autres destinations saoudiennes. Lufthansa maintient ses annulations jusqu’au 16 octobre et Air France-KLM jusqu’à la fin du mois.

Aéroport de Riyadh : aucune date de réouverture annoncée

Le ciel de Riyadh demeure presque vide. Deuxième aéroport d’Arabie saoudite par son trafic derrière Djeddah, King Khalid reste fermé après les attaques des samedi 10 et dimanche 11 octobre. L’autorité saoudienne de l’aviation civile, la GACA, a annoncé lundi la prolongation de la suspension des opérations, sans communiquer de date ni d’heure de réouverture. Cette mesure doit « permettre l’achèvement des procédures visant à garantir la sécurité et la disponibilité opérationnelle des installations aéroportuaires », indique la GACA dans un communiqué cité par Reuters. La reprise reste ainsi conditionnée aux vérifications de sécurité et à l’évaluation de l’état des installations, et non à la seule évolution des programmes de vols des compagnies.

Selon le dernier bilan, l’attaque de samedi a fait 13 morts et plus de 300 blessés. Une nouvelle attaque, dimanche, a tué une personne et blessé près d’une douzaine d’autres. Les personnels navigants ont eux aussi payé un lourd tribut à cette série d’attaques. Dès le jeudi 8 octobre, une frappe contre l’aéroport King Khalid de Riyadh avait tué trois ressortissants saoudiens, dont un pilote de ligne, rapporte The National, qui précise qu’un appareil de Saudia avait également été endommagé. Selon le quotidien émirati, au moins 20 personnes ont été tuées dans les attaques visant les aéroports de Riyadh et d’Abha au cours de la semaine écoulée. Ces frappes constituent l’une des perturbations les plus importantes subies par l’aviation civile saoudienne depuis plusieurs années.

Annulations de vols : un trafic presque entièrement interrompu dimanche

Les données de Cirium donnent la mesure de la paralysie : 99,7% des vols programmés à Riyadh ont été annulés dimanche. Pour lundi, le cabinet spécialisé estimait qu’environ 60% des vols prévus ne seraient pas assurés, tandis que Flightradar24 avançait une proportion d’environ 78%.

Les perturbations dépassent désormais la capitale. Selon Cirium, plus d’un tiers des vols programmés dans l’ensemble du royaume ne devaient pas être opérés lundi. Les annulations de certaines compagnies concernent également Djeddah, Dammam et Abha, sans que cela signifie que tous ces aéroports soient fermés. L’arrêt de King Khalid touche une plateforme majeure du transport aérien saoudien. Pour mesurer son activité habituelle, Riyadh Airports, son gestionnaire, avait annoncé 3,9 millions de passagers et 26 000 mouvements d’avions en juillet 2025, alors un record mensuel. Le 31 juillet de cette même année, l’aéroport avait accueilli 142 538 passagers en une seule journée.

Lufthansa, Air France-KLM, Emirates : les suspensions se prolongent

Les compagnies européennes ont adopté des échéances de suspension distinctes. Lufthansa Group a annulé ses vols à destination de Riyadh jusqu’au 16 octobre. Air France-KLM a prolongé la suspension de ses dessertes de la capitale saoudienne jusqu’à la fin du mois. Chez KLM, le périmètre est plus large que Riyadh. Dans un communiqué officiel actualisé le 10 octobre, la compagnie néerlandaise précise : « KLM n’assurera pas de vols à destination et en provenance de Dubai, de Riyadh et de Dammam jusqu’au 31 octobre inclus. » Les dessertes depuis Amsterdam restent donc interrompues vers deux destinations saoudiennes ainsi que vers Dubai, aux Émirats arabes unis. Cette mesure s’inscrit dans une succession de prolongations liées à la situation régionale : ces lignes étaient déjà suspendues jusqu’au 24 octobre avant cette dernière annonce.

Dans le Golfe, les programmes restent eux aussi fortement perturbés. Etihad Airways a annulé plusieurs rotations entre Abu Dhabi et Riyadh, mais également vers Dammam et Djeddah, lundi et mardi. The National, qui a consulté les avis de voyage et les listes de vols de la compagnie, confirme que ces annulations concernent plusieurs liaisons saoudiennes, et pas seulement l’aéroport de la capitale.

Emirates affiche pour sa part l’annulation des six vols prévus lundi entre Dubai et Riyadh, soit trois départs et trois retours. Plusieurs services sont également annulés mardi.

Flydubai a adopté une suspension plus large. « Les vols à destination d’Abha, de Dammam et de Riyadh ont été annulés jusqu’au 14 octobre inclus », a déclaré un représentant de la compagnie au quotidien émirati. « Nous continuons à suivre la situation de près et informerons nos clients par nos canaux officiels de toute modification de nos horaires de vol. »

La FAA alerte sur les risques dans l’espace aérien saoudien

Au-delà de la fermeture de Riyadh, la sécurité des vols dans l’espace aérien saoudien fait l’objet d’un avertissement américain. Dimanche, la Federal Aviation Administration (FAA), a demandé aux transporteurs américains de faire preuve de prudence lorsqu’ils desservent ou survolent le royaume, en raison des activités militaires et des interférences affectant les systèmes de navigation. L’avis, valable jusqu’au 10 décembre, concerne également les exploitants d’avions immatriculés aux États-Unis.  « Les menaces pourraient présenter un risque potentiel pour les aéronefs à toutes les altitudes, y compris lors du survol et pendant les phases d’arrivée et de départ », prévient la FAA. Il s’agit d’un appel à la prudence, et non d’une interdiction générale de survol de l’Arabie saoudite.

Des attaques répétées contre les infrastructures aéroportuaires

La crise actuelle ne se limite pas aux frappes du week-end. Dès jeudi 8 octobre, Lufthansa et plusieurs compagnies indiennes avaient annoncé des suspensions après une nouvelle attaque revendiquée par les Houthis contre King Khalid. Reuters rapportait alors que de la fumée avait été observée autour d’un avion stationné à l’aéroport, tandis que le mouvement yéménite affirmait avoir utilisé un missile balistique.

Dimanche, les Houthis, soutenus par l’Iran, ont renouvelé leurs menaces à l’encontre des compagnies aériennes, des voyageurs et du personnel des aéroports saoudiens. Cette escalade intervient dans un contexte de reprise des combats au Yémen, où l’Arabie saoudite a intensifié son soutien aux forces gouvernementales et ses frappes contre le mouvement.

Pour les passagers, l’incertitude demeure entière tant qu’une reprise n’a pas été officiellement annoncée et confirmée par leur transporteur. Les voyageurs concernés sont invités à vérifier le statut de leur vol avant de se rendre à l’aéroport et à contacter leur compagnie ou leur agence pour les possibilités de réacheminement ou de remboursement. Les correspondances doivent elles aussi être vérifiées : les perturbations touchent désormais plusieurs points du réseau saoudien.

Riyadh à l’arrêt : les attaques houthies paralysent le transport aérien 1 Air Journal

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