Pour la troisième journée cette semaine, des menaces à la bombe ont perturbé plusieurs liaisons européennes, jeudi 5 novembre. Au moins douze vols étaient concernés à la mi-journée, tous ayant atterri en sécurité. En France, un Airbus A320 d’Aer Lingus reliant Dublin à Rome a été dérouté vers la base aérienne d’Évreux. Ailleurs, plusieurs appareils ont rejoint leur destination sous surveillance ou après une escorte militaire.
Des menaces anonymes, des avions de chasse mobilisés et des inspections à l’arrivée : le transport aérien européen fait face à une nouvelle série d’alertes à la bombe. Après les incidents de lundi et de mardi, plusieurs compagnies ont de nouveau été touchées jeudi matin, parmi lesquelles Aer Lingus, Ryanair, Wizz Air, Finnair et LOT. Les contrôles dont les résultats avaient été communiqués n’avaient révélé aucun explosif ni objet suspect. Le bilan d’au moins douze vols reste toutefois provisoire, les signalements et les vérifications se succédant dans plusieurs pays.
Aer Lingus : un Airbus A320 Dublin–Rome dérouté à Évreux
L’incident le plus directement suivi par les autorités françaises concerne le vol EI402 d’Aer Lingus, parti de Dublin à destination de Rome-Fiumicino. L’Airbus A320 a été dérouté vers la base aérienne militaire 105 d’Évreux-Fauville, en Normandie. Alors qu’il survolait le département de l’Essonne, au sud de Paris, il a fait demi-tour, effectué plusieurs circuits d’attente, avant de remonter vers le nord puis de mettre le cap à nouveau vers le sud en direction de la base aérienne normande. L’avion y a effectué un atterrissage d’urgence, à 10h05 selon Matignon, sous l’escorte d’un chasseur Rafale et d’un Mirage 2000 de l’armée de l’air française. Les 151 passagers et les six membres d’équipage ont été mis en sécurité afin de permettre l’intervention des démineurs. Les passagers ont été fouillés.
« Notre permanence opérationnelle a décollé pour intercepter cet avion de ligne à la suite d’une suspicion d’alerte à la bombe », a déclaré l’armée de l’Air et de l’Espace à l’AFP. Aer Lingus a confirmé un déroutement « par mesure de sécurité » et indiqué travailler au réacheminement des voyageurs vers leur destination finale. À ce stade des informations disponibles, le résultat de l’inspection de l’A320 n’était pas précisé.
Ryanair, Wizz Air et Finnair : des réponses différentes selon les vols
En Bulgarie, trois vols Ryanair à destination de Sofia ont été visés : ils provenaient de Madrid, de Copenhague et de Londres-Stansted. Les deux premiers ont rejoint leur destination prévue, tandis que celui en provenance de Londres a été dérouté vers Plovdiv.
Deux liaisons Finnair au départ d’Helsinki, vers Rome et Vienne, ont également fait l’objet de menaces. L’appareil à destination de Fiumicino a été escorté par des chasseurs italiens avant de se poser, comme prévu, vers 9 h 30. La compagnie a indiqué que les deux avions avaient atterri en sécurité à leur destination et qu’aucun élément suspect n’avait été découvert.
Wizz Air a, pour sa part, confirmé le déroutement vers Vienne d’un vol Milan-Malpensa–Varsovie. Une autre liaison de la compagnie au départ de Malpensa, vers Bucarest, a également été concernée. Ces incidents illustrent la diversité des mesures prises : poursuite du vol jusqu’à destination, déroutement ou accompagnement militaire, selon la situation de chaque appareil.
Prague et Bruxelles également concernés
La police tchèque a annoncé s’être préparée à l’arrivée de quatre avions à destination de Prague après des menaces faisant état d’engins explosifs à bord. Elle a précisé juger leur crédibilité faible, tout en déployant les moyens de sûreté nécessaires et en cherchant à limiter les conséquences pour les passagers et l’exploitation de l’aéroport.
À Bruxelles, une menace a également concerné un vol LOT en provenance de Varsovie.
Une nouvelle vague après les alertes de mardi
Ces événements prolongent une série déjà rapportée hier dans nos colonnes, qui recensait au moins sept vols visés mardi 3 novembre à destination de la Pologne, de la Bulgarie, de l’Italie et de l’Espagne. D’autres bilans de presse évoquaient une dizaine de vols. Les contrôles réalisés sur les appareils concernés n’avaient révélé aucun engin suspect.
Parmi les incidents de mardi figuraient deux vols Ryanair à destination de Rome, ainsi que des liaisons vers Varsovie et Sofia. Le vol LOT Londres-Heathrow–Varsovie avait notamment été dérouté vers Varsovie-Modlin. La veille, un appareil Wizz Air reliant Londres-Luton à Sofia avait atterri à Budapest sous escorte de chasseurs hongrois.
L’hypothèse d’une action coordonnée, sans attribution établie
L’origine de ces menaces et leurs motivations restent inconnues. La société spécialisée Osprey Flight Solutions estime que « la fréquence des menaces est telle qu’elle suggère un lien entre elles ». Elle considère que la diversité des compagnies et des destinations pourrait traduire une volonté de perturber les liaisons aériennes plutôt que de viser un opérateur particulier.
Le quotidien Corriere della Sera évoque une possible opération de swatting, consistant à provoquer délibérément une intervention des services de sécurité par de faux signalements. Aucune attribution à un État ou à un groupe n’est cependant établie dans les informations consultées. Pour les compagnies, les effets opérationnels sont, eux, immédiats : avions immobilisés pour inspection, déroutements et réacheminement des passagers, même lorsque la menace se révèle infondée.

Aucun commentaire !