L’occasion d’un voyage en Thaïlande a permis à Air-Journal de tester l’Airbus A380 de Qatar Airways, le vol aller effectué en classe Affaires, le retour en classe Economie. Voici le récit du vol retour, Bangkok-Paris via une correspondance à Doha.

Arrivée à Bangkok-Suvarnabhumi
Arrivé à l’aéroport Suvarnabhumi de Bangkok juste avant l’averse, probablement protégé par les amulettes qui décoraient le rétroviseur de mon taxi. Laissé tranquille, il a bien sûr pris le chemin le plus long, celui qui passe au bout des pistes et fait presque le tour des installations, mais ça me donne l’occasion de regarder quelques avions décoller – sans être foudroyé malgré les éclairs qui sillonnent un ciel bien noir.

Enregistrement rapide, et passage de la sécurité et de la douane en 25 minutes (malgré l’inévitable touriste en marcel qui a perdu sa carte de sortie), une brièveté rarement vécue avec cerise sur le gâteau, le préposé au contrôle des passeports qui choisit de fermer la file d’attente juste derrière moi.

Le temps de rêver au Romanée Conti 2008 vendu 620.000 bahts (un peu plus de 15.000 euros, au moins il est en cave électrique), de siroter un espresso et de constater que la petite bouteille d’eau plate est redescendue à 25 bahts (le menu Burger King, comme la majorité de ce qui est achetable dans l’aéroport Suvarnabhumi de Bangkok, reste nettement plus cher qu’en ville), je prends la direction de la porte d’embarquement C3 ; toutes les classes entrent au même étage.

Embarquement sur l’A380
Première surprise, l’entrée dans l’A380 de Qatar Airways se fait dans la pénombre, sans doute pour souligner les effets colorés des LED. Cela augmente l’effet caverne de la cabine, et un sentiment de hauteur sous plafond sans pareil.

Mon siège 55K se situe au-dessus de l’aile droite et donne sur deux hublots – mais la glace au ras du mur rend toute photo de l’extérieur pour le moins aléatoire si on veut éviter les reflets. L’écran HD est presqu’aussi large que le dossier, au-dessus d’une télécommande/manette de jeux qui ne quittera pas son rangement tant les commandes tactiles sont réactives.

Confort à bord et décollage
L’espace entre les rangées est généreux, la têtière promet un sommeil confortable, le wifi marche immédiatement, la pochette refermant chaussettes et boules Quies est jolie mais sans surprise, il ne reste qu’à attendre le départ – qui se fait imperceptiblement et très exactement à l’heure. La vidéo de sécurité avec les joueurs du Barca reste drôle mais elle est aussi bruyante (foule en particulier), et répétée deux fois finit par être lassante.

Un A320 de la low cost chinoise Spring Air nous regarde partir, un appareil de China Southern Airlines a l’audace de décoller devant nous, puis l’A380 s’envole tout en douceur. Et en silence, le sifflement de l’air conditionné dominant jusqu’à l’accélération (très progressive), et là encore il est difficile de séparer le bruit de roulement de celui des réacteurs. Nous sommes dans les airs 23 minutes après avoir quitté la porte C3. Et le seul bruit notable de tout le vol sera la longue rentrée du train d’atterrissage.

Service à bord et dîner
À peine en ligne droite, les premières annonces de service résonnent et les menus – minimalistes – sont distribués. Deux voisins à côté, mais c’est celui de derrière qui gêne le plus à force d’essuyer ses semelles sur mes chevilles (lui et ses deux compères n’arrêteront pas de parler à voix haute pendant le vol, ils ne méritent pas la recette de la dinde au whisky).

Le dîner m’est servi à peine plus d’une heure après le départ, un joli étui renfermant les couverts en acier : les nouilles frites au poulet Singapore Style sont bonnes même si le poulet est un peu sec, la salade de pâtes est oubliable tout comme le pain, et le gâteau au chocolat est une excellente surprise. J’ai un peu de mal à me faire au remplacement de l’habituel fromage par un mini-Mars – on mettra ce choix sur le dos de la mondialisation.

Escale à Doha
Le reste du voyage est passé à somnoler en regardant un film déjà oublié, et surtout à admirer l’application cartes/suivi de vol, originale avec ses vues 3D, simili-cadrans de cockpit et HUD (même si la perspective de l’aile et du paysage en-dessous a dû en faire frémir plus d’un, hublot au quatrième étage ?).

Arrivée à Doha-Hamad International avec les excuses du commandant de bord pour le retard – 20, 30 minutes ? Sortir comme Jonas du ventre de la baleine, jouer des coudes pour repérer sur l’unique tableau d’affichage la porte d’embarquement du vol suivant, et marche forcée le long d’interminables corridors ; hésiter à s’arrêter au duty-free puis renoncer, tenir une demi-cigarette dans un salon fumeur bondé et sans aération (le nuage fait peur), renoncer également aux toilettes en raison de la file d’attente et arriver enfin à la porte C8 moins de 30 minutes avant le décollage – la zone est quasiment vide.

Surprise du changement d’appareil
Quelque chose cloche dès mon entrée dans l’avion suivant du vol Doha-Paris. Pas le même éclairage, pas la même impression de caverne, écran vidéo semblant terne – à peine ai-je le temps de me demander si les A380 de Qatar Airways ont plusieurs aménagements que je réalise : c’est un Airbus A350-900 qui m’emmène à Paris.

L’avion est peut-être rempli à 80%, le pitch reste confortable et le hublot du siège 21K est idéal pour les photos comme pour le spectacle extérieur – même si je me retrouve de nouveau au milieu de l’aile. L’âge avancé de la bête se voit : tablette qui s’affaisse, trappe de poubelle manquante dans les toilettes… Je frôle l’apoplexie en voyant juste à côté de nous un 787 Dreamliner (partant vers Edimbourg), qui cache un A350 dont je distingue juste l’exquis arrondi de l’aile.

Lors du décollage, deux minutes après l’heure prévue. Les annonces sont passées de l’anglais au français (toujours en sus de l’arabe), et là encore hôtesses de l’air et stewards aux multiples origines assurent un service impeccable. Le petit sandwich chaud et la brioche, déjà proposés à l’arrivée du vol précédent, sont les bienvenus. Pas de pipelettes dans le dos cette fois, et le siège à côté du mien est vide. Je n’ouvrirai les yeux qu’une fois le soleil apparaissant au-dessus de l’horizon.

Nuit en vol et petit déjeuner
Il est 4h15 lors du début du service de petit déjeuner, le vrombissement des moteurs a pour avantage de noyer les autres bruits. La tablette penche toujours dangereusement vers moi, menaçant d’envoyer l’omelette dans mon giron.

Omelette qui est accompagnée de champignons, de pommes sautées et d’une saucisse, pas désagréables dans l’ensemble mais j’ai toujours l’impression que les œufs et l’altitude ne font pas bon ménage ; le croissant solitaire est bientôt rejoint par un autre, l’acidité du jus d’orange achève de me réveiller, le café est très bon – et les PNC passent et repassent, y compris pour ceux qu’ils avaient laissés dormir la première fois.

Arrivée à Paris et conclusion
L’atterrissage à Roissy-CDG se fait dans un brouillard à couper au couteau, l’extrémité de l’aile n’est même pas visible. Contrairement aux appréhensions, le passage à la douane est quasi-instantané (pas de file d’attente côté Europe, Parafe est donc inutile) et la livraison de mon bagage se fait dans un délai raisonnable, 15 minutes après mon arrivée au tapis.

Sortie de l’aéroport – il fait 22° de moins qu’au départ. Moralité : la prochaine fois, choisir les horaires de voyage en fonction de la présence ou non de l’A380 ; la différence vaut bien une escale plus longue !

Reportage en Airbus A380 : Bangkok-Paris via Doha sur un vol Qatar Airways en Economie 1 Air Journal

@AJ/DR

Reportage en Airbus A380 : Bangkok-Paris via Doha sur un vol Qatar Airways en Economie 2 Air Journal

@AJ/DR