Le syndicat majoritaire chez les pilotes de la compagnie aérienne régionale HOP! Air France a lancé une consultation sur le projet de nouvelle convention collective unique, qui devrait être approuvé deux ans après la fusion d’Airlinair, Brit’air et Regional. Le Parlement européen a d’autre part donné son feu vert à l’attribution d’une aide d’environ 10 millions d’euros en faveur des 1858 salariés d’Air France licenciés en 2017, pour permettre leur reconversion.

Le SNPL HOP ALPA a lancé le 3 juillet 2018 une consultation interne jusqu’à la fin du mois chez les pilotes de HOP!, leur demandant d’approuver ou rejeter le projet d’accord sur une convention collective unique, rendue nécessaire par la fusion finalisée en avril 2016 des trois compagnies régionales Airlinair, Brit’Air et Regional. « Si le 30 juillet 2018, la Convention est approuvée dans sa totalité, nous pourrons la signer afin qu’elle soit mise en œuvre dès septembre 2018 et que les arriérés des grilles de salaire soient payés rétroactivement au 1er janvier 2018 », a écrit le SNPL dans une communication interne publiée par Le Figaro. « Dans le cas contraire, un bras de fer devra de nouveau s’engager », ajoute le syndicat majoritaire qui avait mené une grève de six jours en juillet dernier sur le même motif. Le SNPL HOP! a régulièrement dénoncé une fusion des trois compagnies régionales réalisée à coûts constants, sans prendre en compte ses conséquences en termes de flotte, d’organisation et de procédures, mais aussi un manque d’harmonisation entre les différents accords d’entreprise préexistants.

Depuis le 1er décembre 2017, les pilotes de HOP! Air France sont gérés par un nouveau texte sur les conditions de travail et de rémunération imposé unilatéralement par la direction, texte qui a été validé par la DGAC faute d’accord avec les syndicats. « Les dispositions unilatérales concernent l’ensemble des règles applicables aux 850 pilotes de HOP! », notamment pour l’organisation des plannings, les congés, la rémunération et la gestion des carrières, précisait alors la direction, même si les négociations « se poursuivent sur l’ensemble de ces thèmes ». Un représentant du SNPL HOP! reconnaissait que le nouveau texte « est en théorie de meilleure qualité que celui de Regional », mais les anciens pilotes des deux autres compagnies « y perdent avec moins de repos » pour les uns et une « perte de stabilité du planning » pour les autres.

Rappelons que le SNPL HOP n’a pas participé à la grève des pilotes Air France menée pendant quinze jours depuis février. Après avoir brandi en février la menace d’un nouveau conflit, le syndicat racontait que « c’est finalement en mars 2018 qu’une prise de conscience, bien tardive, du management est finalement intervenue concernant le rôle central des pilotes dans une compagnie aérienne, évitant de peu à l’entreprise de toucher le fond ». Cette « relance du dialogue social sur de nouvelles bases » a depuis permis la rédaction concertée de la nouvelle convention. Le Flight Union Cockpit (FUC), troisième syndicat de pilotes chez HOP!, se dit « assez optimiste sur l’accueil » auprès de ses adhérents eux aussi consultés.

Mardi a été une “bonne journée” pour une autre catégorie de salariés d’Air France, les 1858 licenciés économiques de 2017. Le Parlement européen a voté hier à 549 voix pour (88 voix contre) afin de valider le feu vert donné en avril par la Commission sur une aide de 9,89 millions d’euros en faveur des ex-salariés, licenciés en raison de « perturbations économiques graves » : une baisse de la part de marché de l’UE à l’international, une croissance plus lente du trafic aérien en Europe que dans le reste du monde, et la montée en puissance des compagnies aériennes subventionnées du Golfe d’après son projet de rapport. Selon le Parlement, cette aide, demandée par la France et qui sera versée par le Fonds Européen d’ajustement à la Mondialisation (FEM), est justifiée puisqu’elle couvrira « cinq types de services visant à lutter contre le chômage : orientation et formation professionnelle, entreprenariat, subventions de démarrage et indemnités ». Le communiqué du Parlement rappelle que la plupart des travailleurs concernés ont été licenciés dans les régions d’Ile-de-France et de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Dernier obstacle à franchir : le feu vert des Etats membres de l’UE.

Air France : le SNPL consulte chez HOP!, l’Europe aide les licenciés 1 Air Journal

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