Parmi les 14 offres de reprise d’Aigle Azur déposées auprès de l’administratrice judiciaire, celle du tandem Lionel Guérin et Philippe Micouleau, deux anciens dirigeants d’Air France, serait aujourd’hui la favorite, selon le site Boursier.com.

Simplement parce que leur offre “vise une reprise de la totalité du périmètre de l’entreprise“, selon les informations parvenues à Boursier.com, alors que la plupart des autres offres dites sérieuses portent sur une reprise partielle d’Aigle Azur. Pour cette raison, les syndicats des personnels sont favorables à l’offre du tandem Guérin-Micouleau , estimant qu’elle permettra de conserver tous les emplois (1150 salariés).

En outre, le binôme connaît bien le secteur : Lionel Guérin est un ancien pilote de ligne, diplômé de l’ENAC, il a présidé la Fédération nationale de l’aviation marchande, lancé la filiale low cost Transavia du groupe Air France-KLM en 2007 et dirigé la filiale HOP! de 2013 et 2016; Philippe Micouleau a quant à lui présidé HOP! jusqu’à l’automne 2017. Les deux hommes ont les faveurs du secrétaire d’Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, lui même un ancien pilote de ligne, qui a déclaré :  “Lionel Guérin, l’ex-PDG de Hop!, par exemple, est accompagné d’une équipe reconnue dans le monde de l’aviation, avec des soutiens financiers crédibles“.

Mais l’offre Guérin-Micouleau n’est pas sans condition suspensive, selon Boursier.com. Elle repose sur l’obtention d’un prêt participatif de 20 millions d’euros auprès de l’Etat, mais aussi la récupération de la trésorerie d’Aigle Azur bloquée en Algérie et estimée à quelque 15 millions d’euros. 

En tout cas, Air France serait, a priori donc, écartée pour le moment, n’ayant pas modifié son offre partielle pour se mettre en règle avec la réglementation européenne. Elle a proposé de reprendre « 100% des créneaux horaires d’Aigle Azur pour exploiter les lignes transférées avec les moyens du groupe Air France-KLM », sans toutefois récupérer les avions ni tous les personnels. Alors que la réglementation européenne, comme l’explique La Tribune, stipule que « les repreneurs doivent reprendre tout ce qui est attaché à l’activité reprise (locations des avions, personnels, locaux, etc.) qui permet son fonctionnement ».  

L’offre partielle du groupe Dubreuil (Air Caraïbes, French bee), qui mise sur une reprise uniquement des lignes long-courriers vers le Mali et le Brésil, des 2 Airbus A330-200 et de seulement 109 salariés, serait également sortie de tête de lice.  L’administratrice judiciaire, Catherine Poli, doit valider aujourd’hui les dossiers de reprise. Une audience est prévue ce lundi 16 septembre au tribunal de commerce d’Evry pour décider du sort d’Aigle Azur, la deuxième compagnie française la plus ancienne.

Aigle Azur en redressement judiciaire : l'offre de reprise Guérin-Micouleau favorite 1 Air Journal

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