Alors que les frappes iraniennes en réponse à l’attaque israélo-américaine ont paralysé une grande partie de l’espace aérien du Golfe et du Moyen-Orient, des milliers de Français se retrouvent coincés à Dubaï, Doha et dans les grands hubs de la région. Air France a prolongé jusqu’à jeudi inclus la suspension de ses vols vers Dubaï, Riyad, Beyrouth et Tel-Aviv, compliquant encore les possibilités de retour vers la France.
Près de 400 000 Français concernés dans la région
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a indiqué lundi que « près de 400 000 Français résidents ou de passage » se trouvent dans la douzaine de pays du Golfe et du Moyen-Orient directement touchés par les frappes iraniennes et la fermeture partielle des espaces aériens. « Je sais l’inquiétude de nos compatriotes sur place, je sais l’angoisse de leurs familles », a-t-il déclaré à l’issue d’une réunion de crise au Quai d’Orsay. À ce stade, « aucune victime française n’est à déplorer » et la sécurité des ressortissants reste la « priorité absolue » du gouvernement, a insisté le ministre.
Chaos dans les hubs du Golfe : Dubaï et Doha au ralenti
Les frappes et les tirs de représailles ont conduit à la fermeture ou à la restriction de vastes portions de l’espace aérien du Moyen-Orient, perturbant l’un des principaux couloirs est‑ouest entre l’Europe et l’Asie. À Dubaï comme à Doha, des milliers de passagers, dont de nombreux Français, se sont retrouvés bloqués dans les terminaux, dans l’attente d’un vol de rapatriement ou d’un simple transit vers l’Europe. Dans les aéroports du Golfe, la situation des voyageurs dépend largement de la politique de chaque compagnie et des décisions des autorités locales. À Abu Dhabi, les autorités ont annoncé la prise en charge des frais d’hébergement de certains touristes bloqués, notamment via des nuits d’hôtel et des bons de restauration pour les passagers éligibles.
L’aéroport international de Dubaï (DXB) et celui d’Al Maktoum (DWC) ont cependant commencé à reprendre leurs opérations de manière « limitée » lundi soir, avec un nombre restreint de vols opérés principalement par Emirates et flydubai. À Abu Dhabi, Etihad Airways a également redémarré une poignée de rotations depuis la réouverture partielle du ciel émirati, tout en maintenant la suspension de la majorité de ses vols commerciaux réguliers jusqu’à au moins mercredi. Doha reste fortement impacté, Qatar Airways réorganisant son programme au gré des créneaux de survol disponibles au-dessus de la région.
Air France prolonge la suspension de ses vols vers le Golfe
Dans ce contexte de fortes incertitudes opérationnelles, Air France a décidé de prolonger la suspension de ses vols de et vers Dubaï, Riyad, Beyrouth et Tel-Aviv au moins jusqu’au 5 mars inclus. La compagnie avait déjà interrompu l’ensemble de ces dessertes à partir du 28 février, dans la foulée des premières frappes et de la fermeture de plusieurs espaces aériens.
« En raison de la situation sécuritaire à destination, la compagnie a décidé de prolonger la suspension de ses vols », précise Air France, en ajoutant que « la reprise des opérations restera soumise à une évaluation de la situation sur place ». Les passagers concernés se voient proposer un remboursement ou un report sans frais, mais les possibilités de réacheminement via d’autres hubs restent très limitées tant que la région demeure sous fortes contraintes de survol.
Un réseau mondial sous tension, détours et annulations en chaîne
Air France n’est pas la seule à adapter son programme : de nombreuses compagnies européennes et asiatiques ont suspendu leurs vols vers le Moyen‑Orient ou allongé leurs routes pour éviter les zones à risque. Le groupe Lufthansa (Lufthansa, Swiss, Austrian, Brussels Airlines) a ainsi gelé ses liaisons vers Tel‑Aviv, Beyrouth, Amman, Erbil et Téhéran au moins jusqu’au 7 mars, tandis que Turkish Airlines a mis en pause plusieurs destinations du Golfe.
Au‑delà de la région, les grands transporteurs long‑courrier comme Singapore Airlines, Cathay Pacific ou encore plusieurs compagnies américaines doivent rallonger leurs trajectoires entre l’Europe et l’Asie, augmentant les temps de vol et la consommation de carburant. Pour les passagers, les conséquences se traduisent par des correspondances manquées, des week‑ends prolongés dans des hôtels d’aéroport et, pour certains, la nécessité de revoir entièrement leur parcours de retour vers l’Europe.

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