La nouvelle année 2026 s’annonce comme une date clé dans l’histoire récente de la Bulgarie. Ce pays de 7 millions d’habitants, ancienne composante de l’Empire ottoman ayant obtenu son indépendance en 1908, puis membre du bloc de l’Est durant la guerre froide, s’apprête à achever pleinement son intégration à l’Union européenne en adoptant l’euro.
Trois ans après la Croatie, la Bulgarie deviendra ainsi le 21ᵉ pays européen à adopter la monnaie unique, sur les 27 États membres que compte l’UE. Cette décision fait suite à un avis favorable rendu en juillet dernier par la Commission européenne, jugeant l’économie bulgare en adéquation avec les critères de convergence, notamment une dette publique inférieure à 60 % du PIB et un déficit public sous la barre des 3 %.
Euro, Schengen et essor touristique
Sur le papier, cette évolution devrait profiter au secteur touristique bulgare, qui connaît depuis plusieurs années une progression fulgurante. Depuis l’entrée du pays dans l’espace Schengen, aux côtés de son voisin roumain, l’an dernier, la Bulgarie bat record sur record en matière d’arrivées internationales. L’intégration à l’espace de libre circulation permet désormais à tout citoyen d’un pays membre de Schengen, dont la France, de voyager en Bulgarie avec une simple carte d’identité, sans contrôle aux frontières, ce qui facilite nettement tout projet de voyage ou de courts séjours. Avec plus de 13 millions de touristes internationaux en 2024, l’année a été reconnue comme exceptionnelle pour le tourisme bulgare. Si les chiffres officiels pour 2025 ne sont pas encore disponibles, certaines sources indiquent d’ores et déjà que ce record aurait été battu, avec un seuil de 14 millions de touristes internationaux franchi.
De Sofia à la mer Noire
Si ces arrivées proviennent majoritairement de la Roumanie voisine, les Français, Allemands et Belges sont de plus en plus nombreux, notamment pour profiter des plages ensoleillées de la mer Noire. Mais la Bulgarie ne se résume pas à son littoral, ce qui en fait une destination de voyage particulièrement complète pour un premier séjour en Europe de l’Est. Sofia, la capitale, est souvent négligée par les visiteurs qui s’y posent principalement en transit. Elle recèle pourtant de véritables joyaux, entre églises orthodoxes à bulbes, mosquées ottomanes et monuments brutalistes emblématiques de la période socialiste, bien connus des architectes du monde entier. Témoignage d’une histoire multiculturelle, Sofia est également une ville « jeune », dotée de nombreux lieux festifs et d’une offre de restauration variée et abordable.
Immanquable lors d’un séjour en Bulgarie, Plovdiv constitue une autre étape majeure. Souvent présentée comme la plus ancienne ville d’Europe encore habitée, elle séduit par son centre historique, ses ruelles pavées et son amphithéâtre antique, qui en font l’un des hauts lieux culturels du pays. À l’automne et en hiver, ce sont ensuite les montagnes du sud et du centre du pays qui attirent les visiteurs. Le massif des Rhodopes est réputé pour ses stations de ski parmi les meilleurs marchés d’Europe, idéales pour des vacances à la neige à moindre coût et pour des séjours actifs en famille. Au printemps et en été, c’est le parc national du Pirin qui concentre toutes les convoitises : ses sentiers de randonnée serpentent entre lacs aux eaux turquoise et sommets arides, dont le mont Vihren. Durant la même saison, la côte de la mer Noire demeure un pôle d’attraction majeur.
Si certaines stations balnéaires manquent d’intérêt culturel, Varna, grande ville côtière, se distingue par son dynamisme et ses nombreux festivals estivaux. Pour un séjour plus reposant, la station balnéaire de Sozopol s’impose comme l’un des joyaux du littoral bulgare, appréciée pour son ambiance familiale et son charme estival. Ces différentes facettes permettent d’envisager plusieurs types de voyages en Bulgarie, entre ville, montagne et mer au fil des saisons.
Accès aérien et prix des billets d’avion
Les prix attractifs de l’aérien participent largement à l’attractivité de la destination. Sofia est desservie quotidiennement par la compagnie nationale Bulgaria Air depuis l’aéroport Paris-Charles de Gaulle. La low cost easyJet relie également la capitale bulgare au départ de Paris-Orly au moins deux fois par semaine tout au long de l’année, avec des tarifs particulièrement compétitifs hors saison : entre 60 et 80 € en mai, et entre 100 et 180 € aller-retour en juillet-août. Depuis Paris-Beauvais, Ryanair et Wizz Air desservent également Sofia à des prix compétitifs toute l’année.
Wizz Air propose aussi des liaisons depuis Lyon Saint-Exupéry, à raison de deux vols par semaine (70 € aller-retour en juin, 110 € en juillet), ainsi que depuis Nice Côte d’Azur, avec quatre vols hebdomadaires (80 € aller-retour en avril, jusqu’à 200 € en été). Par ailleurs, Nantes, Lille et Paris-Orly sont directement reliés à la côte bulgare via la ville balnéaire de Varna selon la saison : Volotea opère depuis Nantes et Lille, tandis que Transavia dessert la destination depuis Paris-Orly (jusqu’à 300 € l’aller-retour en haute saison, voire 400 € en août).
Coût de la vie et itinéraires sur mesure
Historiquement considéré comme le pays le plus pauvre de l’Union européenne, la Bulgarie attire les familles aux budgets serrés et les jeunes Européens, malgré une inflation notable depuis la pandémie de Covid. Il est encore possible de trouver des chambres d’hôtel autour de 50 € la nuit sur la côte, ainsi que des repas complets à 10–15 € par personne, boisson comprise, la pinte de bière n’excédant généralement pas 3 €. Le prix moyen du carburant, autour de 1,20 € le litre, rend les déplacements en voiture particulièrement économiques et incite de nombreux voyageurs à louer un véhicule sur place, pour environ 30 € par jour pour une berline à l’aéroport de Sofia.
Cependant, en raison de l’état des routes très détérioré en dehors du réseau national, souvent nécessaire à emprunter pour atteindre bon nombre de trésors cachés dans les montagnes bulgares (notamment certains parcs naturels et réserves parmi les plus préservés et protégés d’Europe), il est recommandé d’organiser son voyage avec un partenaire local qui s’assurera des déplacements et des hébergements dans ces coins reculés, où, par ailleurs, l’anglais est très peu courant. Pour un premier voyage en Bulgarie, cette assistance peut faire la différence entre un séjour fluide et une expérience plus hasardeuse. Pour les voyageurs qui souhaitent confier l’organisation de leur circuit à une agence réceptive en Bulgarie, il est possible de s’appuyer sur des spécialistes installés sur place, à l’image de l’agence locale Horizons Balkans, qui conçoit des itinéraires sur mesure en étroite collaboration avec des partenaires locaux de confiance. Elle se distingue par sa connaissance fine du terrain, sa capacité à équilibrer culture, nature et bord de mer. Plusieurs autres agences réceptives francophones opèrent également en Bulgarie, comme Balkania Tour ou Patrimonia, toutes deux spécialisées dans les voyages organisés hors des sentiers battus.
Pour les voyageurs souhaitant découvrir la Bulgarie en individuel, le site de l’office du tourisme national bulgare met à disposition l’ensemble des informations nécessaires au bon déroulement du séjour, qu’il s’agisse de tourisme de montagne, balnéaire, d’aspects culturels, linguistiques ou administratifs. À noter également que la Bulgarie dispose, relativement à d’autres pays d’Europe de l’Est, d’un réseau ferroviaire dense et efficace, héritage de son histoire : un billet de train reliant Sofia à Varna, sur la côte de la mer Noire, et traversant l’ensemble du pays, ne coûte ainsi qu’environ 18 €. Cet atout renforce l’intérêt de combiner plusieurs régions lors d’un même voyage, pour des vacances itinérantes alliant culture, nature et littoral.
Quel avenir pour le tourisme en Bulgarie ?
Le récent budget voté par le gouvernement a entraîné une vague d’opposition, notamment chez les jeunes Bulgares, qui voient dans la hausse des impôts une tentative de détournement de fonds publics dans l’un des pays les plus gangrenés par la corruption en Europe. L’entrée dans la zone euro n’est donc pas un long fleuve tranquille. Beaucoup d’eurosceptiques redoutent par ailleurs que la Bulgarie connaisse le même choc inflationniste que la Croatie après son adoption de l’euro.
L’exemple croate alimente donc les inquiétudes en Bulgarie. Si, à court et moyen terme, l’intégration européenne devrait favoriser les arrivées touristiques grâce aux facilités administratives et monétaires, la hausse des prix pourrait, à long terme, détourner une clientèle principalement attirée par le faible coût de la destination, avec peu de fidélisation.
Le pays se trouve ainsi à un tournant : structurer un tourisme durable, capable de créer de la valeur sur le long terme, ou rester dépendant d’un tourisme de volume, sensible aux prix et volatile. Si les hôtels affichent aujourd’hui complet et que les regards européens se tournent vers la Bulgarie, l’enjeu n’est pas seulement de compter les visiteurs d’un été, mais bien de consolider un modèle touristique pérenne, à l’heure de l’euro. Dans cette perspective, la mise en avant de séjours plus longs, de voyages hors saison et de vacances centrées sur la nature pourrait contribuer à mieux répartir les flux.

Mer Noire @Visit Bulgaria
Anna Stazzi a commenté :
5 janvier 2026 - 13 h 39 min
À Sofia, ne pas louper le musée d’art sacré sous la cathédrale ANevsky qui recèle l’une des plus belles collections d’icônes connues.
J’ignore d’où viennent vos infos concernant la Bulgarie, les routes y sont bonnes, même ds les endroits reculés(merci l’UE), les Bulgares sont très fréquemment anglophones et/ou francophones, et il n’est absolument pas nécessaire de s’y rendre via une agence de voyage.
Toutes les indications sont translittérées en alphabet latin.
Un Guide du Routard sera suffisant.
En cas de pb, les Bulgares interviennent et aident très volontiers. L’entraide est d’ailleurs un sport national.
Nico a commenté :
5 janvier 2026 - 16 h 46 min
Pendant ce temps Air France s’est désengagé de Sofia nouvellement capitale européenne Schengen. Bucarest eux ont droit aux vol de la compagnie française.
Espérons un retour rapidement, même avec des vols de petites capacités
Anna Stazzi a commenté :
6 janvier 2026 - 9 h 23 min
La Bulgarie a perdu plus de deux millions d’habitants en vingt ans.. Les Bulgares émigrent faute d’avenir.
Investissements zéro, hormis quelques coups de peinture ds les zones touristiques, industrie à l’arrêt depuis des lustres, qualité des produits médiocre voire mauvaise.
Hypercorruption.
Le « milieu des affaires » dans la région, c’est Istanbul ou Bucarest, Zagreb.
Ça pt expliquer le désengagement d’AF.
Greg6 a commenté :
6 janvier 2026 - 11 h 47 min
Ajoutons le partage de code entre AF et Bulgaria Air, donc le désengagement n’est pas total non plus.
Bencello a commenté :
6 janvier 2026 - 11 h 31 min
Avec l’installation de retraités d’Europe occidentale, il semblerait que le pays redevienne attractif (niveau de prix faible)
https://www.courrierinternational.com/article/demographie-pays-d-
emigration-massive-la-bulgarie-devient-une-terre-d-accueil_238972
Avec tous ses A220 actuels et à recevoir, cette destination devrait probablement revoir le jour chez AF au départ de CDG. En attendant, Transavia fait le job au départ de Orly.