La compagnie nationale d’Islande a signé l’année la plus performante de son histoire, portée par la reprise du trafic transatlantique et l’optimisation de son hub de Keflavík à Reykjavík.
En 2025, Icelandair a transporté 5,1 millions de passagers, un volume inédit dans son histoire et en hausse de 8% par rapport à 2024, selon les données publiées par la compagnie le 7 janvier 2026. Ce seuil symbolique des cinq millions de voyageurs consacre une année record pour la compagnie, qui profite pleinement du rebond du trafic touristique et des liaisons entre l’Europe et l’Amérique du Nord, cœur de son modèle économique.
Le mois de décembre a clôturé cette année exceptionnelle avec 344 000 passagers, soit une augmentation de 10% sur un an. Près de la moitié (48%) ont transité via l’aéroport international de Keflavík, positionné comme un hub stratégique reliant l’Est et l’Ouest de l’Atlantique. Dans le détail, 27% des voyageurs se rendaient en Islande, 20% en repartaient, et 6% voyageaient sur des lignes domestiques, un segment en ralentissement relatif mais crucial pour la desserte des régions isolées.
Le contexte : la disparition de PLAY en octobre
Au-delà du trafic, Icelandair affiche des progrès notables sur le plan de la régularité. En décembre, 80,1% des vols ont été à l’heure, contre 59,7% un an plus tôt, une amélioration spectaculaire attribuée à une meilleure planification et à la modernisation de la flotte. Sur l’ensemble de l’année, la ponctualité moyenne s’établit à 83,9%, plaçant Icelandair parmi les transporteurs européens les plus fiables, à hauteur des standards de compagnies européennes. Le taux de remplissage record de 84,1% en décembre reflète également cette dynamique, soutenue par une meilleure gestion de la capacité durant la basse saison.
Ce regain d’activité intervient dans un contexte de recomposition du marché aérien islandais. En octobre, le low-cost PLAY Airlines a officiellement cessé ses opérations à la suite de difficultés financières persistantes. La disparition de ce concurrent direct laisse Icelandair pratiquement seule sur plusieurs liaisons et renforce son rôle pivot dans la connectivité du pays, en particulier en absorbant les flux orphelins de PLAY, en particulier sur les axes transatlantiques entre l’Europe du Nord et l’Amérique du Nord, un segment qui représente le cœur historique de sa stratégie de hub.
Une performance soutenue par la stratégie de désaisonnalisation
Le président-directeur général d’Icelandair, Bogi Nils Bogason, a salué dans un communiqué « la plus grande année de l’histoire du groupe » et a attribué cette réussite à « l’engagement des équipes » et à la stratégie mise en œuvre pour renforcer la capacité en dehors des pics estivaux. Cette politique de désaisonnalisation vise à mieux rentabiliser les infrastructures de Keflavik et à optimiser les correspondances sur le hub islandais, un outil clé pour la compagnie dont le modèle repose sur les vols en correspondance entre l’Europe et l’Amérique du Nord. Le dirigeant a également souligné que l’année 2025 a marqué « une étape importante dans la transformation opérationnelle et environnementale d’Icelandair ».
Les progrès ne se limitent pas au trafic. Icelandair a également enregistré une réduction de 6 % des émissions de CO₂ par tonne-kilomètre opérationnelle (RTK) en décembre 2025 par rapport à l’année précédente. Cette baisse tient à l’intégration progressive de nouveaux Boeing 737 MAX, plus économes en carburant, et à de meilleurs coefficients de remplissage.
En parallèle, les activités annexes ont poursuivi leur croissance, avec une hausse de 11 % des heures de vol vendues en leasing et une augmentation de 3 % du fret transporté.

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