VINCI Airports vient de franchir une étape symbolique au Cap-Vert en célébrant l’achèvement d’une première phase de modernisation de 80 millions d’euros et en lançant un nouveau programme d’investissements de 142 millions d’euros sur trois ans dans les sept aéroports de l’archipel.
Depuis la prise de contrôle opérationnelle en 2023, le trafic passagers a bondi de 60% entre 2022 et 2025, porté par l’ouverture de 35 nouvelles liaisons aériennes et l’arrivée de compagnies low cost, notamment Transavia et easyJet.
Lors d’une cérémonie organisée en présence du Premier ministre José Ulisses Correia e Silva, du Vice‑Premier ministre Olavo Avelino Garcia Correia et de Nicolas Notebaert, président de VINCI Airports, le groupe a officialisé la fin de la phase 1A et le lancement de la phase 1B, censée accompagner durablement la croissance du tourisme et de la diaspora cap-verdienne. « L’achèvement de cette première phase et le lancement d’une nouvelle étape de modernisation des aéroports marquent une avancée majeure pour le Cap-Vert », a déclaré Nicolas Notebaert, qui dit vouloir faire des infrastructures cap-verdiennes « un exemple de croissance économique et de développement durable » en plaçant « l’amélioration de l’expérience passager au cœur de nos priorités ».
Une première phase centrée sur les pistes et les terminaux
La phase 1A, achevée en 2025, représente 80 millions d’euros d’investissements dédiés à la remise à niveau des infrastructures aéronautiques et passagers. Elle a notamment permis la rénovation des pistes des aéroports de Sal et São Nicolau, la modernisation des espaces passagers et des terminaux, la reconfiguration des parkings avions, l’installation de comptoirs d’enregistrement en libre‑service et le déploiement de solutions IT avancées pour fluidifier les opérations.
Cette montée en gamme intervient dans un pays où le transport aérien est vital pour la cohésion des îles comme pour l’économie touristique, le Cap‑Vert ayant accueilli environ 2,2 millions de passagers en 2022, soit déjà près de 80% de son niveau d’avant‑crise. Sous la houlette de VINCI Airports, qui opère sept plateformes – quatre aéroports internationaux (Praia, Sal, São Vicente, Boa Vista) et trois aéroports domestiques (São Nicolau, São Filipe, Maio) – la stratégie consiste à renforcer la connectivité tout en homogénéisant le niveau de service sur l’ensemble du réseau.
Phase 1B : capacité accrue et amélioration environnementale
La nouvelle phase 1B, dotée de 142 millions d’euros sur trois ans, doit désormais étendre les terminaux pour augmenter les capacités d’enregistrement, de contrôle sûreté et de traitement des passagers (salles d’embarquement, zones de contrôle frontières, bagages), développer les surfaces commerciales et apporter des améliorations opérationnelles clés, dont un allongement de piste à Boa Vista pour mieux accueillir le trafic touristique international. De Sal à Praia, en passant par Boa Vista, São Vicente, São Filipe, São Nicolau et Maio, chaque aéroport bénéficiera également de nouvelles capacités de traitement des déchets et des eaux usées, dans une logique de montée en puissance et de conformité environnementale.
Les investissements visent aussi à soutenir la croissance de la demande sur les segments loisirs et diaspora, le réseau ayant gagné 35 routes entre 2024 et 2025, dont 15 en 2024 et 20 en 2025. L’arrivée de transporteurs low cost, encouragée par VINCI Airports, a rendu les voyages plus accessibles et renforcé le positionnement du Cap‑Vert comme destination soleil en hiver sur les marchés européens, tout en facilitant les déplacements des Cap‑verdiens de l’étranger.
Un PPP de 40 ans adossé à des prêts « durables »
Ce développement s’inscrit dans le cadre d’un partenariat public‑privé de long terme : le contrat de concession de 40 ans signé en 2022 entre l’État cap‑verdien et VINCI Airports, via la société Cabo Verde Airports SA, confie au groupe la mission de financer, exploiter, maintenir, étendre et moderniser le réseau jusqu’aux années 2060. La prise d’effet opérationnelle est intervenue en juillet 2023, après la finalisation d’un premier financement de 60 millions d’euros à long terme indexé sur des critères de durabilité.
Pour la phase 1B, un nouveau prêt durabilité de 120 millions d’euros a été structuré avec IFC (Bras de la Banque mondiale pour le secteur privé), la banque de développement allemande DEG et le fonds EAAIF, portant l’enveloppe globale de financement durable à 180 millions d’euros et complétée par des apports en fonds propres des actionnaires. IFC souligne que ce financement est conçu pour encourager la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’obtention de la certification Airport Carbon Accreditation, en liant les conditions financières à des indicateurs environnementaux mesurables.
Décarbonation : solaire, LED et trajectoire de neutralité
En parallèle de la modernisation opérationnelle, VINCI Airports déploie au Cap‑Vert sa stratégie de décarbonation, déjà engagée sur d’autres aéroports de son réseau international. Des centrales solaires ont été installées sur les plateformes de Sal, Praia, Boa Vista et São Vicente, tandis que les éclairages ont été progressivement remplacés par des systèmes LED plus sobres et que des séparateurs d’huile ont été ajoutés pour limiter les rejets polluants.
Ces mesures s’inscrivent dans la trajectoire environnementale du groupe, qui recourt de plus en plus à des financements indexés sur la performance ESG pour ses programmes d’investissements, et dans la stratégie nationale visant à faire du tourisme un moteur de croissance compatible avec les objectifs climatiques. Pour le Cap‑Vert, dont le tourisme pèse environ un quart du PIB et près de 40% de l’activité économique, la modernisation et la « verdisation » des aéroports représentent un levier central de compétitivité, de création d’emplois et de sécurisation de recettes en devises.

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