L’Espagne a accueilli un nombre record de 97 millions de touristes étrangers en 2025, soit une hausse de 3,5% par rapport à l’année précédente Les recettes générées par cette fréquentation atteignent 135 milliards d’euros, en hausse de 6,8%. Le secteur représente désormais 12,6% du PIB et contribue à une croissance nationale de 2,9%, plus de deux fois supérieure à la moyenne de la zone euro.
En France, le nombre de visiteurs internationaux reste plus élevé qu’en Espagne, avec 105 millions de touristes en 2025, ce qui maintient le pays en tête en volume d’arrivées. En revanche, les recettes touristiques demeurent nettement inférieures : elles s’élevaient à 71 milliards d’euros en 2024 (derniers chiffres consolidés disponibles). Même avec une augmentation estimée de 8 à 13 % pour 2025, soit 77 à 80 milliards d’euros environ, la France reste largement derrière l’Espagne en termes de revenus générés par le tourisme international.
Le ministre de l’Industrie et du Tourisme, Jordi Hereu, a salué ces résultats en rappelant l’importance de « croître de la manière, au rythme et avec les éléments qualitatifs » jugés souhaitables pour un modèle fondé sur une triple durabilité économique, sociale et environnementale. Il a également souligné que l’Espagne est en train de poser les bases d’une durabilité du tourisme pour les prochaines années, avec une croissance qualifiée de « sereine », où la dépense progresse presque deux fois plus vite que le nombre de visiteurs, grâce notamment à des formules de séjour et de voyage plus diversifiées.
Les Français, piliers du marché
Les Français occupent une place de choix parmi les visiteurs étrangers, attirés par le soleil, le patrimoine et la proximité de la péninsule ibérique. Même si les chiffres définitifs pour 2025 ne sont pas encore consolidés, les touristes britanniques, allemands et français représentent ensemble près de la moitié des arrivées, avec un intérêt marqué pour des voyages à la fois culturels et balnéaires.
Les Français affectionnent particulièrement la Catalogne, notamment Tarragone et Barcelone, pour leurs plages, leur accessibilité et la possibilité d’y organiser un court séjour ou un voyage plus long sans décalage horaire. Malgré une légère baisse des arrivées françaises liée à la hausse des prix, des millions de résidents hexagonaux ont traversé la frontière l’an dernier pour profiter du soleil ibérique.
Vers un tourisme plus durable
Le gouvernement central de Madrid promeut un tourisme qualifié de « durable », intégrant des dimensions économiques, sociales et environnementales, avec une diversification des offres pour éviter la concentration sur les seules zones côtières. L’objectif est d’encourager des voyages mieux répartis dans le temps et dans l’espace, avec davantage de circuits thématiques, de séjours culturels et de nature dans l’intérieur du pays.
Pour les voyageurs souhaitant éviter le surtourisme, quelques recommandations simples s’imposent : privilégier les hébergements gérés localement ou les hôtels plutôt que les plateformes de locations de courte durée, explorer des quartiers moins centraux et soutenir les commerces indépendants. Il est également conseillé d’opter pour les transports publics ou le vélo, de respecter les règles locales sur les déchets et le bruit, et d’organiser son voyage en dehors des pics de fréquentation, notamment pour les vacances d’été.
À la découverte de l’Espagne profonde
Pour ceux qui préfèrent l’Espagne profonde loin des foules littorales, des voyagistes spécialisés comme Comptoir des Voyages proposent des séjours en immersion à l’intérieur des terres. Au programme : autotours en hôtels de charme en Andalousie intérieure (villages blancs, Séville, Cordoue, Grenade), circuits autour de Madrid et de la Castille, ou découvertes de l’Estrémadure, des Alpujarras et de la Galice verdoyante.
Des réceptifs comme Hispalis Holidays ou Andalucia Aficion Voyages mettent en avant des itinéraires personnalisés axés sur le « slow travel », la randonnée et la gastronomie locale, contribuant à désengorger les zones surfréquentées tout en soutenant les économies régionales. Ces acteurs misent sur le voyage sur mesure, en adaptant la durée du séjour, le rythme et les activités au profil des voyageurs, qu’il s’agisse de couples, de familles ou de groupes d’amis.
Quand partir pour éviter la chaleur et la foule ?
Les meilleures périodes pour visiter l’Espagne restent les saisons intermédiaires : le printemps (mars à mai) et l’automne (septembre à novembre) offrent un temps doux, des journées longues et moins de foule qu’en plein été. Septembre s’impose de plus en plus comme une « nouvelle haute saison », avec des températures agréables et des prix en hausse modérée, mais sans l’affluence de juillet et août, particulièrement marqués sur les côtes.
Il est généralement conseillé d’éviter, pour un voyage loisir, les mois de juillet et août dans les zones les plus touristiques, en raison de la chaleur et de la foule estivale. Pour des régions alternatives, l’intérieur des terres permet de découvrir une Espagne moins fréquentée : l’Andalousie hors saison pour ses villages blancs, les Pyrénées pour des randonnées paisibles, ou encore la Galice et les Asturies pour leurs paysages verdoyants, propices à des séjours plus frais.
Pour un touriste français, le coût de la vie en Espagne reste globalement inférieur à celui de la France, avec un différentiel moyen d’environ 10 à 20% en faveur de l’Espagne, les dépenses du quotidien (restaurants, courses, transports urbains) demeurant souvent plus abordables, même si les grandes villes et les zones balnéaires très touristiques comme Barcelone, les Baléares ou la Costa del Sol affichent des tarifs proches des standards français, voire en légère hausse sur l’hébergement en haute saison, tandis qu’un repas simple dans un bar à tapas ou un menu du jour reste accessible et que les transports publics et certains loisirs contribuent à contenir le budget global, alors que l’hôtellerie des centres historiques très prisés et les billets d’avion en période de vacances scolaires restent les postes les plus sensibles, qu’il est possible d’optimiser en réservant tôt et en restant flexible sur les dates.
Une croissance appelée à durer
L’Espagne anticipe une poursuite de la croissance en 2026, avec des projections autour de 100 millions de visiteurs étrangers si la tendance actuelle se confirme. Les premières estimations évoquent une hausse de 3,7% des arrivées et de 2,5% des dépenses au premier quadrimestre, maintenant le pays dans le peloton de tête des destinations méditerranéennes face à la Grèce ou à la Turquie. L’Espagne, en cherchant à concilier attractivité touristique, régulation du marché et préservation de son territoire, continue ainsi de séduire tout en talonnant de près la France sur l’échiquier mondial du tourisme.

@A.Voisin/DR
Aucun commentaire !