En vingt‑quatre heures, le trafic aérien au Moyen‑Orient a été quasi paralysé. Les frappes menées par les États‑Unis et Israël contre l’Iran, suivies de tirs de missiles iraniens vers Israël et plusieurs pays du Golfe, ont provoqué une cascade de fermetures d’espaces aériens et d’annulations massives de vols. Dans les grands hubs régionaux – Tel Aviv‑Ben Gourion, Dubaï, Abou Dhabi et Doha – des dispositifs exceptionnels ont été déclenchés pour gérer des dizaines de milliers de passagers immobilisés.

Ben Gourion : terminaux saturés et dispositif exceptionnel
À l’aéroport Ben Gourion, la quasi‑totalité des vols commerciaux est suspendue. Les panneaux d’affichage sont couverts d’annulations, seuls quelques vols spéciaux ou d’urgence étant maintenus sous contrôle des autorités militaires. Les voyageurs sont invités à ne pas se rendre à l’aéroport sans consigne de leur compagnie.

L’aéroport a activé un plan d’urgence maximal. Des zones de repos ont été installées dans les terminaux, avec lits de camp, chaises longues et zones familiales. Des distributions d’eau, de nourriture et de couvertures sont organisées en continu, en coordination avec les autorités et des organisations de secours. La présence policière et militaire a été renforcée, les accès aux parkings, aux gares routière et ferroviaire sont filtrés, et des consignes régulières sont diffusées par haut‑parleurs pour orienter les passagers en cas d’alerte aux missiles.

Les procédures testées lors d’exercices de crise récents sont désormais appliquées en situation réelle : utilisation des trains et des bus pour évacuer certains passagers vers d’autres villes lorsque la situation sécuritaire le permet, et mise en place de circuits d’évacuation vers des zones protégées à l’intérieur même de l’aéroport.

Dubaï et Abou Dhabi : hubs géants transformés en salles d’attente
Aux Émirats arabes unis, les hubs de Dubaï et d’Abou Dhabi, parmi les plus fréquentés au monde, sont les plus fortement impactés par les annulations. Les autorités ont fermé ou restreint une partie de l’espace aérien, et les compagnies du Golfe ont suspendu de nombreux vols vers Israël, l’Iran, l’Irak et d’autres pays voisins, ainsi que plusieurs liaisons long‑courriers passant par ces zones.

Dubaï International Airport, hub d’Emirates, et Abu Dhabi-Zayed International Airport, hub d’Etihad Airways, ont déployé des plans de continuité similaires à ceux de Ben Gourion. Des zones d’attente étendues ont été aménagées, des files spécifiques pour les passagers en correspondance ont été créées, et les salons ont été ouverts plus largement pour absorber les flux de voyageurs bloqués. A Dubaï  les autorités aéroportuaires ont fait évacuer la quasi-totalité des passagers bloqués des terminaux vers des zones d’évacuation. Elles ont augmenté la distribution de repas et de bouteilles d’eau, mis en place des bons de restauration et, en lien avec certaines compagnies aériennes, organisé des hébergements d’urgence à l’hôtel pour les passagers ne pouvant pas repartir le jour même.

Les services d’information – comptoirs, applications, écrans – fonctionnent en surcharge, avec des annonces régulières pour orienter les passagers, gérer les réacheminements et limiter les attroupements dans les zones de contrôle. Les autorités sécuritaires ont aussi renforcé les contrôles aux entrées des terminaux et autour des infrastructures sensibles.

Doha : opérations suspendues et gestion centralisée des passagers
À Doha, l’aéroport international Hamad, hub de Qatar Airways, a suspendu une grande partie de ses départs et arrivées après la fermeture temporaire de l’espace aérien qatari. Les vols en direction d’Israël et des zones directement touchées par les frappes et les missiles ont été annulés, et de nombreuses liaisons intercontinentales ont été réorganisées ou détournées.

L’aéroport a concentré les passagers dans quelques terminaux pour faciliter la gestion des flux. Des zones de repos supplémentaires ont été installées, et des kits d’appoint (bouteilles d’eau, snacks, couvertures, parfois trousses d’hygiène) sont distribués. Qatar Airways et les autorités aéroportuaires ont mis en place des files dédiées aux changements de réservation et au traitement des remboursements, avec renfort d’agents aux comptoirs et dans les centres d’appel.

Là aussi, les forces de sécurité et les services de secours restent en alerte, avec des procédures prêtes pour déplacer rapidement les voyageurs vers des abris intérieurs en cas de nouvelle salve de missiles ou d’alerte régionale.

Des milliers de voyageurs dans l’incertitude
Dans les hubs internationaux du Moyen-Orient, des dizaines de milliers de passagers se retrouvent bloqués, sans horizon de départ clair. Beaucoup peinent à joindre leur compagnie aérienne ou leur agence de voyage, les centres d’appel étant saturés. Les transporteurs proposent en général des reports sans frais ou des remboursements, mais les possibilités de réacheminement sont limitées tant que l’espace aérien reste perturbé sur une grande partie du Moyen‑Orient.

À l’étranger, de nombreux voyageurs israéliens et ressortissants des pays du Golfe se retrouvent eux aussi coincés après l’arrêt brutal des vols vers la région et les détournements massifs vers d’autres aéroports. Les gouvernements évoquent la préparation de vols spéciaux de rapatriement dès que la situation militaire le permettra, sans calendrier précis à ce stade.

Partout, les dispositifs exceptionnels mis en place – lits de camp, distributions, renforts d’équipes, contrôles de sécurité resserrés – traduisent un même objectif : maintenir l’ordre, assurer un minimum de confort et de sécurité, et gagner du temps en attendant une éventuelle réouverture progressive des couloirs aériens. Dans un ciel du Moyen‑Orient largement déserté, les terminaux de Tel Aviv, Dubaï, Abou Dhabi et Doha sont devenus les symboles visibles d’un conflit qui dépasse largement les seules frontières de la région.

Lits de camp, eau, snacks, couvertures, kits d’hygiène : comment les hubs du Moyen-Orient gèrent les milliers de passagers bloqués 1 Air Journal

@AJ/DR