On connaît les avions transformés en hôtels, restaurants ou logements atypiques. Cette fois, un ingénieur britannique a décidé d’enterrer le fuselage d’un Boeing 737 dans son jardin pour en faire un bunker anti‑atomique, un projet spectaculaire qui fascine autant qu’il interroge.
Le projet est mené par Dave Billings, 44 ans, habitant de Hilton, un village du Derbyshire, au centre de l’Angleterre. Cet ingénieur et créateur de contenu a acheté le fuselage d’un ancien Boeing 737‑500 de la low cost britannique Bmibaby, retiré du service en 2012, auprès d’un ferrailleur du Leicestershire.
Selon la BBC, il a repéré la carlingue sur Facebook Marketplace et a fait une offre de 4 000 livres sterling, soit un peu plus de 4 600 euros. « Dès que je l’ai vue, j’ai su que je la voulais pour mon “fallout bunker” », explique-t‑il à la BBC, en utilisant le terme anglais pour abri anti‑atomique. Le fuselage, coupé de l’aile jusqu’à l’arrière, conserve encore une partie de la cabine, la cuisine et les toilettes de l’appareil d’origine.
Un bunker à 4 mètres sous terre
L’objectif de Dave Billings est d’enterrer la carlingue à environ 14 pieds (un peu plus de 4,2 mètres) de profondeur, puis de l’intégrer à un réseau de tunnels déjà creusés sous sa propriété. L’entrée principale doit se faire par un ancien puits, déjà transformé en accès à un premier abri souterrain, et par une cabine téléphonique rouge qui servira de porte d’accès à l’avion enterré.
Sur sa chaîne YouTube baptisée « Tornado Dave », l’ingénieur documente chaque étape : acheminement du fuselage par convoi exceptionnel, découpe de l’arrière de l’appareil, nettoyage complet et préparation de la coque pour son enfouissement. Il prévoit de renforcer l’intérieur avec une structure métallique, d’ajouter de l’isolation, puis de couler du béton autour de l’avion afin d’en faire un véritable abri de survie.
Un abri « capable de résister aux retombées radioactives »
Au‑delà de l’aspect spectaculaire, Dave Billings affirme prendre au sérieux la dimension de sécurité civile de son projet. Il estime que, avec suffisamment de béton, le bunker pourrait protéger des retombées radioactives dans un rayon d’environ 10 miles (16 km) autour d’une éventuelle explosion. À terme, l’avion enterré doit accueillir des couchettes, des rangements, une petite cuisine fonctionnelle et les équipements de base nécessaires pour rester plusieurs jours sous terre.
La BBC souligne que le Britannique a déjà aménagé d’autres structures souterraines chez lui, notamment un tunnel de plusieurs dizaines de mètres, creusé à la main, et un premier abri construit à partir d’un conteneur maritime. « C’est un projet extrême, mais il a déjà une expérience des constructions souterraines », observe également le site spécialisé Aerospace Global News, qui suit l’évolution du chantier.
Entre passion de l’ingénierie et projet médiatisé
Le coût total de l’opération est estimé à environ 25 000 livres (environ 28 800 euros), financés en grande partie par les revenus générés par ses vidéos et ses réseaux sociaux. D’après la presse britannique, Dave Billings avait d’abord tablé sur 15 000 livres, avant de revoir son budget à la hausse en raison de la complexité du transport, des travaux de terrassement et des aménagements intérieurs.
Son fils de 7 ans suit le projet avec enthousiasme, tandis que sa compagne se montre plus réservée, mais « très compréhensive », raconte‑t‑il dans un entretien relayé par Ouest‑France. La RTBF, qui consacre une « minute insolite » à l’initiative, décrit « un père de famille britannique qui enterre un Boeing 737 dans son jardin pour en faire un bunker anti‑atomique », un résumé qui illustre bien le caractère spectaculaire et décalé de l’entreprise.
Une reconversion d’avion qui interroge
Ce recyclage d’un appareil commercial en abri de survie s’inscrit dans une tendance plus large de détournement d’avions en hôtels, restaurants ou logements atypiques, mais en poussant le concept encore plus loin. La BBC note que le fuselage du Boeing 737‑500 avait déjà été partiellement transformé, l’avant de l’appareil ayant trouvé une seconde vie en caravane aménagée au Royaume‑Uni.
Si le projet amuse et fascine de nombreux internautes, il soulève aussi des questions pratiques, notamment sur les autorisations d’urbanisme et la sécurité d’une telle structure enterrée dans un jardin privé. Dave Billings assure qu’il travaille en lien avec les autorités locales et qu’il prendra toutes les précautions nécessaires pour stabiliser le terrain autour de la carlingue. En attendant, son Boeing 737 en voie d’enterrement est déjà devenu l’un des bunkers les plus médiatisés au Royaume-Uni.
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