Selon plusieurs médias européens, Ben Smith, directeur général d’Air France-KLM, aurait acté en interne le principe d’un nouveau nom pour la maison mère, qui ne ferait plus référence ni à Air France, ni à KLM. Une marque de travail, « The Blue Group », circulerait déjà dans les échanges internes, à l’image d’IAG, la holding de British Airways, Iberia ou encore Vueling.
Officiellement, le groupe se veut prudent : « À ce stade, aucune décision n’a été prise », répond-il, alors que l’intégration de SAS et la privatisation de TAP Air Portugal re-dessinent les contours de l’ensemble franco-néerlandais.
Vers la fin du nom « Air France-KLM » ?
D’après les révélations du quotidien néerlandais De Telegraaf, Ben Smith aurait informé plusieurs cadres dirigeants de sa décision de faire disparaître le nom « Air France-KLM » au profit d’une nouvelle marque de holding. Le futur nom ne reprendrait ni Air France ni KLM, afin de ne plus donner l’impression que le groupe se limite à ses deux compagnies historiques. « Le nom actuel ne reflète que nos deux marques historiques », indique ainsi un porte-parole du groupe, cité par plusieurs médias.
Toujours selon De Telegraaf et des reprises dans la presse spécialisée, l’appellation de travail « The Blue Group » serait évoquée en interne pour cette nouvelle identité. Le choix ferait écho à la couleur commune aux marques du groupe – Air France, KLM et SAS – et s’inscrirait dans une logique de holding multi-marques. La nouvelle dénomination serait également utilisée sur les marchés financiers, à Paris comme à Amsterdam, où la société est cotée.
Un groupe en pleine expansion avec SAS et TAP
Cette réflexion intervient alors qu’Air France-KLM est engagé dans une dynamique de croissance externe qui change l’échelle du groupe. Depuis 2025, le franco-néerlandais a pris 19,9% du capital de SAS et a annoncé son intention de monter à 60,5% afin de prendre le contrôle de la compagnie scandinave, sous réserve des autorisations réglementaires. À l’époque même de cette annonce, la direction reconnaissait que la question du nom du groupe était posée pour tenir compte de l’arrivée de nouvelles marques.
Parallèlement, Air France-KLM s’est positionné sur la privatisation de TAP Air Portugal. Le groupe a déposé une offre non contraignante le 1ᵉʳ avril 2026, franchissant une nouvelle étape dans le processus de cession lancé par le gouvernement portugais. Lisbonne a retenu Air France-KLM et Lufthansa pour la phase suivante, avec des offres contraignantes attendues dans les prochains mois pour une participation pouvant atteindre 49,9% du capital de TAP.
Une logique de holding à la manière d’IAG
L’éventuelle disparition du nom Air France-KLM s’inscrirait dans un mouvement déjà engagé chez d’autres grands groupes européens. International Airlines Group (IAG) est aujourd’hui la maison mère de British Airways, Iberia, Vueling, Aer Lingus ou Level, sans que le nom de l’une de ces compagnies apparaisse dans celui de la holding. Lufthansa Group, de son côté, coiffe sous une même bannière Lufthansa, SWISS, Austrian, Brussels Airlines ou Eurowings.
Pour Air France-KLM, le passage à une marque neutre de type « The Blue Group » renforcerait cette logique de groupe multi-marques, où la holding se distingue clairement des compagnies opérationnelles. Plusieurs médias soulignent que cette neutralité pourrait faciliter l’intégration future d’autres transporteurs, sans donner l’image d’un ensemble dominé par une seule marque nationale.
Air France et KLM, marques intouchables
Si le nom de la holding est sur la table, le groupe insiste sur un point : il ne s’agit pas de rebaptiser les compagnies aériennes elles-mêmes. Air France et KLM conserveraient leur identité commerciale, leurs livrées et leurs marques, comme c’est le cas chez IAG où British Airways ou Iberia opèrent sous leur propre nom. La réflexion concerne uniquement la bannière corporate et financière du groupe, non le nom des transporteurs que les passagers connaissent.
Cette distinction est sensible, notamment aux Pays-Bas, où toute évolution perçue comme défavorable à KLM peut susciter des réactions politiques et médiatiques. Des experts néerlandais soulignent que la disparition du nom « KLM » de la holding pourrait être symboliquement délicate, même si la marque KLM resterait intacte dans l’aviation commerciale.
« Aucune décision n’a été prise », assure le groupe
Face aux rumeurs qui se multiplient, la communication officielle reste très mesurée. Interrogé par BFM Business, le groupe indique ainsi qu’« aucune décision n’a été prise » à ce stade concernant un changement de nom. Dans une déclaration transmise au média spécialisé AeroTime, un porte-parole développe : « Quand le projet de porter notre participation dans SAS à 60,5% a été annoncé en juillet 2025, la question du nom du Groupe avait déjà été posée. Il est seulement logique d’avoir cette discussion, étant donné que nous avons l’intention d’ajouter de nouvelles marques au Groupe. Le nom actuel ne reflète que nos deux marques historiques. À ce stade, aucune décision n’a été prise. »
Une mutation au service de la stratégie internationale
Au-delà du symbole, le débat sur le nom traduit la transformation progressive d’Air France-KLM en groupe de transport aérien paneuropéen. En moins de deux décennies, il est passé d’une alliance franco-néerlandaise à une plateforme visant l’intégration de transporteurs d’Europe du Nord (SAS) et potentiellement du sud-ouest européen via TAP. Une marque ombrelle plus neutre pourrait mieux refléter cette diversité géographique et linguistique, auprès des investisseurs comme des partenaires.

GVA1112 a commenté :
12 mai 2026 - 13 h 15 min
Ce serait faire honneur aux nouveaux entrants, et de leur montrer qu’ils ne sont pas les vassaux des deux majors historiques.
Bonne idée, mais à propos du nom “Blue Group”, j’espère qu’ils seront plus imaginatifs…
On n’échappera pas à un nom anglophone, internationalisation oblige.