KLM Cityhopper arbitre entre Airbus et Embraer pour renouveler sa flotte régionale, avec une commande d’environ 25 appareils en jeu, opposant l’Airbus A220 aux Embraer de nouvelle génération E2. La filiale régionale de KLM, aujourd’hui « tout‑Embraer », veut remplacer une partie de ses E190 de première génération, et entend trancher d’ici la fin de l’année, dans un contexte de forte concurrence entre constructeurs européens et brésiliens sur le segment des 100–150 sièges.
Un appel d’offres décisif pour 25 jets régionaux
Selon le quotidien économique brésilien Valor, le directeur général de KLM Cityhopper, Maarten Koopmans, confirme que des négociations sont en cours avec Airbus et Embraer pour une commande d’environ 25 appareils, avec une décision attendue « d’ici la fin de l’année ». « Nous sommes en train d’examiner nos options, le travail doit être achevé cette année », a‑t‑il expliqué, cité par Valor et repris par plusieurs médias spécialisés.
La compagnie néerlandaise cherche avant tout à remplacer une partie de sa flotte de jets Embraer de première génération, en particulier les E190, qui sont configurés à environ 100 sièges. En face, Airbus propose l’A220‑100, dont la capacité typique se situe entre 100 et 120 passagers, tandis qu’Embraer avance son E190‑E2, pouvant accueillir jusqu’à environ 114 passagers selon l’aménagement retenu.
Une flotte aujourd’hui 100% Embraer
KLM Cityhopper exploite actuellement une flotte entièrement composée d’Embraer, forte de 61 appareils dont une partie est temporairement stationnée. La composante active comprend notamment 20 E195‑E2, 19 E190 et 17 E170, ce qui fait de la filiale régionale l’un des principaux opérateurs de la famille E‑Jet en Europe.
Ces dernières années, la compagnie a déjà commencé à moderniser sa flotte avec l’introduction du dernier‑né d’Embraer, l’E195‑E2. En octobre 2025, KLM Cityhopper a ainsi accueilli son 25e E195‑E2 à Amsterdam‑Schiphol, un appareil livré dans le cadre d’accords de leasing qui portent sur l’ensemble de cette sous‑flotte. Selon Valor, KLM Cityhopper disposerait d’une option lui permettant de commander 25 E195‑E2 supplémentaires, mais la direction souhaite prendre le temps de comparer les offres avant de s’engager sur de nouveaux appareils.
Densification des E195‑E2 et optimisation économique
En parallèle de ce futur choix de flotte, KLM Cityhopper améliore déjà la productivité de ses E195‑E2 existants. Depuis décembre 2025, la compagnie déploie un programme de rétrofit visant à ajouter quatre sièges supplémentaires en cabine économique sur chacun de ses 25 appareils, portant la capacité de 132 à 136 sièges.
Cette augmentation de densité est rendue possible en réduisant la taille du galley et en optimisant le chargement des équipements de restauration, sans modifier le pas de siège ni la configuration des premières rangées, commercialisées en Business et Economy Comfort. KLM indique que cette évolution doit à la fois augmenter les recettes unitaires et réduire les émissions de CO₂ par passager d’environ 3%, en améliorant le coefficient de remplissage par vol.
A220 contre E2 : un duel déjà vu en Europe
Le bras de fer entre Airbus et Embraer chez KLM Cityhopper s’inscrit dans une compétition plus large sur le marché européen des avions régionaux. En 2025, les deux constructeurs s’étaient déjà affrontés pour une importante commande de LOT Polish Airlines, portant elle aussi sur le renouvellement d’une flotte largement composée d’Embraer. Au Salon du Bourget 2025, LOT a finalement choisi Airbus, annonçant une commande ferme de 20 A220‑100 et 20 A220‑300, assortie d’options pour 44 appareils supplémentaires, soit jusqu’à 84 exemplaires au total.
Enjeux pour KLM Cityhopper et pour les constructeurs
Pour KLM Cityhopper, le choix entre l’A220 et une nouvelle tranche d’E2 est autant opérationnel que stratégique. Opter pour Airbus signifierait rompre avec une flotte 100% Embraer, introduire un nouveau type d’appareil, adapter la formation des équipages et des équipes de maintenance, et potentiellement bénéficier de synergies au sein du groupe Air France‑KLM, déjà opérateur d’A220 chez Air France.
À l’inverse, rester chez Embraer offrirait une continuité technique et opérationnelle, avec des coûts de transition réduits et la possibilité d’optimiser encore plus la maintenance et l’utilisation des E2, dont KLM Cityhopper est l’un des principaux clients européens. Pour Airbus comme pour Embraer, ce contrat représenterait un « client vitrine » stratégique sur le marché des avions régionaux en Europe du Nord. Maarten Koopmans résume l’enjeu en une formule simple : « Nous sommes en train de revoir nos options. Le travail doit être achevé cette année. »

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