Ryanair demande à la France de faire une pause pendant l’été sur les nouveaux contrôles biométriques imposés aux passagers non européens à leur arrivée. La low cost redoute des files d’attente massives dans les aéroports français, alors que le système d’entrée‑sortie européen (EES) est encore en pleine phase de rodage.
Ryanair a adressé une lettre au ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, pour réclamer la suspension temporaire des contrôles biométriques jusqu’en septembre. La compagnie propose un retour au tampon manuel des passeports, jugé plus rapide et mieux maîtrisé par les services de police aux frontières. Dans un communiqué, Ryanair déplore que « un manque de personnel et des défaillances du système continuent à occasionner des perturbations inutiles pour nos passagers ». La low cost irlandaise estime que le nouvel EES, censé renforcer la sécurité, risque surtout de « créer un chaos estival » dans les grands hubs aériens.
Files d’attente pouvant durer une à deux heures
Selon Ryanair, des queues pouvant durer « une à deux heures » ont déjà été observées dans plusieurs aéroports français. Paris-Beauvais (Beauvais-Tillé), Marseille‑Provence et Nantes‑Atlantique figurent en tête des sites où la low cost a repéré les plus longues files d’attente, avec des pics de trois à quatre heures en certaines périodes. Ces retards interviennent au moment où le système EES devient obligatoire pour les voyageurs hors UE, avec enregistrement photo, empreintes digitales et données biométriques.
La France n’est n’est le seul pays concerné. Ryanair a en effet adressé des courriers similaires aux gouvernements des 29 pays participant à l’EES, citant l’exemple de la Grèce qui a déjà reporté le déploiement complet du système après l’été pour préserver son secteur touristique. Selon Neal McMahon, Chief Operations Officer de Ryanair, « les gouvernements tentent de déployer un système informatique à moitié cuit au cœur de la période de voyages la plus chargée de l’année, et ce sont les passagers – dont de nombreuses familles avec de jeunes enfants – qui en paient le prix ».
La demande de Ryanair intervient alors que le système ESS, pleinement opérationnel depuis mi-avril 2026, continue de susciter de vives critiques de la part de l’ensemble de l’industrie aérienne. Des voix s’élèvent pour réclamer une plus grande flexibilité, comme la possibilité de désactiver temporairement les contrôles biométriques lorsque les files dépassent un certain seuil, afin de concilier impératifs de sécurité et réalités opérationnelles des grands aéroports européens pendant la haute saison. Les associations de l’aérien, comme ACI Europe et Airlines for Europe, confirment que les premiers jours de fonctionnement complet du système ont été marqués par des « perturbations, des vols manqués et des temps d’attente excessifs ».
Un dilemme entre sécurité et fluidité
Les autorités françaises rappellent que le système EES a été conçu pour renforcer la traçabilité des entrées et sorties dans l’espace Schengen, mais reconnaissent qu’une « période de grâce » de 90 jours permet déjà des ajustements locaux. Les compagnies aériennes, elles, insistent sur le sous‑effectif chronique à la police aux frontières et sur la fiabilité limitée du système central en pleine saison estivale.

@A.Voisin/AJ
MOL a commenté :
3 mai 2026 - 10 h 51 min
MOL demande la suppression du BREXIT pour ses voyageurs …..
Pacolo a commenté :
3 mai 2026 - 13 h 31 min
Bonjour.
Votre commentaire est étrange.
Michael O’Leary étant Irlandais (du sud) il n’a jamais été concerné par le Brexit.
MOL a commenté :
3 mai 2026 - 18 h 13 min
Ai je dit MOL . J’ai écrit ” ses voyageurs ” . Je n’ai pas écrit ses clients car les clients ont le droit de discuter er réclamer .
Et pour votre information les vols en provenance d’Irlande sous également soumis aux contrôles
Guignol a commenté :
3 mai 2026 - 15 h 05 min
C’est qui lui ??
C’est qui cette personne, qui voudrait que tous les services gravitants autour de sa pseudo entreprise de bus aérien, ne travaillent pas que pour lui ?
Il se prend pour qui ? il faudrait lui apprendre à ce jeune entrepreneur, que chaques services participant à l’écosystème d’un aéroport a ses contraintes, obligations, et objectifs. Et qu’ils en ont rien à fout…. De ryamerde !!!
Lys a commenté :
3 mai 2026 - 19 h 44 min
Les sytèmes informatiques, quels qu’ils soient, doivent toujours passer (même si on peut regretter ce “toujours”) par une phase plus ou moins longue d’adaptations, de mises au point, de réglages, qui, semble-t-il, ne peuvent pas être effectués avant la vraie mise en service.
Impôts, permis de conduire, cartes grises, sécurité sociale, mutuelles, assureurs, carte d’identité, passeports, Urssaf, services municipaux… Quel service informatique donne entière satisfaction, tout le temps ?
Ceux qui les conçoivent oublient trop souvent ceux à qui ils sont destinés. L’informatique au sens large, n’est pas intuitive pour tous.
Le chiffre de l’illectronisme dans notre pays (18 à 20% selon les sources) montre bien que rien n’est jamais vraiment acquis en ce domaine.
Et quid de la formation réelle des effectifs des aéroports, à priori plus ouverts à ce sujet ? Ont-ils une parfaite maîtrise de ce nouvel outil ? Doit-on incriminer seulement le logiciel ?
Le problème récurrent, indiqué en creux ici, est aussi celui des sous-effectifs. Dans un pays, la France, où l’on râle à la fois contre ces fonctionnaires qui ne servent à rien ou font mal leur boulot, et contre ces fonctionnaires qui ne sont jamais en nombre suffisant là où il en faudrait plus, nos gouvernements successifs ont semble-t-il du mal à calculer juste. Peut-être ne prennent-ils jamais l’avion ?
Ryanair a raison sur au moins un point : faire démarrer ce système au début de la saison estivale n’est pas la meilleure idée qui ait germé dans les cerveaux de nos décideurs.
Si l’on peut penser qu’à Paris, cette situation n’a rien d’étonnant, elle peut paraître plus surprenante dans certains d’entre eux, les passagers non-européens représentant une toute petite minorité.
Quelques vols vers New-York, Washington, Atlanta… au départ de Nice, vers Montréal au départ de Lyon, Marseille, Toulouse, Nantes, Bordeaux,vers Shanghaï au départ de Marseille…
Dan a commenté :
5 mai 2026 - 19 h 54 min
De retour de Grèce, plus exactement de Crète, nous avons subi ce type de contrôle à Lyon. On en a déduit que la Grèce n’était plus dans la communauté européenne !
Bien entendu, après que 3 policiers aient contrôlé nos passeports visuellement !
En matière d’absurde, difficile de faire mieux que la France !