Les quelque 131 000 salariés d’Emirates Group vont toucher une prime exceptionnelle équivalente à vingt semaines de salaire, à la suite de résultats financiers record sur l’exercice 2025‑2026, malgré une fin d’année marquée par la fermeture temporaire de l’espace aérien du Golfe et la paralysie du hub de Dubaï.

Une prime record de 20 semaines de salaire

Le conglomérat aéronautique basé à Dubaï, qui regroupe la compagnie Emirates et le prestataire d’assistance aéroportuaire dnata, a annoncé le 7 mai 2026 le versement d’une prime correspondant à vingt semaines de salaire de base à l’ensemble de ses employés.  Selon plusieurs médias locaux, cette gratification dépasse nettement la prime de treize semaines initialement liée aux objectifs de performance et traditionnellement versée les années fastes. Pour les salariés, la prime représente environ 38% du salaire annuel de base, selon des estimations reprises par la presse anglo‑saxonne, même si la rémunération totale des navigants intègre aussi des indemnités de vol et des heures supplémentaires.

Dans un message interne, le président‑directeur général d’Emirates Airline & Group, le cheikh Ahmed ben Saeed Al Maktoum, a présenté cette prime comme un remerciement pour la mobilisation des équipes pendant l’année écoulée. « Mars 2026 finira par s’estomper dans les mémoires, mais nous n’oublierons jamais votre bravoure et votre incroyable résilience », écrit‑il, saluant des salariés « appelés à intervenir dans l’une des périodes les plus complexes et difficiles » de l’histoire du groupe.

Effectifs en hausse et recrutement massif

Sur l’exercice clos au 31 mars 2026, les effectifs du groupe ont progressé d’environ 8%, pour atteindre 130 919 salariés dans le monde, confirmant la montée en puissance du hub de Dubaï après la crise du Covid‑19. D’après les données diffusées par Emirates Group, 3,5 millions de candidatures ont été reçues et 390 000 profils présélectionnés, aboutissant à l’intégration de plus de 9 700 nouveaux employés rien qu’aux Émirats arabes unis.

Le groupe met également en avant la progression de la part de ressortissants émiratis dans ses effectifs, ceux‑ci dépassant désormais les 4 000 salariés, notamment dans les fonctions de pilotage, de maintenance et de management. Un point régulièrement souligné par les autorités de Dubaï, pour qui Emirates constitue un vecteur stratégique d’emploi qualifié et de rayonnement international.

Des résultats financiers historiques pour Emirates

L’annonce de cette prime s’appuie sur des résultats financiers qualifiés d’historiques par la direction. Pour l’exercice 2025‑2026, Emirates Group publie un bénéfice avant impôts de 24,4 milliards de dirhams (6,6 milliards de dollars), en hausse de 7% sur un an, pour un chiffre d’affaires de 150,5 milliards de dirhams (41 milliards de dollars), en progression de 3%. La trésorerie du groupe atteint 59,6 milliards de dirhams (16,2 milliards de dollars), soit une augmentation d’environ 12%, ce qui lui offre une confortable marge de manœuvre pour financer flotte et infrastructures.

Résilience face à la fermeture de l’espace aérien du Golfe

Ces performances ont été obtenues malgré un « douzième mois » particulièrement chahuté, pour reprendre les termes du rapport annuel, marqué par une crise géopolitique majeure au Moyen‑Orient. Fin février 2026, une campagne de frappes américaines et israéliennes contre l’Iran et les représailles qui s’ensuivent entraînent la fermeture de plusieurs espaces aériens, dont ceux de l’Iran, d’Israël, puis du Qatar, du Bahreïn et des Émirats arabes unis.

Dans ce contexte, la direction insiste sur le rôle des équipes opérationnelles – opérations aériennes, planification réseau, maintenance, personnels navigants et personnels au sol – qui ont dû gérer annulations, déroutements, remises à zéro des plans de rotation avions/équipages et prise en charge de dizaines de milliers de passagers bloqués.

Un signal social fort dans la compétition mondiale

La prime de vingt semaines de salaire intervient dans un environnement de forte tension sur les ressources humaines dans l’aviation, en particulier pour les pilotes, les mécaniciens et les personnels de cabine à l’international. Emirates s’était déjà fait remarquer par des bonus élevés à la sortie de la crise sanitaire – de l’ordre de vingt‑quatre semaines de salaire en 2023, puis treize semaines l’an dernier selon la presse spécialisée – mais la décision de dépasser le niveau initialement prévu pour 2025‑2026 confirme la volonté de fidéliser des profils très courtisés.

Résultats historiques : Emirates récompense ses 131 000 employés avec 20 semaines de salaire 1 Air Journal

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