Depuis le 2 mars, le trafic aérien domestique de Nouvelle-Calédonie est presque entièrement paralysé. Les aérodromes des îles Loyauté et de l’Île des Pins sont bloqués par des collectifs coutumiers et d’usagers opposés au transfert des opérations d’Air Calédonie de l’aéroport domestique Magenta vers l’aéroport international de La Tontouta, à une cinquantaine de kilomètres de Nouméa. La compagnie publique, déjà fragile, se retrouve dans une situation financière critique.
Le gouvernement de Nouvelle-Calédonie a décidé de regrouper toutes les opérations domestiques d’Air Calédonie (exploitées jusqu’ici à l’aérodrome de Magenta, en plein Nouméa) sur la plateforme internationale de La Tontouta, à Païta. Ce transfert, effectif depuis le 2 mars 2026, vise à réaliser 500 millions de francs (4,19 millions d’euros) d’économies annuelles et à permettre à la compagnie aérienne locale de retrouver l’équilibre financier.
Les protestataires, notamment les comités coutumiers des îles Loyauté et de l’Île des Pins, refusent ce changement. Ils dénoncent un allongement des trajets (40 minutes de vol + autant de route jusqu’à Tontouta), une hausse des prix des billets et une perte de commodité pour les habitants des îles. Depuis le 2 mars, ils bloquent les pistes locales, empêchant tout décollage ou atterrissage.
Une trésorerie qui fond : un mois de survie maximum
La situation met Air Calédonie au bord du gouffre. Son directeur général, Daniel Hombouy, a alerté dès le 5 mars : la compagnie dispose de 360 millions de francs (3 millions d’euros) de trésorerie, ce qui lui permettrait de « tenir un mois maximum » sans aucune rentrée d’argent.
Avec le blocage prolongé, les vols domestiques sont annulés jour après jour. Air Calédonie, qui avait déjà procédé à 155 licenciements en 2024 (soit la moitié de sa masse salariale) et revendu un de ses quatre avions ATR 72-600 fin 2025 pour renflouer sa trésorerie, ne perçoit plus de recettes. Le président du gouvernement de Nouvelle-Calédonie, Alcide Ponga, gère personnellement le dossier et refuse tout recul : « Annuler ou différer le déménagement coulerait purement et simplement la compagnie ».
Des conséquences lourdes sur le quotidien des Calédoniens
Le trafic aérien local est à l’arrêt depuis bientôt deux semaines. Les évacuations sanitaires sont perturbées, le tourisme aux îles Loyauté et à l’Île des Pins est quasiment stoppé, et plus de 1 200 emplois indirects sont menacés. Les professionnels du secteur (hôtels, prestataires) tirent la sonnette d’alarme, tandis que le patronat Medef-NC réclame la levée immédiate des blocages.
La Province des Îles avait demandé un moratoire avant le transfert, mais le gouvernement a maintenu le calendrier. Des navettes routières ont été mises en place pour relier Nouméa à Tontouta, mais elles ne résolvent pas le problème tant que les aérodromes des autres îles restent bloqués.
Les collectifs d’usagers se disent déterminés à maintenir les barrages « jusqu’à la reprise des vols depuis Magenta ». À mi-mars 2026, Air Calédonie espère encore une reprise rapide, mais le temps presse. Si le blocage se prolonge au-delà de fin mars, la survie même d’Air Calédonie – lien vital pour les îles – pourrait être compromise.

@Air Calédonie
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